Compléments alimentaires : l'Anses met en garde contre les produits à base de berbérine

Compléments alimentaires : l'Anses met en garde contre les produits à base de berbérine
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ALERTE – L’Anses publie ce lundi une mise en garde contre l’utilisation de plantes à base de berbérine dans les compléments alimentaires. Selon elle, leur consommation "peut entraîner des risques de troubles gastro-intestinaux, d'hypoglycémie et d'hypotension".

Certains pays européens l’interdisent, d’autres, comme la Belgique, ont fixé une dose journalière à ne pas dépasser. L’usage de berbérine dans les compléments alimentaires n’est en revanche pas réglementé en France (tout juste l’étiquetage doit-il comporter un avertissement en déconseillant l'emploi aux femmes enceintes), ce qui inquiète l’Anses. Dans un avis publié lundi, l’agence sanitaire avertit que  diabétiques, les enfants, les ados, les femmes enceintes ou qui allaitent, ainsi que les personnes souffrant de troubles hépatiques ou cardiaques doivent éviter de prendre ceux qui en contiennent.

Si la médecine traditionnelle chinoise utilise la berbérine pour traiter les problèmes gastro-intestinaux, cet alcoloïde végétal, que l’on trouve dans les racines, l’écorce, les feuilles ou les baies des plantes du genre berberis, comme l’épine-vinette notamment, servent principalement chez nous à lutter contre l'excès de cholestérol et du taux de sucre sanguin. Selon l'Anses, en consommer  "peut entraîner des risques de troubles gastro-intestinaux, d'hypoglycémie et d'hypotension". L'agence attire aussi  l'attention des professionnels de santé sur la capacité de la berbérine à interagir avec de nombreux médicaments, ce qui peut compromettre leur efficacité.

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De fortes "concentrations observées dans les compléments recensés"

Selon Le Monde qui cite des chiffres de la direction générale de la concurrence (DGCCRF), les produits à base de berbérine ne représentent que 0,6% de l'ensemble des compléments alimentaires déclarés en France depuis 2016. Mais certains affichent une forte teneur en cette substance, puisque aucune dose maximale journalière n'est définie en France.

Or, l'Anses confirme les  "effets pharmacologiques avérés  de la berbérine à partir de 400 mg/jour chez l'adulte", seuil à au-dessus duquel celle-ci "agit comme un médicament et non plus comme un aliment".  Une telle dose peut occasionner des effets "sur le système cardiovasculaire (effets sur la pression artérielle et le rythme cardiaque), nerveux (effets anticonvulsivants, antidépresseurs et analgésiques), immunitaire (effets anti-inflammatoires et immunosuppresseurs) ou encore sur le métabolisme (effets hypoglycémiants et hypolipémiants)". 

Et il n'est pas exclu que de tels effets puissent intervenir à des dose inférieures, y compris en dessous de la dose journalière de 10 mg fixée en Belgique, remarque l'agence sanitaire. "Compte tenu des données toxicologiques disponibles et des concentrations observées dans les compléments recensés, la sécurité d’emploi de ces compléments alimentaires ne peut être à ce jour garantie", prévient-elle.

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