Fait-il "trop froid" pour jouer à Roland-Garros ?

La Russe Margarita Gasparyan se couvre avec une serviette pour se protéger de la pluie.
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MÉTÉO - Déjà chamboulé par le Covid, Roland-Garros a lancé ce dimanche son édition 2020 automnale, sous une météo pluvieuse, venteuse et frisquette. Un mauvais temps qui a eu raison de Victoria Azarenka, frigorifiée, qui a quitté le court pendant une averse. Des conditions qui ne devraient pas s'arranger au cours de la quinzaine.

Onze petits degrés, de la pluie et du vent. La quinzaine automnale de Roland-Garros n'a pas débuté sous les meilleures auspices ce dimanche 27 septembre. Après un report de quatre mois, en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19, les qualifications avaient laissé entrevoir une météo plus clémente, presque estivale. Mais le mirage s'est vite dissipé. Dans une année déjà bouleversée par l'épidémie de coronavirus, avec une jauge limitée à 1000 spectateurs et la crainte d'être testé positif au coronavirus, les joueuses et les joueurs, présents à Paris, doivent aussi affronter le froid, les bourrasques et les averses.

Et le mauvais temps s'est invité dès les premiers coups de raquette. Le toit flambant neuf du Philippe-Chatrier a été déployé lors du match d'ouverture Sinner-Goffin. Mais tout le monde n'a pas eu la chance de taper la balle sous la nouvelle couverture de Roland-Garros. Cela a notamment été le cas de Victoria Azarenka, programmée sur le court Suzanne-Lenglen. Et la Biélorusse n'a visiblement pas apprécié de devoir jouer sous la bruine parisienne. Emmitouflée dans sa doudoune, à 2-1 en sa faveur dans la première manche, elle a poussé un coup de gueule, obligeant l'arbitre à interrompre sa rencontre.

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C'est une blague, qu'est-ce qu'on fait ici ?- Victoria Azarenka, à propos des conditions météos

"Vous plaisantez là, non ? Vous ne voyez pas ce qui est en train de se passer ? C'est une blague, qu'est-ce qu'on fait ici ?", a lancé l'ex-numéro 1 mondiale à la superviseure, entrée sur le court pour la raisonner. "Vous n'avez aucune idée des conditions dans lesquelles on joue." Priée de faire preuve d'un peu de patience, le temps que l'averse passe, Victoria Azarenka a refusé d'attendre dans le froid. "Je ne vais pas attendre ici parce que je vais être gelée. Non, je n'attends pas quelques minutes parce que j'ai froid. Il fait 8 degrés (11 en réalité, ndlr). Je vis en Floride, j'ai l'habitude des temps chauds", s'est emportée la Biélorusse.

Après avoir refermé son parapluie et enfilé sa doudoune, elle a demandé à son adversaire, la Monténégrine Danka Kovinic, si elle comptait rester assise là, sous la pluie. "Est-ce que tu veux attendre sur le court ? Non, bien sûr, c'est ridicule, il fait trop froid. C'est quoi le but ? Rester assises ici comme des canards ?", a-t-elle lâché, le sac sur l'épaule avant de rentrer se mettre au chaud. Interrompue à 2-1 pour Azarenka, la partie a finalement pu reprendre pendant une accalmie. Couverte de plusieurs couches de vêtements, la finaliste du dernier US Open l'a emportée en deux sets (6-1, 6-2) en un tout petit peu plus d'une heure.

Jouer Roland-Garros fin septembre, c'est un peu bizarre- Simona Halep, à propos du report du tournoi à l'automne

Azarenka n'est pas la première à se plaindre des conditions de jeu à Roland-Garros. Maître des lieux, Rafael Nadal se retrouve, cette année, en terre inconnue. "La situation ici est complètement différente de celle de Rome. Là-bas, les conditions de jeu étaient bonnes. Ici, elles sont très, très difficiles. Il fait tellement froid", a confié le Majorquin, obligé de s'entraîner sous le nouveau toit du Central. "C'est une situation extrême pour jouer un tournoi en extérieur, avec de la pluie presque chaque jour, le froid, le vent... Cela rend les choses difficiles pour tout le monde. (...) Les conditions sont probablement les plus difficiles que j'ai connues ici pour différentes raisons", a ajouté "Rafa", en quête d'une 13e sacre sur la terre battue parisienne, un 20e titre en Grand Chelem qui lui permettrait d'égaler le record de Roger Federer.

Alors qu'il se joue habituellement sur la période mai-juin, Roland-Garros se déroule, Covid oblige, entre septembre et octobre. Une date qui interroge. "J'aime ce tournoi. J'aime cet endroit. Mais il fait un petit peu trop froid, pour être honnête. J'espère qu'on va s'habituer aux conditions", avait déclaré Simona Halep, la tête de série numéro 1 du tournoi, qui a fait son entrée en lice ce dimanche, vêtue d'un legging sous son short et d'une veste manches longues pour supporter la fraîcheur automnale. "Jouer Roland-Garros en septembre, fin septembre, c'est un peu bizarre", avait d'ailleurs estimé la lauréate de l'édition 2018. Un sentiment partagé par Victoria Azarenka. "Je n'ai jamais joué à Paris en septembre, j'y suis passée en octobre et je savais que ce n'était pas les meilleures conditions pour jouer au tennis", a-t-elle martelé.

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Pendant la quinzaine, le site de 12 hectares, situé porte d'Auteuil, ne devrait pas passer entre les gouttes. Les températures, elles, seront fraîches, 15 degrés en moyenne, avec un taux d'humidité supérieur à 70%. Dans ces conditions, était-il judicieux de reporter Roland-Garros à cette date ? "C'est une question difficile. Difficile d'y répondre par oui ou par non", a reconnu la Biélorusse. Toutefois, selon elle, l'organisation du tournoi n'est pas exempte de reproches. "Malheureusement, il n'y a pas eu de communication avec les conseils de joueurs, la décision a été prise sans consultation", a regretté Azarenka. "J'espère que ça pourra changer dans le futur. (...) Il aurait peut-être dû y avoir un peu plus de consultation. C'est ce que l'on peut améliorer." En attendant, il va leur falloir s'habituer à jouer dans ces conditions inédites. D'autant que les prévisions météos n'augurent rien de plus engageant pour les deux semaines à venir. 

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