Contraception d'urgence : seul 1% des jeunes connaissent le délai maximum d'utilisation

Bien-être
MÉCONNAISSANCE - La contraception d'urgence est disponible en France depuis 1999. Si elle est depuis utilisée par de nombreuses femmes, beaucoup d'entre elles ignorent encore les délais maximum impartis dans lesquels elle est encore efficace.

Un oubli de pilule, un problème de préservatif, un rapport non protégé... Le recours à la contraception d'urgence peut s'expliquer de multiples façons. En 2016, 11,5 % des femmes âgées de 15 à 29 ans exposées à un risque de grossesse non prévue ont eu recours à ce type de médicament, et ce à plusieurs reprises dans un tiers des cas. Or, d'après les données de Santé Publique France publiées le 1er juillet, une grande majorité des moins de 30 ans méconnaissent les délais d’utilisation de la contraception d'urgence, pensant qu'elle n'est efficace que les 24h suivantes, alors qu'elle peut l'être jusqu'à 5 jours.


"Même si dans l’ensemble les connaissances des femmes sont meilleures que celles des hommes, elles restent insuffisantes pour assurer un bon usage de la contraception d’urgence", souligne l’agence sanitaire. Pour tenter d'améliorer la situation, elle lance une campagne de sensibilisation sur le web et les réseaux sociaux.

Pour 40%, la contraception d'urgence n'est efficace que 24h après le rapport sexuel

Pour mener cette enquête, Santé Publique France a interrogé par téléphone 2.800 hommes et femmes âgés entre 15 et 29 ans sur leurs connaissances de cette contraception. Si les modalités de délivrance étaient bien connues, avec 83% des personnes interrogées qui connaissent le caractère gratuit de la contraception d'urgence pour les mineures et 82% qui savent que celle-ci peut s'acheter directement en pharmacie sans ordonnance, celles de son efficacité l'étaient beaucoup moins.


Moins d'un jeune sur cent a en effet déclaré savoir que le délai maximal pour la prise de cette pilule s'étendait jusqu'à cinq jours après le rapport sexuel non ou mal protégé, ce qui est en réalité le cas depuis 2009 avec le début de la commercialisation du traitement Ellaone. 17% considèrent que la contraception d'urgence doit être prise dans un délai de 3 jours, et environ 40%, sûrement induits en erreur par le terme "pilule du lendemain", couramment utilisé pour qualifier la contraception d'urgence, dans les 24h après le rapport sexuel. Pour être la plus efficace possible cependant, celle-ci doit être prise le plus tôt possible après le rapport non ou mal protégé.

Des risques pour la santé craints par de nombreux jeunes

Perçue comme efficace chez 73% des 15-29 ans, plus de la moitié (54%) des sondés s'inquiètent cependant de ses effets sur la santé, pensant qu'elle est risquée. Cette méfiance grimpe même jusqu'à 60% chez les 20-24 ans. "Ce résultat n’est sans doute pas sans lien avec la 'crise des pilules' survenue en 2013 qui a directement impacté cette tranche d’âge dans son usage de la contraception", soulève Santé Publique France dans son baromètre.


Au fait de ces craintes, le planning familial, dont le rôle est notamment d'informer sur ce type de contraception, écrit sur son site : "La pilule d’urgence n’est pas dangereuse, ne rend pas stérile et peut être prise chaque fois qu’il y a un risque de grossesse non prévue, même si elle peut parfois perturber le cycle."

Une campagne pour mieux connaître la contraception d'urgence

Pour mieux faire connaître les délais d'efficacité de la contraception d'urgence, Ministère des Solidarités et de la Santé et de Santé publique France ont lancé une campagne de sensibilisation, diffusée sur le web et les réseaux sociaux du 1er au 21 juillet. "Cette communication auprès des plus jeunes sur les délais d’utilisation de la CU est essentielle pour leur assurer une entrée dans la sexualité dans les meilleures conditions. Et bien que les filles soient les principales destinataires des informations relatives à la contraception et à la contraception d’urgence, il est important que ce message soit également entendu et intégré par les garçons afin qu’ils soient impliqués autour de cet enjeu qui concerne le couple et pas uniquement les jeunes filles" explique dans un communiqué Nathalie Lydié, responsable de l’unité Santé sexuelle à Santé publique France.

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