Entérocoques, staphylocoques... Les rideaux des hôpitaux sont de vrais nids à bactéries !

Bien-être

BON RÉTABLISSEMENT - D'après une récente étude américaine, un rideau d'hôpital sur cinq est occupé par des bactéries résistantes aux médicaments. Un problème de santé public qui pourrait expliquer de nombreuses contaminations.

Alors qu'un champignon très résistant aux médicaments, le Candida auris, fait parler de lui dans le monde entier, des chercheurs américains affirment que ce dernier, comme tant d'autres, pourrait se tapir dans les rideaux des hôpitaux. D'après leurs travaux, présentés au Congrès européen de microbiologie clinique et maladies infectieuses d’Amsterdam, les textiles utilisés pour préserver l'intimité des malades sont bourrés de bactéries en tout genre.

Pour cette étude, les infectiologues de l’université du Michigan (États-Unis) ont analysé 1.521 échantillons recueillis sur les rideaux de 625 chambres de six centres de soins de l'État américain. Les prélèvements, réalisés lors de l'admission des patients puis périodiquement, jusqu'à six mois plus tard s'il s'agissait d'un séjour prolongé, ont été faits sur les bords des tissus occultants, là où ils sont le plus touchés.

Près d'un rideau sur cinq occupé par des bactéries résistantes

Résultat : 22 % des rideaux contenaient, lors de l'admission d'un malade, des microbes résistants aux médicaments. Dans le détail, 14 % étaient contaminés à des entérocoques résistants à la vancomycine et près de 5% à un staphylocoque doré résistant à la méticilline. Et si l'on peut penser que les dortoirs sont les plus atteints, les chercheurs n'ont trouvé aucune différence entre les chambres privées et les communes. "Les textiles passent souvent au travers de notre radar", affirme la co-auteure de l'étude, le docteur Lona Mody. "Les rideaux sont souvent touchés avant que le patient ne soit examiné. Les patients eux-mêmes touchent les rideaux quand ils vont et viennent."

Les conséquences de cette cohabitation entre microbes et malades font que, selon les infectiologues, les patients étaient fréquemment porteurs de la même bactérie que celle détectée sur leur rideau. "Ces agents pathogènes peuvent survivre sur ces rideaux et, potentiellement, se transférer sur d'autres surfaces et sur les patients", indique Lona Mody dans un communiqué, qui affirme que l'inverse serait aussi possible.

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D'autres études sont désormais nécessaires pour déterminer si ces rideaux sont vraiment une source de contamination bactérienne pour les patients. Selon les établissements, les rideaux sont changés tous les six mois ou lorsqu'ils sont réellement sales. Quoi qu'il en soit, "dans la mesure où ces rideaux sont utilisés partout, c'est un problème mondial", soutient la co-auteure de l'étude.

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