Violences dans le patinage : plus de vingt entraîneurs mis en cause

Violences dans le patinage : plus de vingt entraîneurs mis en cause
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VIOLS - L'Inspection générale a saisi la justice sur des faits de violences dans le milieu du patinage artistique, a annoncé ce mardi le ministère des Sports. Son enquête a mis en évidence des soupçons pesant sur 21 entraîneurs et un système "favorisant l'omerta".

Rappelez-vous de cette semaine qui avait fait vaciller le monde du sport. Plus de six mois après les premières accusations de patineuses artistiques accusant leur ancien entraîneur de les avoir violées alors qu'elles étaient mineures, l'enquête de l'Inspection générale de l'Education, du sport et de la recherche est arrivée à sa fin. L'administration a saisi la justice sur des faits de violences, a fait savoir le ministère des Sports ce mardi 4 août. Si les révélations du mois de février visaient Gilles Beyer, ce sont finalement une vingtaine d'entraîneurs qui sont désormais mis en cause.

Un fonctionnement "favorisant l'omerta"

C'est Sarah Abitbol qui, la première, a levé le voile avec fracas sur ce qui apparaît désormais comme "des pratiques et de comportements reproduits". Dans son ouvrage Un si long silence, paru fin janvier dernier, elle accusait son ancien entraîneur de l'avoir violée et agressée sexuellement plusieurs fois entre 1990 et 1992. Trente ans après les faits, à 62 ans, celui-ci avait présenté pour la première fois "ses excuses", reconnaissant avoir eu "des relations intimes avec elle". C'est finalement tout le milieu qui avait été secoué. Un électrochoc tel qu'il avait été atteint Didier Gailhaguet, le puissant patron de la fédération depuis 1998, accusé d'avoir au moins fermé les yeux sur la situation, et qui avait fini par démissionner, à la demande de la ministre des Sports. Roxana Maracineanu avait alors également annoncé une enquête administrative.

C'est donc au terme de cette mission d'enquête, que des faits "susceptibles de recevoir une qualification pénale" ont été relevés. "La cheffe de l'IGÉSR a informé les ministres qu'elle transmettait le rapport au procureur de la République auprès du tribunal judiciaire de Paris conformément à l'article 40 du code de procédure pénale", a indiqué le ministère des Sports. 21 entraîneurs sont visés par l'Inspection générale de l'administration. Parmi eux, douze sont mis en cause pour "des faits de harcèlement ou d'agressions sexuelles", dont trois ont été condamnés par le passé à des peines d'emprisonnement fermes ou assorties de sursis. Sept autres dossiers concernent des "violences physiques ou verbales".  Les deux derniers entraîneurs sont "décédés avant que les procédures engagées aient pu aller jusqu'à leur terme".

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Un "volume" qui pousse le ministère a décrire ce phénomène comme "sans équivalent au plan international". Il serait de fait "révélateur de pratiques et de comportements reproduits, qui ont traversé des générations d'entraîneurs dans les principales disciplines de la FFSG que sont le patinage artistique et la danse sur glace". La mission d'enquête pointe en effet du doigt une "forte concentration des pouvoirs n'associant réellement que très peu de dirigeants et de cadres techniques". Une organisation verticale qui a "favorisé une forme d'omerta", conduisant à "l'absence de procédures disciplinaires, ou même de simples enquêtes".

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