C'est quoi ce "Swing Low Sweet Chariot" que chantent tout le temps les Anglais ?

Autres sports

Toute L'info sur

Coupe du monde de rugby 2019 au Japon

HISTOIRE — À Twickenham ou ailleurs, les supporters anglais le chantent plusieurs fois par match, pour aider leur équipe, pour chambrer l'adversaire, ou juste parce qu'ils s'ennuient. Mais d'où vient ce chant ?

Si vous avez déjà regardé ou assisté à un match de l'équipe d'Angleterre de rugby, vous avez forcément entendu cette chanson. Chantée à l'envi par les supporters du XV de la Rose, la ritournelle est devenue le véritable hymne du rugby anglais depuis une vingtaine d'années. Si tous les amateurs de rugby connaissent cet air, il est souvent plus difficile d'expliquer d'où il vient, et surtout sa signification, sinon qu'elle n'annonce rien de bon pour l'équipe d'en face.

Le chant des esclaves

Ce texte qui débute par les mots "Swing Low, Sweet Chariot", en français "balance-toi doucement, doux char", et se poursuit par "coming for to carry me home" ("venu pour me ramener chez moi") est à l'origine une ode à la libération des esclaves. Et un hommage au "char", désignant tout autant un wagon qu'une barge, permettant à un esclave de s'échapper de son champ et de sa condition. Ecrit peu avant 1862 par un esclave noir répondant au nom de Wallace Willis, ce texte comporte plusieurs paragraphes mais seuls les deux premiers vers sont entonnés dans les stades où joue l'équipe d'Angleterre depuis le 19 mars 1988.

Ce jour-là, les Anglais accueillent les Irlandais dans leur temple de Twickenham pour le dernier match du tournoi des V nations (l'Italie ne fait pas encore partie de la compétition). Ces années sont difficiles pour le XV de la Rose et ses supporters, l'équipe a perdu 15 de ses 23 derniers matches dans le tournoi, n'inscrivant qu'un seul essai à domicile en deux ans de compétition. Et la disette continue : l'Irlande mène 3-0 à la mi-temps et le public commence à voir se profiler une nouvelle défaite.

L'hymne d'une école bénédictine

Mais au retour des vestiaires, c'est le déclic. Les Anglais se reprennent et inscrivent six essais, dont trois pour le seul Chris Oti dont c'est le premier match à Twickenham. Premier joueur noir à pratiquer ce sport de blancs dans ce stade depuis 80 ans, Oti assure la victoire (35-3) aux siens grâce à trois autre essais et entend au fil du match, comme les 29 autres joueurs sur la pelouse, monter une chanson des tribunes. C'est "Swing Low Sweet Chariot", la chanson des esclaves. Faut-il y voir un lien entre sa couleur de peau et celle de l'auteur de ce texte ? Pas vraiment...

Tout est en fait parti d'un groupe d'élèves de l'école bénédictine Douai de Upper Woolhampton. Venus des environs de Reading pour assister à la rencontre, ils expriment leur joie de voir (enfin !) leur équipe inscrire un essai en chantant l'hymne de leur propre équipe de rugby. D'abord un peu seuls, ils sont petit à petit rejoints par leurs voisins et propagent l'hymne festif à tout le stade. Une légende était née, et vous savez maintenant pourquoi.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter