"Toxi-score" : bientôt un logo pour repérer les substances cancérogènes dans nos produits de la vie quotidienne ?

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PRÉVENTION - Étendre le Nutri-score à tous les produits de la vie courante ? C'est ce que souhaiterait la Ligue contre le cancer, qui propose au gouvernement, ce mercredi et à l'occasion de ses premiers États généraux de la prévention, la mise en place d'un Toxi-score. Celui-ci permettrait au consommateur de savoir en un clin d'œil si un déodorant ou un vêtement contient des substances nocives pour sa santé.

Chaque année en France, 400.000 personnes contractent un cancer. Or, selon la Ligue contre le cancer, 40% des cas pourraient être évités, grâce à la prévention notamment. C’est pour cette raison qu’à l’occasion de ses premiers États généraux de la prévention ce mercredi, l’association compte proposer à la ministre de la Santé Agnès Buzyn la mise en place d’un Toxi-score, sur le même modèle que le Nutri-score.


Au même titre que sur les aliments et boissons, celui-ci serait apposé sur les produits de la vie courante. Les cosmétiques, les produits d’hygiène, les vêtements, les peintures ou même les meubles se verraient donc attribuer une notation allant du A, correspondant à une vignette verte, au E, rouge, indiquant la dangerosité des composants.

300 substances classées cancérogènes et autorisées en France

 Aujourd’hui en France, 300 des substances autorisées sont classées cancérogènes. On pense par exemple au dioxyde de titane, un agent blanchissant présent dans de nombreuses peintures, mais aussi dans les cosmétiques et de nombreux aliments. Si elles n'ont pas de conséquences immédiates sur la santé, cela peut en revanche représenter un risque sur le long terme, d’autant que ces composants sont de plus en plus présents et peuvent, ensemble, créer un "effets cocktail".


"On rajoute toujours plus de substances, des produits antitranspirants ou qui défroissent les vêtements, explique au Parisien Emmanuel Ricard, délégué à la prévention et à la promotion des dépistages à la Ligue. Pourtant, l’information n’est pas claire. Un emballage peut préciser 'sans parabène', vous l’achetez pensant qu’il est bon alors qu’il ne l’est pas parce qu’il contient un autre produit dangereux pour la santé qui n’est pas mentionné. Ce logo serait, à ma connaissance, une première mondiale."

Quelques solutions en attendant

Même si le système ne fonctionne pas pour tous les produits que noterait le Toxi-score, certaines applications, comme QuelCosmetic développée par l'UFC-Que Choisir, ou Clean Beauty, développée par le laboratoire Officinea, permettent pour l'heure d'évaluer la toxicité des produits cosmétiques et d'hygiène. En un seul scan du code barre ou de la liste d'ingrédients avec votre smartphone, ces applications mobiles vous indiquent si le produit est conseillé pour la santé, ou non, et quels ingrédients posent problème. Un outil bien utile face au manque de transparence dont font preuve la plupart des marques.


Concernant les textiles, qui peuvent également contenir de nombreuses substances indésirables, plusieurs logos présents sur l'étiquette peuvent guider votre choix. Ils sont répertoriés par l'Agence de l'Environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). L'Ecolabel européen par exemple, garantit la limitation de certains produits chimiques appliqués sur les fibres naturelles (coton et laine) lors de la fabrication des vêtements ou encore l'interdiction d'utiliser des sels de métaux lourds (hormis le fer), des pigments à  base de plomb ou des colorants reconnus comme dangereux pour la santé lors de l'étape de coloration des vêtements.


Pour les fauteuils et canapés, l'Ecolabel européen fait toujours figure de référence, avec le Nordic Swan Ecolabel, qui exige la limitation, voire l'interdiction d'utiliser certaines substances considérées comme dangereuses pour la santé, et que les émissions de formaldéhyde soient inférieures à 20 ppm pour les matériaux de rembourrage.

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