Tour de France 2019 : "Plus dur", le parcours est taillé pour les vrais grimpeurs

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PAROLE DE COUREURS - La carte du Tour de France a été dévoilée avec, au menu des 21 étapes, peu de chronos et beaucoup de montagne. LCI était allé à la rencontre des coureurs, qui emprunteront ce tracé. De l'avis de tous, l'édition 2019 va faire la part belle aux grimpeurs.

Le Tour prend de l'altitude. Et ce n'est pas pour nous déplaire. Pour le centenaire du Maillot jaune, l'édition 2019 va tutoyer les sommets. C'est en substance ce qu'il en ressort après l'officialisation du tracé, présenté ce jeudi 25 octobre au Palais des Congrès à Paris. Cette 106e édition de la Grande Boucle, "longue de 3460 kilomètres", selon le patron de la course Christian Prudhomme, présente un parcours accidenté, sur lequel le peloton va devoir jongler entre haute et moyenne montagne, avec peu de place pour le sprint. Cinq arrivées au sommet, dont trois à plus de 2000 mètres d'altitude, et 30 cols classés, sont d'ailleurs au programme cette année.


"Assurément, le Tour de France 2019 sera difficile", prévient d'entrée Geraint Thomas, vainqueur surprise de l'épreuve cycliste en juillet dernier, que LCI a retrouvé en zone mixte, l'espace réservé aux journalistes, à l'issue de la présentation. "Il l'est toujours, c'est comme ça (...) Il faudra être méfiant. Il y aura des pièges tous les jours." "C'est une bonne chose d'avoir plus d'arrivées au sommet", ajoute Chris Froome, son coéquipier - et concurrent - chez Sky. "Davantage d'arrivées en altitude, à plus de 2000 mètres, c'est plus dur, bien sûr. Les arrivées au sommet, c'est bon pour la course, ça offre plus d'opportunités pour prendre des risques."

Les coureurs dans mon style auront jeté leur venin avant les AlpesLilian Calmejane, coureur Direct Énergie

En faisant le choix d'associer haute et moyenne montagne, Christian Prudhomme et ses collègues organisateurs offrent aux aux coureurs, et surtout aux spectateurs, une course plus folle et indécise. Il y aura donc les Alpes, les Pyrénées mais aussi les Vosges et le Massif Central. Sous-exploités, les deux massifs intermédiaires laisseront libre cours aux offensives.


Cela n'a pas échappé à Greg van Avermaet. "Mon objectif, c'est de remporter au moins une étape. Il y en a quelques-unes dans le Massif Central où j'ai mes chances... si je suis vraiment en grande forme", nous confie le Belge de l'équipe BMC. Un enthousiasme partagé par Lilian Calmejane. "C'est une très bonne surprise", se réjouit le coureur de Direct Énergie, qui va pouvoir mettre à profit ses qualités de baroudeur au moins les dix premiers jours de course. "C'est un terrain qui va convenir à un très grand nombre de coureurs. C'est une perspective qui me plaît beaucoup. C'est un parcours alléchant", poursuit-il au micro de LCI. "Les coureurs dans mon style finiront comme ils le peuvent dans les Alpes mais ils auront jeté leur venin avant."

En revanche, les sprinteurs comme Arnaud Démare ou les gros rouleurs à l'instar de Tom Dumoulin font office de parents pauvres. Et s'ils en doutaient encore, la rareté des contre-la-montre - un par équipes et un en individuel, soit 54 kilomètres en tout - devrait finir de les convaincre. "Ce qui me surprend, c'est qu'il y ait moins de kilomètres de contre-la-montre (qu'en 2018, ndlr)", se surprend d'ailleurs Chris Froome. "Je pensais qu'avec Tom Dumoulin, il y en aurait plus." Un constat amer que partage le Néerlandais de l'équipe Sunweb. Il n'est d'ailleurs pas dupe sur ces chances de victoire sur le Tour. "Avoir plus de kilomètres contre-la-montre aurait été préférable. Donc, ce n'est pas une course idéale pour moi", avoue-t-il.

On ne peut pas gagner le Tour de France, si on n'est pas grimpeurChristian Prudhomme, le directeur de la course

À contre-courant, Mark Cavendish juge, pourtant après avoir attentivement analysé le tracé, qu'il a "plus de chances d'atteindre Paris l'an prochain". "Dans l'ensemble, le Tour 2019 peut paraître plus compliqué que 2018 mais je le trouve plus simple", nous assure le leader de Dimension Data, arrivé hors-délai et donc éliminé à l'arrivée de la 11e étape, l'été dernier.


Mais la vérité est toute autre, Chris Froome la résume parfaitement : "C'est un parcours tourné vers les grimpeurs." "On ne peut pas gagner le Tour, si on n'est pas grimpeur", confirme Christian Prudhomme. "Il y a plus de haute montagne que d'autres années, on le revendique en cette année du centenaire du Maillot jaune." En d'autres mots, tant pis pour les autres.


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