5 choses à savoir sur Julian Alaphilippe, le nouveau chouchou des Français désigné super-combatif du Tour 2019

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CYCLISME – Après 14 jours en jaune, Julian Alaphilippe a concédé la tête du classement général au Colombien Egan Bernal à l'issue de la 19e étape, glissant finalement à la cinquième place. Signe de son impact sur cette édition 2019, le nouveau chouchou des Français a été désigné super-combatif du Tour de France à l'unanimité.

Ils l’aiment un peu, beaucoup... Alaphilippe. Il est en tout cas devenu, ces derniers jours, celui que les Français, massés au bord des routes du Tour de France, veulent voir de près. Même s'il a finalement cédé son maillot jaune à Egan Bernal lors de la 19e et antépénultième étape, après 14 jours avec le maillot jaune sur le dos, le natif de Saint-Amand-Montrond (Cher) a marqué de son empreinte cette édition 2019. Preuve de son engagement tout au long de l'épreuve et de son impact auprès du grand public, le jury présidé par le directeur de course Thierry Gouvenou l'a désigné à l'unanimité ce dimanche super-combatif de la Grande Boucle. Un titre qui lui permet de monter sur le podium, sur les Champs-Elysées, à Paris.


Désormais numéro 1 mondial et, déjà, vainqueur de quatre étapes sur le Tour de France, dont une en montagne et une autre en contre-la-montre, signe d’une polyvalence singulière, Julian Alaphilippe détonne. Et cette "Jujumania" qui vient d’exploser ne trouve pas seulement son origine dans ses résultats flamboyants. Son caractère désinvolte, comme son parcours atypique, donnent en effet du relief au personnage du sportif, souvent considéré comme trop lisse par le public. La preuve par cinq.

Son père a tenté d’en faire un musicien

Avant Julian, la première star de la famille Alaphilippe se (sur)nommait "Jo", Jacques de son vrai prénom, qui avait lui aussi connu une popularité certaine, mais à la seule échelle du Berry, où il officiait en tant qu’animateur de bal-musettes, ce qui lui a permis de faire la première partie de Johnny Hallyday. Devenu père, il a ensuite espéré que Julian, son fils le plus doué pour l’instrument qu’il chérit, la batterie, marche sur ses traces. Mais le fils ne l’a pas entendu pas de cette oreille (bien que jouant à l’oreille) et a refusé d’entrer au conservatoire à cause du solfège, "pire que l’école" selon lui.

Le vélo, c’est de famille

Depuis les cadets, et jusqu’à aujourd’hui, Julian Alaphilippe est entraîné par son cousin Franck, un ancien coureur. Son frère, Bryan, 23 ans, court, lui, déjà chez les pros, en tant que sprinteur, au sein de l’équipe Pro Immo Nicolas Roux depuis l’année dernière. Enfin, le petit dernier, Léo Alaphilippe, 14 ans, court dans le même club que Julian à ses débuts : l’Entente cycliste Montmarault-Montluçon.

Il s’est révélé en pratiquant le cyclo-cross

Comme le Slovaque Peter Sagan ou le Néerlandais Mike Teunissen (vainqueur de la 1ère étape de ce Tour 2019), Julian Alaphilippe a fait ses classes dans une autre discipline, le cyclo-cross, se bâtissant, dans ses jeunes années, un sacré palmarès : vice-champion du monde juniors (2010), troisième du championnat d’Europe Espoirs (2012), double champion de France Espoirs (2012 et 2013)... Ce qui lui a donné une très grande aisance sur le vélo, et un goût très prononcé pour les acrobaties ou, du moins, les arrivées pleines de panache, comme celle, en dérapage, au bout du contre-la-montre individuel à Pau vendredi.

Il ne tient pas (encore) à gagner le Tour de France

"Pour le moment, ce n’est pas l’objectif, Julian l’a déjà souvent dit", a rappelé Patrick Lefevere, le manager général de l'équipe  Quick-Step Floors. "D’abord, il veut être champion du monde, gagner le Tour de Lombardie, toutes les courses d’un jour qu’il lui manque. Ensuite, peut-être vers 29-30 ans, ce ne serait pas trop tard pour essayer de viser le Tour, quand on voit l’âge de certains favoris comme Richie Porte ou Geraint Thomas." Ce spécialiste des Classiques en a aujourd’hui 27.


"Julian est toujours en train de se fixer des challenges. Son plaisir, c’est de lever les bras, de franchir la ligne le premier", appuie le coach et cousin Franck. "C’est ce qui lui apporte de l’adrénaline et c’est la raison pour laquelle il ne cherche pas à jouer le classement général. Il veut juste gagner, il a cette rage de vaincre. Pour lui, le vélo a toujours été un jeu." Et sans doute que les calculs d’épiciers nécessaires à tout coureur désirant jouer la gagne lui inspirent la même chose que le solfège.

Il sait réparer ses vélos lui-même

Entre 16 et 18 ans, le jeune Julian Alaphilippe quitte l’école et passe un CAP de mécanicien cycles et motocycles, avant de s’en aller travailler, dans le cadre d’un contrat d’apprentissage, chez un vélociste de Montluçon, du mardi au samedi, de 9h à 19h. "Toute la semaine j’étais debout, ce n’était pas l’idéal, mais je ne pensais pas à l’entraînement. Ça me plaisait et j’aimais bien parler matériel avec les clients", confiait-il en 2016. Ses proches le disent débrouillard, malin, blagueur, mais aussi courageux, tenace, respectueux. "J'ai reçu une éducation basée sur le travail, disait-il encore. Je sais que rien ne tombe du ciel." 

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