Violences sexuelles dans le patinage : quels sont les moyens de Maracineanu pour pousser Gailhaguet vers la sortie ?

Violences sexuelles dans le patinage : quels sont les moyens de Maracineanu pour pousser Gailhaguet vers la sortie ?
Autres sports

Toute L'info sur

Violences sexuelles : grand déballage dans le monde du patinage

PRESSION - Pour pousser le président de la Fédération des sports sur glace à quitter ses fonctions, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a engagé une procédure de retrait de la délégation et brandi la menace d'un retrait de l'agrément. Si Didier Gailhaguet reste, les conséquences pourraient être catastrophiques pour la FFSG.

Des mesures fortes pour mettre la pression sur Didier Gailhaguet. Lundi 3 février, au cours de leur entrevue faisant suite aux révélations sur les violences sexuelles dans le patinage, Roxana Maracineanu avait sommé l'inamovible président de la Fédération française des sports de glace (FFSG) "d'assumer toutes ses responsabilités et de démissionner". Une demande rarissime à la mesure du scandale qui secoue le patinage français depuis le 29 janvier. La ministre a conscience qu'elle ne peut forcer Didier Gailhaguet à démissionner. Cette décision peut toutefois venir du conseil fédéral, seule instance à pouvoir destituer le président, et qui se réunit justement samedi 8 février.

Le CNOSF au soutien de la ministre

En attendant, l'ancienne nageuse tricolore a d'autres tours dans sa besace : elle a annoncé le lancement d'une procédure de retrait de la délégation de service public, une mesure que l'on peut apparenter à une épée de Damoclès au-dessus de la tête de la FFSG. Tout concourt en effet à ce qu'elle perde sa délégation, même si, en théorie, la Fédé dispose de 15 jours pour "produire les éléments justificatifs aux observations qui seront formulées par le ministère". Délivré tous les quatre ans, au début de chaque cycle olympique, ce mandat de l'État donne la compétence à chaque Fédération de gérer le haut niveau, d'organiser les compétitions de l'ensemble des disciplines dans son giron et de s'occuper de la gestion des équipes de France. 

Lire aussi

Si elle va à son terme, cette procédure - justifiée par l'article R131-31 du Code du sport qui précise "l'atteinte à la moralité publique" comme possible motif de retrait - mettrait au ban la FFSG. La mesure conduirait la Fédération des sports de glace à rétrocéder ses attributions sur les quelque 200 clubs à une commission ad hoc du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Dans un communiqué publié ce mardi, le premier représentant du mouvement sportif auprès des pouvoirs publics, reçu lundi soir au ministère des Sports, a déclaré être prêt à prendre "toutes ses responsabilités conformément aux dispositions prévues dans le Code du sport." Cette mise sous tutelle pourrait être effective jusqu'aux JO 2022 à Pékin, avec pour objectif premier les Championnats du monde, du 18 au 21 mars à Montréal.

L'agrément, "l'arme atomique" de Maracineanu

Par ailleurs, Roxana Maracineanu a mandaté l'administration "afin de diligenter une enquête d'inspection générale (...) pour mettre en lumière le rôle précis de chacun et des instances dirigeantes de la Fédération". "Je n'hésiterai pas, si les faits sont avérés, à retirer l'agrément", a martelé lundi la ministre des Sports, qui en personne en a parlé comme d'une "arme atomique". Retirer l'agrément à la Fédération française des sports de glace signifierait qu'elle n'est plus reconnue par l'État. Financièrement, elle serait étouffée. Ses vivres seraient coupés. Plus aucune subvention publique ne lui serait alors versée et elle ne bénéficierait plus de la dérogation temporaire d'ouverture d'un débit de boissons alcoolisées dans une enceinte sportive. Le ministère rappellerait enfin les 18 cadres techniques détachés au sein de la FFSG, rémunérés par l'État.

Dans toute l'histoire du sport français, cette procédure de retrait de l'agrément a été enclenchée à de nombreuses reprises mais elle n'a été menée à son terme que cinq fois : en 1998 avec la Fédération d'haltérophilie, en 2002 avec la Fédération de sambo, en 2005 avec la Fédération d'équitation et, plus récemment, en 2014 avec coup sur coup les Fédérations de full-contact et de muay-thaï.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent