Bientôt un simple test urinaire pour détecter le cancer de la prostate

Bien-être
RECHERCHE - Le cancer de la prostate n'aura bientôt plus de secrets pour Antonin Morillon, directeur de recherche CNRS à l’Institut Curie. Le scientifique travaille actuellement sur l'ADN de cette maladie afin de mettre au point un test urinaire, qui permettrait de façon très simple de la diagnostiquer. Un financement européen vient de lui être attribué.

Les hommes devraient eux aussi avoir bientôt droit à leur test urinaire. Pour eux en revanche, mieux vaudrait que le deuxième bâtonnet ne s'allume pas. Antonin Morillon, directeur de recherche CNRS à l’Institut Curie, est actuellement en train de développer des bandelettes capables, par simple contact avec l'urine, de détecter le cancer de la prostate.


Une technologie qui pourrait permettre d'éviter un passage par la case biopsie. Un examen douloureux et qui pourrait souvent être évité : au final, elle ne se révèle positive que dans 45% des cas. De plus, près de 10% des patients développent une infection de la prostate après cette biopsie, note l'Institut Curie dans un communiqué.

La face cachée du cancer de la prostate à découvrir

Appelé Prostator, le test diagnostic est basé sur l'utilisation d'un "ensemble unique de nouveaux biomarqueurs 'cachés'". Autrement dit, des indices biologiques encore inconnus du génome du cancer de la prostate. "Aujourd'hui, on connaît la fonction d'à peu près 1% du génome. Tout le reste fait partie de cette face cachée", explique Antonin Morillon à Sciences et Avenir. "C'est un peu comme si dans un livre de 100 pages, on pouvait lire une seule page. On voit les autres mais on ne comprend pas ce qui est écrit."


Pour aider le directeur de recherche ainsi que son équipe à découvrir la face cachée de l'iceberg, et ainsi mettre au point ce test diagnostic, l'Europe vient de lui accorder un financement. "C'est véritablement le point de départ pour valoriser nos travaux et envisager à court terme la création d'une start-up, se réjouit-il dans un communiqué. La confiance que l’Europe met dans notre projet est un encouragement à poursuivre cette démarche."

Un test à réaliser dès la première visite chez l'urologue

Une fois mis sur pieds, le test urinaire pourra être utilisé dès la première visite chez l’urologue ou au cours de la surveillance clinique active. Prélevée dans un tube par le patient après examen de la prostate, l'urine sera transmise par le médecin à un laboratoire pour effectuer le test moléculaire Prostator. Les résultats détermineront si, oui ou non, le patient devrait effectuer une biopsie pour approfondir les examens. "Ainsi les biopsies inutiles seront évitées, réduisant les risques de stress psychologique et physiologique des patients, tout en maîtrisant mieux les coûts pour les systèmes de santé", indique l'Institut Curie.

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