Accepter son corps après un cancer du sein : la campagne sans tabou de RoseUp

Bien-être

RECONSTRUCTION – Comment aimer et reconstruire son corps après une ablation du sein ? À l’occasion d’Octobre rose, le mois contre le cancer du sein, l’association RoseUp lance un projet multimédia inspiré de publicités célèbres. Son but ? Aider les personnes touchées à accepter leur corps.

Aimer et assumer son corps après un cancer du sein, voilà l’objectif de RoseUp. Afin d’aider les femmes à s'accepter après une mastectomie (une ablation du sein), l’association lance cette semaine une campagne intitulée "les égéries de RoseUp", publiée dans le nouveau numéro de Rose Magazine, un journal semestriel tiré à 200.000 exemplaires et distribué dans les hôpitaux. Des affiches, déjà visibles sur les réseaux sociaux, seront prochainement déployées dans les kiosques parisiens. Le but de cette campagne est simple : aider les femmes à accepter leur corps, même une fois atteintes par la maladie.

Dans ce projet photographique, RoseUp a voulu marquer les esprits. L'association s'est inspirée de publicités connues - les affiches colorées d'une marque de vêtements,  osées et sensuelles d'une marque de lingerie - afin de mettre en avant le corps  des femmes touchées par le cancer. Mélody, Cindy, ou encore Amandine, toutes autant de femmes placées sur le devant de la scène grâce à cette campagne, et qui assument leurs corps, même mutilés. 

"La publicité, qui est la manière d’occuper l’espace public, présente toujours des corps parfaits. On a voulu intégrer dans cet espace public le corps et les réalités des femmes malades", explique à LCI Céline Lis-Raoux, la directrice de l’association RoseUp. "On a interprété des publicités célébrissimes, dans lesquelles on met en scène des femmes réelles, avec des stigmates réels".

Montrer la réalité des vies des femmes

"Beaucoup de gens qui ne sont pas malades parlent du cancer en disant que ce n’est rien et que cela se soigne bien", regrette la directrice de l’association RoseUp, "mais tous les cancers ne se soignent pas bien. Avec ce projet, on montre la réalité de ce que sont les vies des femmes qui traversent cette épreuve, et les marques que cela laisse".

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L’association souhaite porter un message simple : accepter son corps quel qu’il soit. Et pour Céline Lis-Raoux, afin qu’une femme se sente bien dans son corps malgré un cancer du sein, plusieurs solutions existent. "Quand une femme apprend qu’elle a un cancer et qu’il doit y avoir ablation du sein, elle doit tout de suite demander à son chirurgien les différentes options de reconstruction". "Beaucoup ne le font pas", insiste-t-elle. "Il existe pleins d’options, mais parfois les chirurgiens ne proposent que celles qu’ils savent faire, et pas forcément la plus adaptée. Certaines femmes peuvent se retrouver avec des reconstructions qui ne leur vont pas du tout, ou qui les handicapent sur le plan professionnel". 

Être à l'aise avec le choix fait pour son corps

La reconstruction du sein après un cancer n’est cependant pas la seule solution pour accepter dans son corps. D’autres possibilités existent. "De plus en plus de femmes n’optent pas pour la reconstruction", note d’ailleurs la directrice de l’association RoseUp, "certaines préfèrent ne pas avoir de seins du tout et un beau tatouage par-dessus. Elles partent du principe que c’est leur corps et qu’elles en font ce qu’elles veulent".

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Certaines n’ont tout simplement plus envie de se faire réopérer, après avoir vécu une épreuve déjà douloureuse, ou souhaitent assumer leur corps modifié. Mais si beaucoup renoncent, c'est souvent pour des raisons financières.  C'est le cas de 14% d'entre elles selon une étude de l'Observatoire sociétal de la Ligue contre le cancer de 2014. L’opération s’avère coûteuse et le reste à charge atteint en moyenne 1.400 euros, selon l'association RoseUp

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"S’accepter, c’est être à l’aise avec le choix qu’on a fait pour son corps. Une femme qui va choisir d’avoir une reconstruction ou non sera beaucoup plus dans l’acceptation qu’une femme qui subit le choix", explique Céline Lis-Raoux. Cela, les femmes du projet "les égéries de RoseUp" l’ont bien compris…

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