Vendée Globe : "Si on attrape le Covid, on ne pourra pas prendre le départ"

Vendée Globe : "Si on attrape le Covid, on ne pourra pas prendre le départ"
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CORONAVIRUS - Avant le départ du Vendée Globe, le 8 novembre, les skippers devront respecter un confinement d'au moins sept jours pour limiter le risque de contagion. Louis Burton, qui prendra la mer sur son monocoque Bureau Vallée 2, explique à LCI comment il s'apprête à vivre cet isolement imposé.

Vivre sous cloche jusqu'au top départ, c'est ce qui attend les skippers du Vendée Globe. Dimanche 8 novembre, à 13h02 précisément, les 33 participants de la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance s'élanceront au large des Sables-d'Olonne pour un périple dans l'immensité bleue. Mais, avant d'embarquer pour cette aventure extraordinaire, et alors que le département de la Vendée a été placé en "situation de vulnérabilité élevée" en raison du rebond de l'épidémie de coronavirus, il leur a ainsi été demandé de s'isoler au moins une semaine avant le départ. 

Par crainte d'être infectés par le virus, ce qui signifierait l'exclusion, les concurrents prennent leurs précautions. Joint par LCI, Louis Burton (Bureau Vallée 2), qui participera à son troisième Vendée Globe après 2012 (abandon) et 2016 (7e), nous raconte des ultimes préparatifs, qu'il a fallu anticiper, avant de se confiner avec sa famille puis tout seul jusqu'au jour du départ.

Un isolement complet, sans sortir ni voir personne- Louis Burton, skipper Bureau Vallée 2

LCI : Le départ du Vendée Globe approche à grands pas. Quel est votre programme jusqu'au grand jour ?

Louis Burton : Tout se passe bien. On est arrivé au village des Sables-d'Olonne jeudi. Dès lundi, on va passer remplir toutes les obligations, passer les contrôles de sécurité et répondre à la presse. La semaine suivante, je vais remonter chez moi à Saint-Malo et passer du temps avec mes proches, mes enfants et mon épouse. Ce sera pendant les vacances scolaires. Et, enfin, la dernière semaine juste avant le départ, là on restera strictement confinés tous les quatre chez nous. Les enfants n'iront pas l'école, ils resteront à la maison pour qu'on puisse se voir parce que je m'apprête à partir trois mois quasiment. 

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Quand allez-vous retourner sur le site des Sables-d'Olonne ?

Trois jours avant le départ. Je vais faire le trajet en voiture, direction l'appartement. Une fois là-bas, il faudra rester vigilant. Ce sera un isolement complet, sans sortir ni voir personne. Il va falloir se soumettre à des tests PCR et sanguin. Si on attrape le Covid, on ne pourra pas prendre le départ. Ce n'est donc pas le moment qu'il y ait un problème.

Le risque, c'est qu'un ou plusieurs skippers tombent malades- Louis Burton, skipper Bureau Vallée 2

C'est pour cette raison qu'a été mis en place un protocole très strict... 

Tout à fait. Le risque, on le connait, c'est qu'un ou plusieurs skippers tombent malades avant de partir en mer. Par rapport à toutes les données médicales, les organisateurs ont décidé de nous confiner une semaine pour être sûrs que nous ne sommes pas en danger. À coté de ça, le village sera quand même ouvert, avec un protocole sanitaire hyper strict, pour que les gens puissent profiter des bateaux et du spectacle. Je trouve que c'est pas mal, c'est un bon compris.

Cet isolement imposé pose des questions de logistique. Comment allez-vous vous organiser ?

Lorsqu'on se prépare à partir sur une course, on a toujours tendance à finir par la nourriture, les vêtements et l'équipement personnel. Mais le Covid rend tout ça très compliqué. Cette année, plus que d'habitude, il va falloir être capable de faire une confiance aveugle à son équipe parce qu'on ne sera pas là pour contrôler et vérifier que tout est en ordre. On va essayé de cadrer un maximum les choses avant le départ. J'ai la chance de bien connaître le responsable de mon matos. Ça fait cinq ans qu'on travaille ensemble, j'ai une grande confiance en lui. On a d'ailleurs prévu de s'appeler tous les matins pour faire le point. On fera aussi une réunion Zoom avec le reste de l'équipe en fin de journée tous les jours. Je suis assez serein.

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Finalement, c'est seulement, le Jour J, lorsque vous allez remonter le chenal pour vous rendre sur la ligne de départ du Vendée Globe que vous allez sortir de votre cocon pour ressentir l'énergie de la foule...

C'est vrai, et là il n'y aura plus de risque puisqu'on sera tous sur nos bateaux. L'engouement et le contact avec le public sont de grandes sources de motivation avant de partir faire une course aussi longue et dure. Ça prend de l'énergie mais, en même temps, c'est vivifiant. Dans notre cadre à nous, où on reste tout seul pendant des semaines et où on sait que ça va être dur, tant physiquement que mentalement, ce n'est pas quelque chose à négliger. C'est très important pour nous.

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