Bac S, "Monde Diplo", fan du Tour mais pas de chrono : qui est Romain Bardet, le maillot à pois de l'édition 2019 ?

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PORTRAIT - À la veille de l'arrivée à Paris, ce dimanche, Romain Bardet a sauvé son maillot à pois et, par ricochet, son Tour de France lors de l'avant-dernière étape. Le Français, lâché au général, ramène in extremis le maillot de meilleur grimpeur sur les Champs-Élysées. Portrait du leader d'AG2R La Mondiale, considéré à juste titre comme une "tête" du peloton.

On dit de lui qu'il est le successeur de Bernard Hinault, dernier vainqueur français du Tour en 1985. Dauphin de Chris Froome en 2016 et troisième en 2017, Romain Bardet a donné un peu d'éclat à une édition décevante pour lui qui ambitionnait de jouer le podium final en remportant le maillot du meilleur grimpeur. Huit petits points lui auront suffi pour conserver, définitivement, la tunique à pois rouge à l'issue d'une 20e et avant-dernière étape raccourcie à 59 bornes, où il a souffert dans la montée finale vers Val Thorens. 


"C'est le maillot de l'espoir et du fait, malgré les circonstances, de n'avoir jamais courbé l'échine et de n'avoir jamais renoncé", s'est-il félicité le leader de la formation cycliste AG2R La Mondiale à l'arrivée dans la commune de Savoie. "On part avec des ambitions mais quand celles-ci s'effondrent, il faut savoir vite rebondir. Je pense que c'est une belle école de la vie. Je suis fier de ne pas avoir baissé les bras."

Après ses compatriotes tricolores Warren Barguil en 2017 et Julian Alaphilippe en 2018, le natif de Brioude honore la tradition française du maillot à pois pour la troisième année consécutive. Portrait d'un véritable coursier, empli de panache et prêt à tout, même, pour grappiller quelques secondes.

Il s'est fait un nom sur le Tour

Passé professionnel en 2012, Romain Bardet a déjà une belle histoire avec le Tour de France. En 2013, pour sa première participation à la Grande Boucle, il termine à une surprenante 15e place. L'année suivante, le Français fait mieux que confirmer, avec une 6e place. Neuvième, vainqueur d'une étape et désigné super-combatif en 2015, le natif de Brioude s'arrache et décroche deux podiums coup sur coup en 2017 et 2018, en finissant deuxième et troisième derrière l'intouchable Chris Froome à Paris. Moins brillant l'an dernier, avec une 6e place au général, il signe cette année un nouveau Top 15. Preuve de sa grande régularité. 

Un solitaire en montagne

Vainqueur à Peyragudes il y a deux ans, à la veille du 14 juillet, le leader d'AG2R La Mondiale compte deux autres succès d'étape à son palmarès sur le Tour. En 2015, c'est dans les Alpes à Saint-Jean-de-Maurienne qu'il a remporté en solitaire la première étape de sa carrière sur la Grande Boucle. L'année suivante, toujours en montagne, il a confirmé son statut de grimpeur hors pair en s'imposant dans le massif du Mont-Blanc.

Le contre-la-montre et lui, ça fait deux

Avec trois étapes dans son escarcelle sur le Tour de France, toutes disputées en montagne, Romain Bardet fait partie des meilleurs dans la discipline. Il l'a prouvé en s'adjugeant le maillot à pois de meilleur grimpeur. Mais s'il est fort quand le terrain s'élève, le natif de Brioude est clairement moins à son aise en contre-la-montre. Ce qu'a fini de prouver sa piètre performance en 2017 à Marseille, où il avait perdu près de deux minutes sur Froome, tandis que Rigoberto Uran lui reprenait plus d'une minute trente sur le tracé.

Il en a dans les jambes... et dans la tête

Romain Bardet n'est pas qu'un cycliste flamboyant. Il a réussi à concilier sa discipline exercée à haut niveau avec les hautes études. Après avoir obtenu son Bac S, le leader d'AG2R La Mondiale a étudié le droit public à l'université de Clermont-Ferrand pendant trois ans. Il a ensuite suivi par correspondance un cursus adapté aux sportifs professionnels au sein de l'école de management de Grenoble avant de réaliser son stage de fin d'étude au service communication du club de rugby de l'ASM Clermont-Auvergne.

Un lecteur assidu de la presse

Titulaire d'un Bac +5, ce fils d'instituteur lit régulièrement la presse dont Le Monde diplomatique, Le Figaro et Le Courrier international dans le bus de son équipe. En juin 2016, avant de prendre la route du Tour, il avait publié sur Twitter une photo de sa besace pour les trois semaines de course. À côté de ses tenues de sport, d'une tablette de chocolat et de quelques livres trônait un exemplaire du mensuel dirigé par Serge Halimi. Un mois plus tard, à quelques heures du départ à Montpellier, il postait cette fois-ci un cliché où l'on pouvait voir plusieurs quotidiens et hebdomadaires posés sur son matelas. 

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