Coronavirus : la distance de sécurité d'1 mètre limite-t-elle vraiment les risques de transmission ?

Les Italiens confinés doivent respectés une distance d'au moins 1 mètre entre deux individus dans l'espace public

PRÉVENTION – Afin de limiter les risques de contamination du coronavirus, une distance de sécurité d'au moins 1 mètre entre deux personnes est souvent imposée. C'est notamment celle qui est préconisée entre chaque électeur dans les bureaux de vote pour les élections municipales. Est-ce suffisant ? Stéphane Gayet, médecin et infectiologue au CHU de Strasbourg, nous éclaire.

Se laver les mains, tousser ou éternuer dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique et... garder une distance de sécurité avec les autres individus. Telles sont les recommandations nationales pour se protéger contre le coronavirus, dont la propagation ne cesse d’enfler en France. Mais à quelle distance faut-il vraiment se tenir pour ne pas être contaminé ? Stéphane Gayet, médecin et infectiologue au CHU de Strasbourg, nous éclaire.

Alors que la distance d’au moins un mètre est régulièrement retenue - c'est ainsi celle que devaient respecter les membres du gouvernement lors du conseil des ministres de ce mercredi, ou qui est imposée aux Italiens dans les bars et les lieux de culte -,  elle ne serait pas convenable à en croire notre expert. "Un mètre, ce n’est pas une sécurité suffisante", assure Stéphane Gayet. Les gouttelettes, l’un des moyens de transmission du coronavirus, peuvent en effet être propulsées plus loin qu’un simple mètre, notamment "en cas d’éternuement violent, de toux violente ou de faible humidité de l’air". "Pour une toux modérée, il est vrai que la propulsion est d’un peu moins d’un mètre, mais il ne faut pas oublier que la distance est difficile à apprécier", continue le médecin. "Un mètre devient rapidement 85 centimètres..."

Pourtant, ce mètre de sécurité est préconisé dans les bureaux de vote lors des prochaines élections municipales. Si le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a assuré que le scrutin aura bien lieu les 15 et 22 mars prochains, des mesures seront en effet prises pour limiter les risques d’infection. "Il faut garantir des conditions sanitaires, avec une distance d’un mètre ou un mètre 50" entre chaque électeur, avait ainsi déclaré la semaine dernière le président de l’Association des maires de France et maire de Troyes François Baroin. 

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"1 mètre 50, c’est plus raisonnable"

Pour éviter d’être contaminé, Stéphane Gayet estime qu'il faudrait voir large. "Je préconise plutôt 1 mètre 50, c’est plus raisonnable", dit-il. "J’en veux pour preuve que le centre de contrôle et de prévention américain (CDC) préconise lui 2 mètres." Le CDC a en effet récemment publié une note d’information, dans laquelle l'agence fédérale demande "d’éviter les contacts étroits", qualifiés par une distance d'"environ 6 pieds, soit 2 mètres".

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"Cependant, à 2 mètres de distance, cela commence à devenir difficile de converser d’une façon relativement intime, ou sans être obligé de parler fort", tempère l’infectiologue. "Alors qu’à 1 mètre 50, nous arrivons encore à discuter de manière relativement raisonnable et pratique." Selon le médecin, "en cette période de circulation du coronavirus, il faut d'ailleurs avoir le réflexe de prendre ses distances dès que quelqu’un commence à vous parler". "Et en ce sens, 1 mètre 50, c’est bien."

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