Cancer de la vessie : le risque serait plus important à Marseille qu'ailleurs en France

Bien-être

PRÉOCCUPANT - D'après une étude révélée mercredi par l'Agence régionale de santé (ARS) de Paca, le taux d'incidence (nombre de nouveaux cas) du cancer de la vessie est supérieur de 80% dans la Cité phocéenne et dans ses environs au taux national chez les femmes et de 55% chez les hommes.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le cancer de la vessie est surreprésenté à Marseille et dans ses environs. Selon une étude publiée mercredi 10 juillet par l'Agence régionale de santé (ARS) de Paca, le taux d'incidence du cancer de la vessie (c'est-à-dire le nombre de nouveaux cas observés pour une durée donnée) est supérieur de 50% au taux national chez les hommes de la Cité phocéenne et ses communes alentours. 

Entre 2013 et 2016, des travaux pilotés par Santé Publique France (SPF) ont permis d'observer l'incidence de trois cancers (vessie, rein et leucémie aiguë) à l'échelle des Bouches-du-Rhône, un département particulièrement "sous pression environnementale", selon l'ARS. Les résultats ont été probants : 1.735 cas de cancer de la vessie ont été recensés chez les Bucco-Rhodaniens de sexe masculin sur cette période (contre 13.074 nouveaux cas sur l'ensemble des hommes de la France métropolitaine). Cette pathologie est également surreprésentée chez les femmes :  le risque est supérieur de 80% à Marseille par rapport à la moyenne nationale, même si le nombre de cas reste bien moins élevé que chez les hommes (395 nouveaux cas dans les Bouches-du-Rhône).

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Des facteurs d'exposition pas encore déterminées

L'étude révèle que la zone la plus impactée inclut six arrondissements de Marseille mais aussi des communes environnantes comme Cassis, La Ciotat ou encore Aubagne. Une sur-incidence qui "ne s'explique pas par les niveaux socio-économiques" selon SPF, qui refuse pour l'heure de "relier ces incidences à une exposition environnementale ou professionnelle". Pour une simple et bonne raison, l'étude seule ne permet pas de déterminer les facteurs d'expositions pouvant expliquer ce constat.

Lors d'analyses complémentaires, il est prévu de se pencher sur la prévalence du tabagisme (c'est-à-dire e nombre de cas ancien et nouveaux dans la population à un moment donné). Le tabac est en effet reconnu comme facteur de risque dans ce cancer. Les polluants retrouvés dans l'air seront également  passés à la loupe. La pollution est en effet suspecté comme facteur de risque pour le cancer de la vessie. Dans la zone très industrialisée de l’Étang de Berre, d'où est venue la demande de surveillance des cancers, l'incidence de cette pathologie est plus élevée qu'au niveau national. 

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Cancer : la recherche avance

Selon l'Inca (Institut national du cancer), l'exposition à certains produits chimiques utilisés dans l'industrie augmente aussi le risque de cancer de la vessie. 

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