Formule 1 : au Grand Prix d'Autriche, le genou à terre des pilotes

Lewis Hamilton et d'autres pilotes posent un genou à terre avant le Grand Prix inaugural en Autriche.
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SOUTIEN - Avant le Grand Prix d'Autriche, les pilotes, arborant un t-shirt noir, se sont réunis à l'avant de la grille. Une dizaine d'entre eux, dont Lewis Hamilton, ont posé un genou à terre, quand d'autres, debout, sont restés statiques pour marquer leur engagement contre le racisme.

Ils avaient promis un geste fort pour la reprise de la F1. Quatorze des vingt pilotes, dont le Britannique Lewis Hamilton, premier pilote noir de l'histoire de la discipline, habillé d'un t-shirt avec l'inscription "Black Lives Matter", ont posé un genou à terre en signe de soutien à la lutte contre les discriminations et le racisme avant le départ du Grand Prix d'Autriche ce dimanche 5 juillet. Tous les autres avaient enfilé de t-shirts frappés des mots "End Racism" ("Mettre fin au racisme").

"Le genou à terre semble être vraiment un mouvement détaché de la politique, utilisé dans le sport, donc oui, il y a de grandes chances que je 'take a knee' comme on dit", avait indiqué Romain Grosjean (Haas), président de la GPDA, le syndicat des pilotes de Formule 1. Le geste, rendu populaire en 2016 par un joueur de football américain Colin Kaepernick, a été repris en chœur par les manifestants pour protester contre les brutalités policières et le racisme enraciné dans la société, après la mort de George Floyd, un Afro-Américain mort asphyxié par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis, aux États-Unis. 

Le libre choix laissé aux pilotes

Mais le choix avait été laissé aux pilotes d'exprimer comme bon ils le voulaient leur engagement, et donc le Néerlandais Max Verstappen (Red Bull), le Monégasque Charles Leclerc (Ferrari), l'Espagnol Carlos Sainz Jr., le Russe Daniil Kvyat (AlphaTauri), l'Italien Antonio Giovinazzi (Alfa Romeo) et le Finlandais Kimi Räikkönen (Alfa Romeo) sont restés debout.

 "Je crois que l'important sont les faits et les comportements quotidiens plus que des gestes formels qui pourraient être perçus comme controversés dans certains pays", avait expliqué Charles Leclerc avant la course dans une story Instagram. "Je ne poserai pas le genou à terre mais cela ne veut pas du tout dire que je suis moins engagé que les autres dans la lutte contre le racisme." "Je pense que tout le monde a le droit de s'exprimer quand et de la manière qu'il souhaite", avait abondé Max Verstappen sur Twitter. "Je ne mettrai pas le genou à terre mais je respecte et soutiens les choix personnels de chaque pilote."

"Utiliser l'audience de la F1 pour faire passer un message"

À la tête de ce mouvement dans la F1 se trouve Lewis Hamilton. Au lendemain de la mort de George Floyd, le sextuple champion du monde avait pris la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer le racisme et les inégalités persistantes. Il n'avait pas hésité à critiquer ouvertement le milieu de la Formule 1, qu'il résumé ainsi : "dominé par les blancs". 

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Mort de George Floyd : l'indignation mondiale

À la veille du Grand Prix inaugural, décalé de mi-mars en Australie à début juillet en Autriche en raison de la pandémie de Covid-19, le pilote Mercedes - dont les monoplaces s'afficheront, pour l'occasion, en noir toute la saison - a rappelé l'enjeu sociétal derrière ce combat. "Il est dommage qu'il ait fallu une autre mort (celle de George Floyd, ndlr) pour qu'on s'empare enfin de ce combat contre le racisme. Nous pouvons utiliser l'audience de la F1 pour faire passer un message auprès du monde, éduquer les gens. Et c'est bien que la Formule 1 soit enfin plus proactive dans ce domaine", a-t-il déclaré depuis Spielberg. "Jusqu'à présent, très, très peu d'opportunités ont été (données) aux minorités, donc je pense que nous devons vraiment pousser, et en faire plus à coup-sûr. (...). Je n'arrêterai pas de pousser jusqu'à ce que nous voyions vraiment le changement."

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