Les meilleures crèmes solaires pour enfants ne sont pas forcément celles que vous croyez

Bien-être

VACANCES - Plus chères, bio, mais pas forcément de meilleure qualité. Dans son dernier numéro, l'UFC-Que Choisir a testé vingt protections solaires pour enfants. Le tiers d'entre elles contient des substances toxiques et les crèmes solaires bio s'avèrent peu efficaces.

À quelques jours des grandes vacances, c'est un achat indispensable : la crème solaire. Anti UVA et UVB, elle permet de protéger l’épiderme des rayons du soleil, et donc du risque de développer un cancer. Si elle est importante chez l’adulte, elle l’est tout particulièrement chez l’enfant dont la peau est plus fragile.

Dans le dernier numéro de son magazine, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a établi un classement des crèmes solaires "pour enfants et bébés". Et, surprise, les plus chères ne sont pas forcément les meilleures. Les bio, elles, seraient même loin d’être efficaces.

Des substances toxiques dans le tiers des produits solaires analysés

Sur les vingt produits analysés par le magazine, sept contiennent du phénoxyéthanol, un conservateur jugé hématotoxique et hépatotoxique (toxique pour le sang et le foie) par l’Agence nationale du médicament en 2012. Elle avait donc demandé dans un avis publié la même année que sa concentration soit limitée à 0,4% dans les produits pour enfants.

Deux crèmes contiennent par ailleurs des perturbateurs endocriniens. Finalement, la protection solaire la mieux classée est celle de Lidl, commercialisée sous la marque "Cien" au prix de 7 euros. La crème Uriage, vendue 18 euros, finit dernière du classement en raison de la présence de phénoxyéthanol et de perturbateurs endocriniens.

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Des crèmes solaires bio inefficaces

Du côté des produits bio, si aucun perturbateur endocrinien n'a été détecté, l’efficacité ne semble pas au rendez-vous. Sur les quatre testés, tous présentent systématiquement une protection défaillante contre les UVA en raison de leurs filtres minéraux, moins efficaces, qui au lieu d’absorber les rayons du soleil à la façon des filtres chimiques, ne font que les refléter. "C’est un problème que nous avons déjà relevé il y a deux ans, lors de notre test comparatif sur les crèmes solaires classiques. Ainsi, que ce soit pour les petits ou pour les grands, mieux vaut ne pas opter pour des crèmes solaires bio", assure à 20 Minutes l’auteure du dossier, Gaëlle Landry.

UFC-Que Choisir souligne d'autre part que ces filtres minéraux ne sont en général autres que du dioxyde de titane, parfois utilisés sous forme de nanoparticules. Interdit depuis peu dans l'alimentation, ce composé est classé depuis 2006 comme cancérogène possible pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), lorsqu'il est inhalé. Il est également suspecté d'augmenter le risque de cancer s'il est ingéré. Si aucune étude ne prouve la dangerosité du dioxyde de titane lorsqu'il est appliqué sur la peau, une vaste étude menée par la Food and Drug Administration (FDA) publiée en mai dans la revue JAMA Network, a révélé qu'il ne faudrait qu'une journée aux filtres solaires pour se retrouver dans le sang à des niveaux élevés. Les filtres analysés étaient cependant tous chimiques (avobenzone, oxybenzone, ecamsule, octocrylene). D'autres tests seraient nécessaires pour savoir si cela s'applique aussi au dioxyde de titane.

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Si la qualité du produit solaire que vous choisirez pour cet été est importante, venant ainsi compléter une protection vestimentaire, la quantité appliquée sur la peau l'est tout autant. Pour une bonne protection, il est nécessaire d'appliquer la lotion en quantités généreuses (2 mg/cm² de peau) toutes les deux heures et après une baignade, si celle-ci n'est pas résistante à l'eau. Même avec une bonne protection, il est vivement conseillé d'éviter d'exposer les enfants au soleil lors des heures les plus chaudes de la journée, les rayons étant à ce moment-là plus agressifs. Cela est aussi valable pour les adultes. Les bébés, eux, ne doivent tout simplement pas être exposés au soleil, une forte exposition tôt dans la vie augmentant le risque de mélanome. Depuis 1980, le nombre de ces tumeurs malignes a triplé en France. 70% d'entre eux sont dus à l'exposition solaire.

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