Parcours, protocole anti-Covid, six femmes au départ... on embarque pour le Vendée Globe

Parcours, protocole anti-Covid, six femmes au départ... on embarque pour le Vendée Globe
Vendée Globe 2020 : l’Everest des mers

PIED MARIN - Le top départ de la 9e édition du Vendée Globe est donné le 8 novembre, au large des Sables-d'Olonne, dans un contexte sanitaire incertain. Trente-trois skippers larguent les amarres pour prendre part à ce tour du monde, en solitaire et sans escale. Un événement à suivre en direct sur LCI à partir de 13h.

On le surnomme "L'Everest des mers". Trois mois d'aventures en solitaire, de joies et de galères. Organisé tous les quatre ans depuis 1989, le Vendée Globe est la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. Dimanche 8 novembre, 33 skippers de neuf nationalités différentes, dont six femmes, un record dans l'épreuve, vont prendre le départ de cette traversée du globe, dont le top départ est donné à 13h02 précisément depuis les Sables-d'Olonne (à suivre en direct sur LCI). 

À bord de voiliers de classe IMOCA, des monocoques de 60 pieds, les marins en compétition se mesurent aux éléments de la nature. Pendant un peu plus de deux mois pour les plus rapides, ils vont affronter le froid glacial, les vagues démesurées et les ciels chargés du Grand Sud. Sur les océans les plus hostiles de la planète, personne n'est à l'abri d'un choc avec un objet flottant non identifié (ofni), d'une défaillance technique ou d'une faiblesse humaine. Le vainqueur de la 9e édition devrait couper la ligne d'arrivée, en Vendée, à la mi-janvier 2021. 

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L'aventure au large par définition

Il y a quatre ans, Armel Le Cléac'h avait pulvérisé le précédent record de François Gabart. De 78 jours, le temps de référence du "VG" avait chuté à 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes. Il pourrait tomber en deçà des 70 jours cette année, notamment grâce aux foils, une technologie qui procure un gain de vitesse de l'ordre de 10%. À titre de comparaison, en 1990, Titouan Lamazou avait eu besoin de 109 jours pour boucler en vainqueur la première édition de la course au large, considérée - à juste titre - comme l'une des plus dures au monde. Débuter le Vendée est une chose, le finir en est une autre. Depuis 1989, 167 concurrents ont pris le départ. Seuls 89 d'entre eux ont réussi à emmener leur voilier jusqu'au bout. 

Course de stratégie par excellence, dans laquelle il faut calculer la meilleure trajectoire pour "gonfler" les voiles, le Vendée Globe met aussi à l'épreuve la résistance et l'endurance des marins. Après avoir levé l'ancre depuis les Sables-d'Olonne, les enragés de la mer vont s'attaquer, en théorie, à un périple long de 21.638 milles, soit 40.075 kilomètres, telle est la distance autour du monde de référence. Dans les faits, lors des huit premières éditions, les skippers ont parcouru parfois plus beaucoup plus. En 2016, Le Cléac'h a en réalité avalé 27.455 milles sur l'eau, à la vitesse moyenne de 15,43 nœuds, soit 44.184 kilomètres.

La Vendée loin derrière eux, les skippers descendront l'océan Atlantique. Ils devront traverser le Pot-au-Noir, une zone intertropicale très instable où le calme peut laisser place à la tempête, avant de faire cap à gauche. Ils franchiront ensuite les trois grands caps : Bonne-Espérance en Afrique du sud, Leeuwin en Australie et, enfin, Horn au Chili. Après cet ultime passage, tant redouté pour ces conditions climatiques souvent dantesques, ils remonteront l'Atlantique pour rejoindre le point de départ, en repassant comme à l'aller par le Pot-au-Noir, avec l'espoir que le vent souffle dans leurs voiles. 

Prêt à partir, même avec le Covid

Unique par son déroulé, ce "VG" le sera aussi par le contexte qu'il l'entoure. En cette année particulière, pour cause de Covid, la célèbre course a été maintenue malgré la crise. Mais, à l'instar du Tour de France et de Roland-Garros, les organisateurs se sont adaptés au contexte sanitaire. Ils ont été contraints de réduire drastiquement la voilure suite au reconfinement ordonné par le président Emmanuel Macron. Ainsi, le village, ouvert au public le 17 octobre, avec port du masque obligatoire à partir de 11 ans et un accueil limité à 5000 visiteurs maximum en simultané, a refermé ses portes le 30 octobre. Diffusé dans 190 pays et sur les cinq continents, le départ se fera lui à huis clos. En 2016, 2,25 millions de personnes avaient assisté au départ et aux arrivées dispersées des rescapés de "l'Everest de mers".

Du côté des skippers, dont les bateaux doivent être à quai à Port Olonna dès le 16 octobre, il leur a été expressément demandé de respecter un isolement de sept jours avant le départ, afin de limiter le risque de contagion. Un référent Covid a été désigné dans chaque Team, qui doit référer à l'organisation d'une éventuelle contamination. Les emballages des produits embarqués doivent être lavés à l'eau de javel, achetés et stockés au moins 72 heures à l'avance. Les embarcations, elles, doivent être systématiquement aseptisées avant le départ avec des désinfectants virucides. Des tests PCR et/ou sérologiques seront pratiqués les 31 octobre et 6 novembre. Un navigateur, touché par le virus, ne pourra prendre le départ.

"Si un remplaçant est prévu, celui-ci pourra se substituer, sous condition qu'il ait suivi les mêmes procédures et qu'il ne présente aucune suspicion de contamination", a précisé l'organisation dans une note. Gage de fermeté du règlement : si un membre du staff ou de la famille d'un concurrent est infecté, ce dernier devra attendre cinq jours avant de pouvoir prendre le départ de la course, "temps nécessaire pour effectuer 2 PCR et s'assurer à minima du risque réel d'une contamination".

Un record de participants, six femmes à la barre

Vous l'aurez compris, tout est fait pour protéger les skippers. Pour cette édition sous Covid, ils seront d'ailleurs 33 à prendre le départ, un record. C'est 10% en plus qu'en 2008, considéré, avec 30 engagés, comme le "Vendée Globe du siècle". Dans ce casting cinq étoiles, on retrouve, évidemment, les favoris que sont, logiquement, Jérémie Beyou (Charal), Alex Thomson (Hugo Boss), Charlie Dalin (Apivia) et Thomas Ruyant (LinkedOut) ainsi qu'une dizaine de candidats au podium. Dix-huit solitaires sont des bizuts et huit appareilleront à bord de bateaux nouvelle génération, des voiliers "volants" appelés foilers.

Mais, au-delà du nombre historique de participants, cette cuvée 2020 marque le retour en force des femmes dans la course. Absentes sur la ligne de départ il y a quatre ans, elles seront six à prendre la mer cette année : Alexia Barrier (TSE - 4myplanet), Clarisse Crémer (Banque Populaire X), Samantha Davies (Initiatives-Cœur), Isabelle Joschke (MACSF), Miranda Merron (Campagne de France) et Pip Hare (Medallia). Du jamais vu, tout simplement, dans l'histoire de l'épreuve trentenaire.

Toutes, à l'exception de Sam Davies, "la plus Française des Britanniques", qui embarque à nouveau après une 4e place en 2009 et un abandon en 2012, vont larguer les amarres pour la première fois au départ du "VG". Mais, cette année, les femmes ont la ferme intention de se mêler à la lutte pour le podium, et pourquoi pas à la victoire. Sur les sept navigatrices à avoir pris le départ depuis 1996, six ont franchi la ligne d'arrivée. L'une d'elles, Ellen MacArthur, a même fini deuxième du Vendée en 2001. Et si, vingt ans jour pour jour après elle, l'une des six skippeuses devenait la première à dompter "l'Everest des mers" ?

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