A cause du bruit, les Franciliens perdraient en moyenne 10,7 mois de vie en bonne santé

Bien-être

POLLUTION SONORE - Dans la région française la plus touchée par le bruit lié aux transports, l'Île-de-France, le bilan pour la santé de ces nuisances est lourd. D'après un rapport de Bruitparif dévoilé par Le Monde ce vendredi, elles feraient perdre en moyenne 10,7 mois de vie en bonne santé à chaque Francilien.

107.766. C’est le nombre d’années de vie en bonne santé que les Franciliens perdraient tous les ans à cause du bruit généré par les transports, relève une étude Bruitparif dévoilée par Le Monde ce vendredi, à la veille de sa publication. Ce document, rédigé par l’organisme chargé de mesurer les nuisances sonores en Île-de-France, classe le bruit comme "la seconde cause de morbidité derrière la pollution atmosphérique" en milieu urbain. Car au-delà de la menace qu’il représente pour l’audition, il perturbe le sommeil et peut aussi favoriser les maladies cardiovasculaires, note le quotidien.

En tout, 90 % de la population résidant dans la "zone dense francilienne" (10 millions d’habitants) étudiée par Bruitparif est exposée à des seuils de nuisance supérieurs à ceux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ceux qui vivent près d’un aéroport sont évidemment plus concernés. Fin 2018, Bruitparif avait publié un rapport affirmant que près d’un Francilien sur six était exposé à des niveaux de bruit  liés au trafic aérien potentiellement néfastes pour sa santé.

Jusqu'à 3 ans de vie en bonne santé en moins pour un individu

En octobre dernier, l'OMS avait revu ses exigences à la hausse en termes de lutte contre la pollution sonore liée au trafic routier, ferroviaire et aérien, après un examen approfondi de la littérature scientifique. Les seuils de nuisances considérées comme dommageables pour la santé avaient ainsi été rehaussés à 54 décibels (dB) pour le trafic ferroviaire, 53 dB pour le trafic routier et 45 dB pour les avions. L'organisation suggérait alors "fortement aux responsables politiques de mettre en œuvre des mesures adaptées, susceptibles de réduire l’exposition au bruit pour les populations soumises à des niveaux supérieurs" à ces valeurs".

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Un renforcement qui, rapporte Le Monde, a amené Bruitparif à revoir "nettement à la hausse" les impacts sanitaires du bruit par rapport à la dernière évaluation réalisée en 2015. Le nombre de mois de vie en bonne santé perdus passe ainsi de 7,3 à 10,7 pour un Francilien. Dans les zones les plus exposées, la perte peut grimper jusqu'à trois ans de vie en bonne santé.

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