Coronavirus : pourquoi il est trop tôt pour dire que le pic de contamination est derrière nous

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Coronavirus : l'épidémie meurtrière qui inquiète la planète

VIRUS - Le plus fort de l’épidémie de coronavirus est-il passé ? Alors que l'OMS a indiqué ce week-end que le nombre de cas de personnes atteintes se stabilisait en Chine, Éric Leroy, membre de l’Académie nationale de Médecine, nous éclaire.

Alors que l’épidémie de coronavirus a déjà touché plus de 40.000 Chinois et causé près de 1.000 décès, le pic de contamination a-t-il déjà été atteint ? Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de personnes touchées est en train de se stabiliser (dimanche, un peu plus de 3.000 nouveaux cas ont été recensés en Chine). "Nous enregistrons une période de stabilité, où le nombre de cas rapportés n'a pas progressé", s'est ainsi réjoui ce week-end Michael Ryan, responsable des programmes sanitaires d'urgence de l'OMS. 

Il est toutefois trop tôt pour que l'on puisse déclarer que le pic de contamination a été atteint, selon Éric Leroy, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement et membre de l’Académie nationale de Médecine. "D’après des estimations, le pic aurait été calculé autour du mois de février. Certains disent que c’était le 8, certains parlent de cette semaine, d’autres de la prochaine... On serait donc au niveau du pic. Mais ce n’est pas une certitude", tempère le chercheur auprès de LCI. "Pour l’instant, ce ne sont que des estimations basées sur des paramètres pris en compte au tout début de l’épidémie, et qui ne sont pas fixes", poursuit-il avant de développer son propos.

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Un autre foyer de contamination que Wuhan ?

"Beaucoup d’éléments entrent en ligne de compte", continue Éric Leroy. "Les calculs sont basés sur un algorithme, qui tient compte de beaucoup de paramètres. Le problème, c’est qu’ils peuvent évoluer au fur et à mesure de l’épidémie", souligne-t-il. "S’il y a une modification des mesures prises, cela aura forcément une influence sur l’évolution de l’épidémie et donc sur son pic, qui peut intervenir avant ou après."

Autre inconnue : le nombre de foyers de contamination. "Actuellement, l’épidémie se propage à partir d’un foyer primaire, qui est dans la ville de Wuhan, à partir d’une source animale. Mais peut-être y a-t-il une autre source animale plus ou moins loin qui peut être à l’origine d’un deuxième foyer", s’inquiète le chercheur. Des habitants de Wuhan peuvent également avoir quitté la ville avant le début de l’épidémie, et propager le virus ailleurs. "Ce sont des éléments que nous ne maîtrisons pas". Ces inconnues pourraient donc fausser les estimations de l’évolution de l’épidémie.

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La météo va-t-elle influer sur la propagation du virus ?

Mais elles ne sont pas seules. "Un virus à transmission respiratoire est très dépendant du climat, des saisons, de l’humidité, du froid, du chaud", explique encore le chercheur. La météo pourrait donc jouer son rôle dans l’évolution de l’épidémie. Mais une fois encore, elle est peu prévisible. "En fonction du climat, il peut y avoir soit une augmentation de la propagation du virus, soit une diminution. Un climat humide, avec beaucoup de vapeur d’eau dans l’atmosphère, propulse les particules virales en bas", et renforce donc l’épidémie.

Le virus lui-même est également difficile à appréhender. "Un virus mute beaucoup, et c’est un paramètre difficile à prendre en compte", indique le spécialiste. "En fonction du nombre de personnes atteintes et de la différence des personnes touchées, le virus peut évoluer plus ou moins vite. Les mutations sont un peu du fait du hasard, nous ne pouvons pas les prédire au début. Il y a donc un ensemble de facteurs qui sont pris en compte dans l’algorithme, mais qui sont eux-mêmes évolutifs. Et il est difficile de dire si le pic a ou non déjà été atteint."

Enfin, il est aussi possible que le nombre de cas en Asie du sud-est soit encore sous-évalué. "Dans les pays riches, où il y a un système de santé qui permet de faire les diagnostics, nous connaissons la situation précise", explique le professeur Olivier Schwartz, responsable de l'unité "virus et immunité" à l'institut Pasteur, au micro de TF1, dans la vidéo en tête de cet article. "Mais dans certains pays où les diagnostics ne sont pas effectués, ou moins efficacement, nous ne connaissons pas" le nombre exact de cas, conclut-il.

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