Bébé mort à cause d'un baiser : comment prémunir les jeunes enfants de la méningite ?

Bien-être

BONS GESTES – L’histoire fait froid dans le dos : Aliza, un bébé de 8 jours, a succombé des suites d’une méningite virale aux Etats-Unis après avoir reçu un baiser ou avoir été porté par une personne ayant de l’herpès. Comment peut-on protéger les nouveau-nés de la maladie ? Réponses avec une pédiatre.

"Elle était en bonne santé pendant un jour et demi. Puis le virus HSV-1 s'est répandu dans sa colonne vertébrale, a atteint ses poumons et son cerveau. Quelqu'un l'a touchée sans se laver les mains ou l'a embrassée en étant porteur d'un virus." Dans un message posté le mois dernier sur Facebook, et relayé ces derniers jours dans les médias, une jeune maman américaine alerte sur le drame qui touche sa famille, la mort d'Aliza, son nourrisson de 8 jours. 

La fillette a selon son récit été emportée à cause d'un "baiser de la mort" :  elle a contracté un herpès, le virus HSV-1, ce qui peut entraîner une méningite virale chez les enfants.

Un drame similaire était arrivé l'an dernier, toujours aux Etats-Unis. En juillet 2017, un bébé d’à peine 18 jours, Marina, était décédé après avoir développé une méningite virale, attrapée quelques jours auparavant, après avoir été embrassé par une personne ayant de l’herpès.

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Là aussi, sa maman avait voulu partager son malheur pour "sauver la vie de nombreux nouveau-nés". LCI avait alors interrogé le Dr Bénédicte Vrignaud, pédiatre aux urgences du CHU de Nantes, afin d’en savoir plus.

La méningite est bien souvent bénigne et les complications sont très rares"- Dr Bénédicte Vrignaud

"La méningite d’origine virale peut effectivement se transmettre par un bisou, mais plus globalement par toutes les gouttelettes de salive", nous expliquait le médecin. Il suffit de tousser à proximité d’un bébé, dont le système immunitaire est en plein développement, pour qu’il attrape cette maladie. "Relativement fréquente chez les enfants, elle est  bien souvent bénigne et les complications sont très rares", tempérait cependant le Dr Vrignaud. 

Au mois de juin et juillet, par exemple, "les méningites à entérovirus sont très fréquentes mais elles se soignent très bien sans traitement", soulignait-elle. Dans ce cas, des antidouleurs font parfaitement l’affaire. Les méningites dues au virus de l’herpès, nécessitent en revanche un traitement, tout comme celles d’origine bactériennes. "Elles sont beaucoup plus graves et peuvent tuer un enfant en quelques heures", prévenait le médecin.

Les personnes qui sont porteuses du virus de l’herpès HSV1 sans jamais avoir manifesté de signes de la maladie ne sont pas contagieuses"- Dr Bénédicte Vrignaud

Fièvre, raideur, maux de tête, vomissements… Certains signes doivent pousser les parents à consulter un médecin traitant ou à aller aux urgences sans tarder. Pour les nourrissons, les symptômes évocateurs de la maladie sont en revanche plus difficiles à identifier. "Les tout-petits sont mous, ils ont le teint gris, ils ne paraissent pas bien et ont des comportements inhabituels", complétait l’urgentiste. 

Les personnes malades sont à éloigner, la vaccination est la bienvenue

Alors, pour éviter le drame, elle conseillait aux parents d’être prudents. "Les personnes malades ou ayant un herpès (bouton de fièvre) doivent absolument éviter d’embrasser les enfants pour ne pas risquer de leur transmettre leur virus", alertait le médecin. Ce conseil est particulièrement valable pour les enfants atteints d'eczéma atopique qui risquent une poussée profuse et grave appelée syndrome de Kaposi Juliusberg au contact de l’herpès. Vous en avez peut-être entendu parler, beaucoup de gens sont porteurs de l’herpès sans même le savoir. Comment protéger bébé dans ce cas de figure ? "Les personnes qui sont porteuses du virus de l’herpès HSV1 sans jamais avoir manifesté  de signes de la maladie ne sont pas contagieuses", rassurait le médecin. Ainsi, si vous n’avez jamais eu de bouton de fièvre, vous aurez beau être porteur du virus, vous ne contaminerez personne d’autre. 

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De plus, le Dr Vrignaud rappelait que la vaccination est un rempart efficace contre la maladie. A noter que parmi les 11 vaccins obligatoires pour les enfants de moins de deux ans depuis le 1er janvier 2018 figurent ceux contre le pneumocoque et le méningocoque de type C ainsi que celui contre la bactérie L'Hæmophilus influenzæ de type B. 

>> retrouvez ici le calendrier officiel des vaccinations

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