Cancers, maladies cardiaques, sida... De quoi meurt-on en France ?

Cancers, maladies cardiaques, sida... De quoi meurt-on en France ?
Bien-être

MORTALITÉ - Le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France revient sur les évolutions des causes de décès en France. Si la mortalité provoquée par le virus du sida ou les accidents de transport a baissé, celle due aux cancers du poumon, du cerveau ou du pancréas est en hausse.

De quoi meurt-on en France ? Une étude, publiée ce mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France, révèle les évolutions des différentes causes de décès dans le pays entre 2000 et 2016. Sans surprise, les maladies cardiaques et les cancers restent les premières causes de mortalité.

L’étude pointe néanmoins la baisse du taux de mortalité toutes causes confondues, vraisemblablement grâce aux avancées de la médecine et de la prévention. Les hommes restent cependant plus touchés par la mort prématurée, puisque celle-ci concerne chez eux près d’un décès sur 4 (22,6%), contre 11,3% pour les femmes.

Les maladies cardiaques, première cause de décès chez les femmes

Les maladies cardiovasculaires font de moins en moins de morts en France. Selon les auteurs de l’étude, le développement des techniques de cardiologie interventionnelle dans les infarctus, pour ôter les caillots ou encore poser un implant artificiel, ainsi que le développement d’unités neuro-vasculaires pour prendre en charge les AVC, ont permis de réduire de manière importante le nombre de décès.

Ainsi, sur la période 2008-2016, les taux de mortalité ont diminué d’un quart par rapport à la période 2000-2007. Malgré cette baisse, les maladies cardiaques restent toujours la première cause de décès chez les femmes, qui font plus d’AVC que d’infarctus mortels. La situation est inverse pour les hommes.

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Le nombre de cancers en hausse

Si de plus en plus de personnes sont touchées par un cancer, le risque d'en mourir diminue. Les tumeurs restent tout de même la première cause de mortalité tous sexes confondus, provoquant 29% des 579.000 décès en 2016, selon l’étude. Plus inquiétant encore, la mortalité due aux cancers du poumon a fortement augmenté chez les femmes ces dernières années, avec pour cause principale le tabagisme.

Les cancers du pancréas et du cerveau font également de plus en plus de morts, quel que soit le sexe, dans "un contexte d’essor des technologies liées aux radiofréquences", précise Grégoire Rey, même si des recherches sont encore nécessaires pour en expliquer les raisons. "Ces résultats généraux mettent en évidence les réussites et les lacunes" en matière de prévention et de soins, mais les cancers du poumon, du cerveau et du pancréas restent des "points d’alerte", précise l’auteur.

Moins de suicides et d'accidents mortels

Autre tendance à la baisse : la mortalité par suicide. Près de 8.500 personnes s’étaient ôté la vie en 2016, contre 11.400 une décennie plus tôt. Depuis les années 1980, les décès par suicide restent toutefois plus nombreux que les morts par accidents de transport, également en net recul. Environ 8.000 personnes avaient perdu la vie sur les routes en 2000, contre 3.000 seize ans plus tard. Cette forte réduction pourrait notamment être attribuée aux radars automatiques, qui se sont multipliés sur  les routes durant la période.

Enfin, le virus du sida fait lui aussi de moins en moins de victimes. Après une première baisse dans les années 1990, le nombre de décès continue de diminuer ces 20 dernières années, en raison des progrès de la prévention et surtout des traitements. En 2016, Santé Publique France recensait 300 morts par sida, contre 4.800 en 1994.

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