Comme la salamandre, l'humain est capable de régénérer son cartilage

Bien-être

BIOLOGIE - Faire repousser l'un de nos membres pourrait, dans le futur, n'être qu'une question de patience. Dans une étude parue mercredi dans le journal Science Advances, des scientifiques américains et suédois disent avoir découvert que l'humain possède, comme les salamandres, le pouvoir de régénérer son cartilage. Cela pourrait donner lieu à la mise au point de nouveaux traitements, voire à la possibilité de refaire pousser un bras ou une jambe amputé.

La capacité de certains reptiles à pouvoir régénérer l’un de leurs membres a toujours fasciné la science. Mais des chercheurs viennent de découvrir qu’ils ne seraient pas les seuls à disposer de ce type de super-pouvoirs. Dans une étude publiée mercredi dans le journal Science Advances, des scientifiques américains et suédois, affirment que l’humain serait aussi capable de faire pousser à nouveau du cartilage.

"Le cartilage des articulations humaines peut se réparer seul au travers d’un processus similaire à celui utilisé par des créatures telles que les salamandres ou les poissons zèbres pour régénérer leurs membres", indiquent ainsi les chercheurs dans un communiqué. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour certaines blessures et maladies comme l’arthrite dégénérative.

MicroARN, molécule commune aux les salamandres et aux humains

La régénération des membres chez certaines espèces est rendue possible grâce à une molécule particulière, appelée microARN, qui aide à réguler la réparation du tissu articulaire. Au travers de leur étude, les chercheurs se sont rendu compte qu'elle était également présente chez les humains. Elle n'agirait cependant pas avec la même efficacité selon les zones. La réparation du cartilage dans les chevilles serait ainsi plus efficace que dans nos genoux et nos hanches.

Pour expliquer ce phénomène, les scientifiques se sont intéressés à l'âge des protéines présentes dans les cartilages. Grâce à une méthode qu'ils ont eux-même mise au point, ils ont pu déterminer si le cartilage humain était jeune, d'âge moyen ou âgé. Il s'est avéré être jeune dans les chevilles, d'âge moyen dans les genoux et vieux dans les hanches. Ce qui explique pourquoi, chez les humains, les blessures aux chevilles guérissent plus vite qu'au niveau de la hanche et que l'arthrite est moins présente aux chevilles que dans les hanches.

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Vers la régénérescence de membres entiers ?

Cette découverte pourrait avoir d'énormes débouchés pour les athlètes ou les personnes souffrant de lésions articulaires. Les microARN pourraient en effet leur être injectés dans les articulations ou transformés en médicaments qui préviennent ou inversent l'arthrite, indique l'étude.

Dans un avenir plus lointain, il pourrait même servir de base pour la régénération des membres humains. "Si nous sommes capables de trouver de quels régulateurs nous manquons comparé aux salamandres, nous pourrions être capables d'ajouter des composants manquant dans ce circuit de régénération et de mettre au point une manière de régénérer une partie, voire tout un membre humain", se réjouit l'un des chercheurs dans le communiqué.

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