Changement d'heure : comment bien gérer les conséquences sur notre santé ?

Bien-être
DirectLCI
SANTÉ - Dimanche 28 octobre, nous sommes passés à l'heure d'hiver. A court terme, le changement d'heure, à la fin de l'automne ou au début du printemps, peut être déstabilisant. Explications.

Chaque année c'est la même rengaine (mais peut-être plus pour très longtemps) : le dimanche 28 octobre, il fallait reculer notre horloge d'une heure. Et outre les controverses sur les intérêts énergétiques de ce changement de rythme, nombreux sont les détracteurs à évoquer ses effets néfastes sur notre santé. Déboussolé, fatigué, plus vulnérable… Cette mesure n'est pas sans perturber notre horloge biologique. Tout ce qui en dépend s'avère alors déréglé, du cycle du sommeil à la production des hormones.


"Le sommeil est régulé par le rythme circadien qui fonctionne sur 24 heures, expliquait en 2016 à LCI le Dr Gérard Vincent, spécialiste du sommeil. Si ce cycle est perturbé c'est tout notre fonctionnement qui est concerné. Le changement d'heure peut faire le même effet qu'un décalage horaire". Or, "le sommeil est indispensable au développement cérébral ou encore pour assurer certaines fonctions métaboliques", précise l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Un changement d'heure plus difficile à vivre que l'autre ?

Mais selon une étude de la Commission européenne, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne : les inconvénients seraient beaucoup plus visibles chez les personnes âgées, les malades et les enfants. Le sommeil est très personnel, chacun le "vit" différemment. C'est un faux débat de dire que tout le monde sera impacté : certains sont des couche-tôt, d'autres des lève-tard, donc on peut être très sensible au passage à l'heure d'hiver mais ne rien ressentir lors de l'heure d'été", ajoute le Dr Gérard Vincent.


D'ailleurs, quel passage, en mars ou en octobre, est le plus difficile à vivre ? Impossible à dire, faute d'étude concrète sur le sujet. En 2008 cependant, une étude suédoise parue dans le New England Journal of Medicine montrait de plus graves conséquences lorsqu'il s'agit de l'heure d'été : une augmentation des crises cardiaques dans les trois jours suivant cette période contre 5 % de moins lors du passage à l'heure d'hiver.

"Ces effets ne doivent pas être minimisés"

"Si le monde médical reste très partagé sur l'existence de troubles imputables à l'heure d'été, 19% des médecins font état d'une augmentation de la consommation de médicaments et singulièrement de tranquillisants, au moment du changement d'heure, encore qu'aucune étude scientifique ne puisse l'attribuer à ce seul facteur", explique pour sa part un rapport du Sénat datant de 1997. Ce dernier conclut d'ailleurs sur le fait que "ces effets, bien que temporaires, ne doivent pas être minimisés".


Outre le sommeil, l'Association contre l'heure d'été double (ACHED) évoque "des augmentations des accidents de la circulation, du travail et domestiques". Là encore, aucune étude ne permet d'établir ce lien de cause à effet. "Le rythme circadien n'agit pas que sur le sommeil, il s'occupe aussi de la régulation de la température corporelle ou de la production d'hormones comme la mélatonine (hormone du sommeil)", affirme le médecin. Pour autant, des réflexes simples permettent de se rétablir facilement, comme se coucher un quart d'heure plus tôt que la veille chaque soir les jours précédents le changement d'heure. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter