Coma : des signes de "conscience cachée" pourraient prédire si un patient peut se réveiller

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L'affaire Vincent Lambert : un interminable déchirement

ESPOIR - Savoir si un patient plongé dans le coma à la suite d'une lésion cérébrale a des chances de se réveiller et de récupérer ses facultés est une affaire délicate. Des chercheurs viennent cependant de trouver une technique qui pourrait à terme permettre de le déterminer avec une plus grande précision que ce qui est fait actuellement.

Lors d’accidents graves incluant des blessures traumatiques au cerveau, les médecins et les familles sont généralement forcés de prendre une décision sur le devenir du patient. Doit-on tenter un traitement ? Une chirurgie ? Faut-il le débrancher ? Ou a-t-il des chances de se réveiller un jour ? Dans certains cas, poussés par un espoir indéfectible, ou encore par la foi, comme c’est le cas pour Vincent Lambert, maintenu artificiellement en vie depuis 2008, les familles refusent de mettre fin aux jours de leur proche.

Mais d’après les travaux de chercheurs de l’université de Columbia, aux États-Unis, il existerait un moyen de déceler "la conscience cachée" grâce à l’analyse d’électro-encéphalogrammes. Cela pourrait aider à savoir si une personne a des chances de se réveiller un jour et de retrouver toutes ses facultés.

Une "conscience cachée" décelée chez un patient sur sept

Lors de leur étude, les scientifiques ont analysé les données d’électro-encéphalogrammes recueillis auprès de 104 patients inconscients à la suite d'hémorragies, de traumatismes ou encore d'un manque d’oxygène. Leur but : tenter de détecter une activité cérébrale indiquant que les patients pouvaient comprendre la demande qui leur était formulée, en l'occurrence celle de bouger leurs mains. 

Pour près d’un patient sur sept, une"conscience cachée" a été détectée seulement quatre jours après la formation de leur lésion. Parmi eux, la moitié a vu sa situation s’améliorer et a été en mesure de suivre les instructions des chercheurs avant de sortir de l'hôpital, contre seulement un tiers de ceux qui ne montraient pas d’activité cérébrale. Un an plus tard, 44% des patients présentant des schémas d'activité cérébrale étaient capables de vivre de façon indépendante jusqu'à huit heures par jour, contre seulement 14% de ceux ne présentant pas de tels signaux. Enfin, un tiers des patients était décédé.

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"Bien que notre étude soit restreinte, cela suggère que les électro-encéphalogrammes – un outil facilement accessible au chevet des patients en unité de soins intensifs partout dans le monde – ont le potentiel de changer complètement la façon dont nous gérons les patients avec de graves blessures cérébrales", assure dans un communiqué Jan Claassen, auteur principal de ces travaux et directeur d’une unité de soins intensifs neurologiques à New York et au centre médical Irving de l’université de Columbia. Des études plus importantes sont désormais nécessaires pour confirmer ces observations.

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