"Lundi vert" : manger moins de viande et de poisson est aussi bon pour votre santé que pour l'environnement

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ALIMENTATION - Depuis plusieurs années, la consommation de viande en France est en baisse. Le pays reste malgré tout l'un des plus gros consommateurs de produits carnés au monde. Mercredi, 500 personnalités ont appelé à respecter un "lundi vert", un lundi sans viande ni poisson chaque semaine de 2019. Une action aussi bénéfique pour l'environnement que pour votre santé.

Agir pour la planète en consommant moins de viande. C’est ce que proposent dans une tribune publiée mercredi dans les colonnes du Monde cinq cents personnalités, parmi lesquelles Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Juliette Binoche ou encore Isabelle Autissier. Ensemble, ces artistes, scientifiques ou défenseurs de l’environnement annoncent s’engager à ne plus manger ni de viande ni de poisson chaque lundi de 2019 et espèrent être imités par le plus grand nombre. "La production de viande est l’une des activités humaines ayant les conséquences les plus néfastes pour l’environnement, explique le collectif. Elle constitue un gaspillage des ressources naturelles".


Mais au-delà de ce geste pour la planète, vous passer de viande et de poisson une journée par semaine pourrait aussi être favorable à votre santé. Car, tandis que le France se pose en cinquième consommatrice mondiale de produits carnés, une consommation importante de viande, autrefois symbole de prospérité, est aujourd'hui associée à des risques de cancer, de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’obésité. Manger trop de poisson ne serait pas non plus bénéfique à la santé, ceux-ci étant souvent porteurs de métaux lourds.

Des risques accrus de cancers, de diabète, ou encore de problème cardio-vasculaires liés à une consommation importante de viande

En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’OMS, rendait un rapport resté en travers de la gorge des amateurs de viande. Après avoir fait analyser 800 études par vingt-deux experts de dix pays, l'organisme concluait au caractère cancérogène de la viande rouge transformée, avec un risque croissant en fonction de la quantité ingurgitée. "Une portion de 50 grammes de viande transformée consommée tous les jours augmente le risque de cancer colorectal de 18 %" détaille le CIRC. Le viande rouge non transformée, elle, est classée par l'agence comme "probablement cancérogène".


Un grand nombre d'études prouve d'autre part le lien entre la consommation de viande rouge en quantités importantes et une augmentation de la pression artérielle, du poids et du tour de taille, ou encore du mauvais cholestérol et du diabète de type 2. Une méta-analyse publiée en 2011 dans l'American Journal of Clinical Nutrition affirmait ainsi que la consommation quotidienne de 50 g de viande rouge transformée augmente le risque de diabète de type 2 de 50%.

Une consommation de charcuterie trop importante en France

Les estimations les plus récentes de l'organisme de recherche indépendant Global Burden of Disease Project établissent que l'alimentation riche en viandes transformées est ainsi responsable de 34.000 décès par cancer par an environ dans le monde. Des chiffres à remettre néanmoins en perspective avec le million de décès imputables chaque année au tabac, aux 600.000 morts causées par l'alcool et aux plus de 200.000 victimes de la pollution atmosphérique.


En France, d'après le rapport annuel du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) publié en septembre dernier, le volume de viande présent dans les assiettes des Français s'établit à 135 grammes par jour et par personne en moyenne, dont 46 de viande de boucherie et 29 de charcuterie. Une consommation en baisse de 12 % comparé à 2007 malgré tout toujours trop importante concernant le jambon, le saucisson ou encore le pâté. Se basant sur le rapport de l'OMS, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) conseille en effet de ne pas manger plus de 25 grammes de charcuterie par jour et 70 grammes de viande, hors volaille.

"Selon les autorités scientifiques, la viande n’est absolument pas indispensable à l’équilibre alimentaire : dans tous les pays développés, elle peut être remplacée par des végétaux, lesquels fournissent des protéines et des nutriments que l’organisme peut assimiler", assurent dans leur tribune les 500 personnalités appelant à un "lundi vert". Si l'envie ne vous disait rien de devenir végétarien, limiter votre consommation de produits carnés peut déjà constituer un bon début.

Quand le poisson peut rimer avec poison

Si les bienfaits du poisson sur la santé ne sont plus à démontrer, une consommation trop importante poserait là encore problème. Car ceux-ci sont pour la majeure partie porteurs de métaux lourds. En avril 2016, le magazine 60 millions de consommateurs avait analysé 130 produits de la mer, dont du thon en boîte. Parmi les quinze boîtes testées, toutes contenaient de manière limitée de l'arsenic, du cadmium ou du mercure. Ces substances, qui proviennent de la pollution de l'eau, s’accumulent dans les organismes tout au long de la chaîne alimentaire. Le thon, l'un des plus gros prédateurs avec le requin, l’espadon la daurade ou la lotte, est ainsi porteur de toutes les substances des poissons qu'il a consommés et qui avaient eux-mêmes été contaminées par leurs proies.


Pour limiter les risques tout en profitant des bons apports de ces aliments, l’Anses recommande de ne consommer du poisson que deux fois par semaine maximum, dont un poisson gras et un poisson maigre. L'agence conseille également de diversifier les espèces.

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