Tour de France 2019 : premiers indices sur le futur tracé, "moins montagneux mais plus original"

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THÉORIE - Ce jeudi 25 octobre, après plusieurs mois à sillonner en long et large l'Hexagone, les organisateurs de la Grande Boucle vont révéler le tracé du Tour de France 2019. Thomas Vergouwen, grand passionné de cyclisme, a déniché quelques indices pour dresser avant l'heure la carte de l'édition à venir. Il livre ses conclusions à LCI.

À peine l'été terminé, le Tour reprend déjà la route. Ce jeudi 25 octobre, le parcours de la 106e édition (du 6 au 28 juillet 2019) va être dévoilé au Palais des Congrès, porte Maillot à Paris. En attendant l'officialisation du tracé de la Grande Boucle par Christian Prudhomme, les rumeurs bruissent sur les sites spécialisés. Après un passage à l'Ouest l'an dernier, le profil de ce Tour de France 2019 devrait permettre aux coureurs d'explorer l'Est, avant un passage dans les Vosges après le départ de Bruxelles. Avant le transfert à Paris pour le couronnement final, le peloton devrait vraisemblablement batailler dans les Pyrénées puis dans les Alpes. 


Depuis une dizaine d'années, Thomas Vergouwen, un Néerlandais de 39 ans installé en France, fondateur du site référence velowire.com, mène l'enquête pour découvrir les routes qu'empruntera le peloton au mois de juillet de l'année prochaine. Joint par LCI, le passionné de cyclisme livre en avant-première les grandes lignes du tracé de l'édition à venir.

Les coureurs vont trouver de la montagne assez viteThomas VERGOUWEN, fondateur du site velowire.com

LCI : Le tracé du Tour 2019 ne sera dévoilé que jeudi par l'organisateur, ASO. Pourtant, vous le connaissez déjà. Quelles routes seront proposées aux coureurs cet été ? 


Thomas VERGOUWEN : Après être passé à l'Ouest l'été dernier, ce sera cette fois-ci un Tour qui va se courir principalement à l'Est. L'organisation va zapper une grande partie de la France. Après le départ de Bruxelles, en Belgique, un passage dans les Vosges est prévu. Cela veut dire que les coureurs vont trouver de la montagne assez vite, avant le premier week-end de course. Ils vont ensuite descendre dans le Sud par Brioude, une ville chère à Romain Bardet, avant d'attaquer les Pyrénées. Là-bas, je vois bien une arrivée d'étape au Tourmalet. Les Pyrénées dans le dos, le peloton fera route vers le Sud-Est pour arriver dans les Alpes. Évidemment, je ne me prononce pas sur le contenu montagneux mais, étant donné la configuration, il faut s'attendre à un enchaînement de plusieurs cols. Avant le transfert final à Paris, et plus précisément à Rambouillet, la dernière étape dans les Alpes, qui sera aussi selon moi L'Étape by Le Tour courue par les amateurs, emmènera les coureurs d'Albertville à Val Thorens. 


>>> L'évolution en temps réel de la carte du Tour de France 2019


LCI : 

Pourquoi avoir fait l'impasse sur tout l'Ouest cette année ?


Thomas VERGOUWEN : C'est très souvent qu'arrive le reproche qui est de dire : "Le Tour ne passe pas chez moi !" En l'occurrence cette année, "chez moi", ce sera l'Ouest. Vous savez, la Grande Boucle, c'est 21 étapes avec une distance maximale de 3540 kilomètres. Les coureurs et les suiveurs n'aiment pas les transferts. Je me souviens des deux énormes transferts de 800 bornes cette année. L'organisateur essaie de prendre ces éléments-là en considération. Aujourd'hui, il faut faire avec la réalité du parcours. On ne peut pas visiter toute la France. Quand on superpose les cartes des dix dernières années, on se rend compte qu'à part le centre du pays, moins intéressant en terme de reliefs, toute la France est représentée. Effectivement, cette année, c’est l'Ouest qui est oublié. L'été dernier, c'était l'Est. Ça se compense.

Des étapes courtes mais explosives, plus régulièrementThomas VERGOUWEN, fondateur du site velowire.com

LCI : Comment qualifieriez-vous le tracé de cette édition 2019 ? 




Thomas VERGOUWEN : Moins montagneux mais plus original qu'en 2018. Au sommet de la Planche des Belles Filles, par exemple, les coureurs vont aller plus loin que lors des précédentes éditions. Le peloton va emprunter une sorte de piste en terre avec un pourcentage de 24% maximum. Ce sont des choses qu'on voit souvent sur le Giro (le Tour d'Italie, ndlr) mais rarement sur le Tour de France. C'est là que l'organisation essaie d'innover un petit peu, comme ils le font avec le format d'étapes courtes. On le voit, il y a de plus en plus une volonté de mettre des étapes courtes mais explosives, plus régulièrement. Sportivement, ça change beaucoup. Ce sont des étapes imprévisibles par rapport aux étapes longues où les équipes sont plus en mesure de s'organiser. Là, cela appelle d'autres profils. Quelqu'un qui est bon en montagne mais ne tient pas sur la longueur peut, sur une étape comme ça, réussir à prendre l'échappée. Au-delà de l'aspect télévisuel, c'est très intéressant du point de vue sportif. 

En vidéo

Tour de France 2019 : qu'en pensent Christian Prudhomme et les coureurs ?

LCI : 

À titre personnel, en tant que passionné, y a-t-il une étape qui vous enchante ? 


Thomas VERGOUWEN : C'est très difficile à dire pour l'instant. Je refuse de faire comme certains commentateurs qui disent avant même l'annonce officielle du tracé que c'est un Tour pourri, avec un parcours pourri. Les commentaires de ce type-là, j'en vois tous les ans et je trouve ça désolant et irrespectueux vis-à-vis de l'organisateur parce qu'ils ne connaissent pas le détail. Ce n'est pas forcément évident d'imaginer un tracé pour le Tour de France. Si je devais en choisir une, disons l'étape qui sera choisie pour L'Étape by Le Tour (courue par les cyclistes amateurs, elle se déroulera entre Albertville et Val Thorens, ndlr). Elle sera relativement courte et potentiellement explosive, à la veille de l'arrivée sur les Champs-Élysées. L'organisateur du Tour a plutôt intérêt à voir changer l'ordre des classements généraux.



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