Compteur Linky : des mesures révèlent l'absence d'exposition anormale aux ondes électromagnétiques

Bien-être

RAPPORT - Alors que les craintes concernant les ondes émises par les compteurs Linky sont nombreuses, l'Agence nationale des fréquences (ANFR) affirme qu'aucun dépassement du niveau réglementaire d'exposition aux champs électromagnétiques n'a été relevé lors des mesures effectuées en 2018.

Ce rapport mettra-t-il un point final à la controverse ? La semaine dernière, l'Agence nationale des fréquences (ANFR) a publié les résultats de mesures d'exposition du public aux ondes radiofréquences des compteurs Linky. D'après le document, aucun dépassement du niveau réglementaire d'exposition aux champs électromagnétiques n'a été relevé dans la bande 9 kHz - 100 kHz, soit celle que couvrent les compteurs Linky.

Notamment accusés de propager des ondes néfastes pour la santé, ces appareils très controversés sont rejetés par de nombreux Français. Depuis 2015 et leur déploiement, vingt-deux tribunaux ont été saisis d'actions conjointes pour protester contre l'installation du compteur Linky. En juillet dernier, le tribunal de grande instance de Tours a demandé son retrait chez 13 personnes pour raisons médicales. Quelques mois plus tôt, 13 autres personnes s'étaient vu accorder la pose, par le tribunal de Bordeaux, de filtres les protégeant des champs électromagnétiques sur leur compteur.

Les émissions de 178 compteurs mesurées

L'étude de l'ANFR a porté sur des mesures faites entre juin et décembre 2018 dans le cadre du dispositif national de

surveillance de l’exposition du public aux ondes électromagnétiques dans la bande 9 kHz – 100 kHz, émises par les téléphones portables, la radio ou encore la télévision. Ouvert aux particuliers et aux collectivités locales, il permet de faire mesurer gratuitement  l’exposition, aussi bien dans les locaux d’habitation que dans des lieux accessibles au public. Au total, 178 lieux ont fait l'objet de mesures, menées par des laboratoires de mesure accrédités par le Comité français d’accréditation (COFRAC) qui doivent respecter le protocole de mesure de l’ANFR ainsi que des critères d’indépendance. Elles ont toutes concerné un compteur Linky et ont eu lieu en intérieur et principalement en milieu urbain (81%), précise l'ANFR.

Dans la majorité des cas (64%), les mesures ont été effectuées, par défaut, à 20 centimètres du compteur. "L’environnement de la mesure ne permet cependant pas toujours de placer la sonde de mesure aussi près du compteur, ce qui peut expliquer des distances entre 20 et 40 cm par rapport au compteur. Enfin, sur demande du bénéficiaire de la mesure, le point de mesure peut être choisi à une distance plus grande, voire dans une autre pièce, ce qui explique un certain nombre de mesures (14%) sans distance renseignée", précisent les auteurs du rapport.

Des émissions entre 25 et 37 fois inférieures aux valeurs limites réglementaires

Les émissions générées par les compteurs Linky proviennent de courants porteurs en ligne (CPL), une technologie qui consiste à utiliser le réseau électrique pour propager les signaux par conduction dans les câbles électriques. Grâce à elle, l'appareil communique une fois par jour au concentrateur, un dispositif de stockage situé dans le transformateur du quartier, ses mesures de l’énergie consommée par une installation électrique domestique. En sens inverse, le concentrateur interroge régulièrement l’ensemble des compteurs qui lui sont rattachés afin de surveiller l’état général du réseau basse tension. Les émissions CPL émises dans ces situations se situent dans la bande 30 kHz – 95 kHz. Mais, selon les mesures effectuées par l'ANFR, aucune émission CPL Linky n’a été détectée dans plus de la moitié des cas (99 sur 178 cas), et ce malgré un temps de mesure moyen d’une heure. Cela s'explique par l’intervalle d’interrogation des compteurs par le concentrateur. Cet intervalle est très variable et dépend du nombre de compteurs gérés par le concentrateur et du paramétrage du réseau par le distributeur d’électricité. 

Lorsque des émissions CPL ont été mesurées, "des niveaux de champ crête maximaux de 3,5 V/m et 0,17 µT ont été mesurés, soit des valeurs respectivement 25 fois et 37 fois inférieures aux valeurs limites réglementaires de 87 V/m et 6,25 µT", indique le rapport. Ces dernières ont été définies par une recommandation européenne en 1999, puis appliquées en France par un décret datant du 3 mai 2002.

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Par ailleurs, ajoute l'ANFR, ces niveaux s'avéraient  plus faibles lorsqu'ils étaient mesurés à plus de 40 cm du compteur qu’à proximité de celui-ci, "ce qui illustre que la distance est un paramètre majeur pour l’exposition". "Dès qu’on s’éloigne de quelques dizaines de centimètres de la source de rayonnement, le niveau d’exposition baisse fortement."

Une autre source d'émissions, elle aussi sans danger

Il est en revanche possible que des Equipements Radio Linky (ERL) modules optionnels fournis par les fournisseurs d’énergie, soient installés sur les compteurs Linky. Ils permettent de transmettre en temps réel, grâce à des émissions radioélectriques transmettant les données par voie radio, les données du compteur Linky vers les appareils situés à l’intérieur du domicile. Mais, n'émettant qu’environ 1 % du temps à des niveaux très faibles (niveau maximal relevé de 5 V/m), bien en deçà de la valeur réglementaire ( 61 V/m), ceux-ci sont considérés comme inoffensifs.

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