Qui était Simonne Mathieu, qui donne son nom au nouveau court de Roland-Garros ?

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TENNIS - Deux des trois principales arènes de Roland-Garros portent désormais le nom d’une femme. Après Suzanne-Lenglen, le nouveau court du stade a été baptisé du nom de Simonne Mathieu, ancienne vainqueure du tournoi et engagée auprès du général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale.

Semi-enterré, construit dans le jardin des serres d’Auteuil : le court Simonne-Mathieu sera l’une des attractions de cette nouvelle édition du tournoi de Roland-Garros. Inauguré il y a quelques semaines, symbole de la modernisation et de la mue du tournoi parisien, ce court d’une capacité de 5000 places est désormais le troisième plus important du tournoi du Grand Chelem, derrière le Philippe-Chatrier et le Suzanne-Lenglen.

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La deuxième Française la plus titrée de l'histoire

Décision a été prise de lui donner le nom d’une ancienne championne de tennis : Simonne Mathieu. "Une femme exceptionnelle", déclarait lors de son inauguration, le 21 mars dernier, Bernard Giudicelli, président de la Fédération française de tennis. Née en 1908 à Neuilly-sur-Seine, elle remportera en simple, à deux reprises, en 1938 et 1939, le titre à Roland-Garros. En 1938, elle inscrit également son nom au palmarès du double dames et du double mixte. Un triplé qui reste encore aujourd'hui un exploit inédit dans la carrière d’une joueuse.

Au total, Simonne Mathieu, qui a débuté le tennis à l’âge de 12 ans, aura remporté treize titres en tournois du Grand Chelem, dont neuf en double dames et deux en double mixte. Ce qui fait d'elle la deuxième Française la plus titrée de tous les temps, derrière Suzanne Lenglen (21 titres). D'ailleurs, Simonne Mathieu est déjà célébrée à Roland-Garros, puisque la coupe remise aux gagnantes de l’épreuve du double dames porte son nom.

Pionnière dans l'armée française

Mais Simonne Mathieu ne s’est pas illustrée que sur les terrains de tennis. En 1940, alors que la Seconde guerre mondiale porte un coup d'arrêt à sa carrière, elle s’engage à Londres aux côtés du général de Gaulle. Le chef de la France libre la chargera  de former et commander un corps auxiliaire de volontaires féminines, premières femmes à servir sous le statut militaire dans l’armée française. En 1944, à son retour en France, elle est capitaine des Forces françaises libres. C'est vêtue de son uniforme qu’elle arbitre, le 17 septembre 1944, le premier match joué à Roland-Garros après la guerre, entre Henri Cochet et Yvon Pétra.

Après la guerre, Simonne Mathieu continuera de s'engager dans le monde du tennis. Elle prendra notamment la tête de l'équipe de France féminine, et intégrera la direction et divers comités de la Fédération française de tennis. Elle meurt en 1980, à l'âge de 71 ans.

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