3 millions de patients en plus en 4 ans : les ophtalmos en mettent plein la vue grâce au "travail aidé"

Bien-être

ORGANISATION DES SOINS – Le nombre de patients des ophtalmologistes a augmenté de plus de 3 millions en l’espace de 4 ans, a annoncé ce vendredi le principal syndicat de la profession. Quel est le secret de cette réussite et d'autres spécialités peuvent-elles en faire de même ?

Le travail d’équipe est souvent gage de réussite, et ce ne sont pas les ophtalmos qui diront le contraire. Dans un communiqué publié ce vendredi, le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) annonce que le "travail aidé" "a un impact significatif sur le nombre d’actes de soins, permettant la prise en charge de 3,1 millions de patients supplémentaires en 4 ans, pour un nombre d’ophtalmologistes équivalent".

Dans les faits, les ophtalmologistes travaillent de plus en plus en équipe avec d'autres professionnels de santé, principalement avec des orthoptistes, mais aussi avec des infirmiers et des opticiens, ce qui permet une délégation des tâches et une réduction de leur temps passé avec chaque patient. Cette organisation du travail est désormais courante : selon une enquête du syndicat des ophtalmologistes, en 2019, "63% d’entre eux déclarent avoir recours au travail aidé".

Ils n’étaient que 55% il y a un an à avoir recours à cette pratique, qui permet de réduire "nettement" les délais de rendez-vous. Le délai médian est ainsi passé de 43 jours en 2019, contre 66 un an plus tôt, selon une enquête de l’institut CSA pour le Snof en juin dernier. Autre bienfait, l’augmentation du nombre de lunettes vendues : +63% en 10 ans, avec 14 millions de paires écoulées en 2018, selon les chiffres relayés par l’AFP.

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Pour le président du syndicat des médecins libéraux, Philippe Vermesh, "toutes les spécialités" peuvent être concernées par une aide médicale, mais aussi les médecins généralistes. "Il y a les assistants médicaux, même si ce n’est pas de la délégation de tâches mais plutôt de l’aide à la préparation. Du moment qu’un médecin a une aide pour préparer la consultation, l'épauler et faire de l’administratif, cela fait gagner du temps médical, et cela augmente automatiquement le débit des patients", explique-t-il à LCI.

Pour l'heure, cette pratique n’est pourtant pas généralisée (mais de nombreux postes d'assistants médicaux doivent être créés dans le cadre du plan santé 2022). "Plus de 50% des médecins généralistes n’ont personne avec eux dans leur cabinet. Ce n’est pas normal, il n’y a qu’en France où ils travaillent seuls", déplore Philippe Vermesh. "A 35 euros la consultation, cela pose un problème pour rémunérer les assistants médicaux. Il faudrait que le revenu moyen des médecins augmente pour qu’ils puissent payer du personnel".

Selon lui, la présence d’assistants médicaux au sein des cabinets pourrait permettre d’augmenter de "10 à 15%" le nombre de patients et, par conséquent, de réduire les délais de rendez-vous.

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