Pays de Galles-France : Dan Biggar déjà commotionné à deux reprises, est-il raisonnable de le faire jouer ?

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CHECK-UP - Victime de deux commotions cérébrales lors de la phase de poules, le demi d'ouverture Dan Biggar a été déclaré "apte" par l'encadrement gallois à disputer ce dimanche le quart de finale de Coupe du monde face aux Bleus, qu'il va même débuter. De quoi relancer le débat sur la protection des joueurs commotionnés.

À quoi joue le pays de Galles avec Dan Biggar ? Après être sortis invaincus d'une poule D relevée, les Gallois préparent leur quart de finale de Coupe du monde, qui les opposera au XV de France ce dimanche 20 octobre (à 9h15, en direct sur TF1 et en live commenté sur LCI) à Ōita. Pour n'importe quelle nation engagé dans le tournoi, tous les voyants devraient donc être au vert. Mais, en interne, un cas tourmente les joueurs de Warren Gatland. Et il est plus que sensible puisqu'il s'agit de l'état de santé de leur ouvreur. 

Numéro un au poste, après le forfait de Gareth Anscombe, le joueur de Northampton a subi deux chocs à la tête : le premier contre l'Australie (29-25) le 29 septembre et le second en télescopant son coéquipier Liam Williams face aux Fidji (29-17) le 9 octobre. Après ce match, le sélectionneur du XV du Poireau avait révélé qu'il "n'(avait) pas passé le protocole commotion", composé de trois tests de contrôle cérébral (HIA, Head Injury Assessment), dont la bonne tenue doit permettre de protéger la santé des joueurs.

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Pays de Galles-Fidji (29-17) : Biggar mis K.-O. par... un coéquipier

"S'il a été évacué du terrain, c'est juste à cause du contact", avait-il minimisé. Une communication réglée comme du papier à musique et développée depuis par Warren Gatland. "Il a passé tous les examens, il s'entraîne normalement depuis trois ou quatre jours. On a pris toutes les précautions nécessaires", a assuré le sélectionneur gallois. "On s'assurera, si cela devait encore lui arriver dans les prochains matches ou les prochains mois, qu'il y ait des examens encore plus approfondis. Mais on est confiant, il est à 100%."

Il n'aurait pas pu jouer en Top 14

Jugé "apte" à jouer selon Stephen Jones, l'entraîneur des arrières, Dan Biggar s'est entraîné avec l'ensemble du groupe depuis mardi 15 octobre. Il sera ainsi sur la feuille de match, et titulaire, pour le grand rendez-vous dominical face aux Bleus. Pourtant, au regard de ces deux commotions en dix jours subis par l'ouvreur, la gestion de ce cas interroge. On sait que le danger de ces traumatismes crâniens réside justement dans leur répétition. Et même si des médecins indépendants ont accompagné le demi d'ouverture du pays de Galles depuis le choc, la procédure se veut moins stricte que le protocole HIA. 

"Chacun prend ses responsabilités", a commenté le sélectionneur français Jacques Brunel. "Moi, je sais que dans le cadre du championnat de France, deux commotions équivalent à trois semaines d'arrêt. Dans le même cas en Top 14, avec le règlement de la FFR, il ne pourrait pas jouer." En Top 14, une commotion entraîne automatiquement huit jours d'arrêt. Un délai qui serait passé à 21 jours pour deux chocs consécutifs à la tête. Ainsi, selon le règlement français, Dan Biggar aurait été interdit de rejouer.

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Un antécédent médical inquiétant en 2017

De plus, si on s'attarde sur l'antécédent médical de l'ancien joueur des Ospreys, l'inquiétude se renforce. En 2017, il avait quitté le terrain en Ligue celte pour passer un protocole commotion. Revenu sur la pelouse après avoir consulté le staff médical, il avait raté la pénalité de la victoire. Au coup de sifflet final, il avait révélé ne plus se souvenir des dix dernières minutes de la rencontre contre le Leinster.

Invité par l'AFP à commenter ce retour (précipité ?), World Rugby a déclaré se fier pleinement à l'expertise délivrée par le staff du pays de Galles. L'instance qui régit le rugby à l'échelle internationale a fait de la protection des rugbymen une priorité absolue ces derniers mois, en renforçant la sévérité des sanctions arbitrales et ses procédures médicales. "Nous avons entièrement confiance dans le staff médical gallois pour respecter la procédure et son éventuel retour au jeu sera revu et approuvé par un expert médical indépendant spécialiste des commotions cérébrales", a indiqué un porte-parole de la Fédération.

Un joueur professionnel pourrait mourir pendant un match- Sam WARBURTON, l'ancien capitaine du XV du Poireau

Malgré les discours rassurants, Biggar court-il tout de même un risque en jouant le quart face au XV du Coq ? Il est difficile de l'exclure totalement. "Si rien n'est fait prochainement, un joueur professionnel pourrait mourir pendant un match, devant les caméras de télévision, et c'est seulement à ce moment-là que des gens lèveront leurs bras au ciel pour exiger que des mesures soient prises", avait affirmé en septembre, lors d'une intervention dans le podcast Scrum V, l'ancien capitaine du XV du Poireau Sam Warburton, obligé de prendre sa retraite à seulement 29 ans en raison de multiples blessures. L'ancien flanker avait également souligné l'importance du "syndrome du second impact", qui rend très dangereux le retour du joueur commotionné sur la pelouse. "Si vous êtes victime d'une commotion et que vous recommencez et subissez une nouvelle commotion, les chances qu'elle soit fatale augmentent considérablement."

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