Alerte sur les risques de complications infectieuses liées à l'ibuprofène et au kétoprofène : quelle alternative ?

Bien-être
BIS - Ibuprofène et kétoprofène sont dans le viseur des autorités de santé. Elles ont alerté jeudi sur les risques de complications infectieuses liés à la prise de ces anti-inflammatoires. Sur le plateau de LCI, le médecin urgentiste Gérald Kierzek évoque les alternatives possibles à ces médicaments.

L'Agence du médicament (ANSM) a appelé jeudi 18 avril à la "vigilance" concernant les deux anti-inflammatoires les plus vendus en France : l'ibuprofène (Nurofen, Advil, Upfen, Antarene, etc.) et le kétoprofène (Profenid, Toprec, Ketum). Parfois pris sans précaution, ils pourraient favoriser des complications infectieuses graves, dont 337 personnes ont fait l'expérience ces 18 dernières années.


Mais y a-t-il des alternatives à ces médicaments dont la balance bénéfices/risques semble quelque peu déséquilibrée ? Gérald Kierzek les évoque ce vendredi 19 avril sur l'antenne de LCI.

Privilégier le paracétamol

"En cas de douleurs ou de fièvre, il faut privilégier en première intention le paracétamol", affirme le médecin urgentiste. Et cela d'autant plus pour une angine, qui peut dégénérer à cause d'un anti-inflammatoire en phlegmon (NDLR : apparition d'un abcès dans la gorge). Une situation qui nécessite de passer au bloc opératoire.


Le paracétamol, qui n'est pas anti-inflammatoire, se retrouve dans le Doliprane, l'Efferalgan, le Dafalgan ou les génériques. Chez les adultes, la dose maximale est "de 3 à 4 grammes par jour" en respectant un intervalle de 4 heures entre deux prises, insiste le médecin. Le délai est le même pour les enfants mais avec un dosage adapté à leur poids. Un rappel important lorsque l'on sait qu'un surdosage, même faible, peut être toxique pour le foie. "Le paracétamol est une molécule qui, après son ingestion, est transformée par le foie en un métabolite toxique (N-acétyl p-benzoquinone imine) capable en cas de surdosage de détruire les cellules de cet organe", explique le pharmacologue clinicien Jean-Paul Giroud à Médisite.


Pris trop régulièrement, le paracétamol pourrait d'autre part augmenter le risque de développer une maladie cardiovasculaire ou rénale. D'où l'importance de réduire la durée du traitement au strict minimum. "Si les symptômes persistent au bout de 48 à 72 heures, il faut faire re-évaluer la situation par votre médecin ou votre pharmacien", insiste le docteur Gérald Kierzek.

Si votre situation nécessite malgré tout la prise d'un anti-inflammatoire, il est fortement déconseillé d'associer les médicaments pour ne pas "doubler les risques de complications". N'hésitez pas, par ailleurs, à lire la notice et à demander conseil à votre médecin quant à la posologie du médicament, quand bien même celui-ci est en vente libre.

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