Coronavirus : Sras, H1N1, Ebola... comment se sont terminées les précédentes épidémies ?

Une femme portant un masque dans un aéroport / Photo d'illustration

RETOUR EN ARRIÈRE - Alors que le coronavirus a désormais pris une ampleur mondiale, comment s’étaient terminées les épidémies d’autres virus ayant secoué la planète ces dernières années ? LCI fait le point avec un chercheur du CNRS.

Depuis deux mois, le Covid-19 inquiète la planète. Découvert dans un premier temps à Wuhan, en Chine, ce coronavirus s’est depuis propagé dans le monde entier. Tous les continents sont désormais touchés, et la France compte déjà près de 400 cas sur son territoire. Pour l’heure, il demeure impossible de savoir quand et comment cette épidémie cessera. Mais ces dernières années, d’autres virus se sont déjà répandus dans plusieurs pays, comme Ebola, le Sras, le Mers ou la grippe H1N1. Comment ces épidémies s’étaient-elles arrêtées ? Etienne Decroly, directeur de recherche au CNRS, nous éclaire.

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Pour le Sras, de sévères restrictions

Le Sras, ou syndrome respiratoire aigu sévère, "est la première maladie grave et transmissible à émerger au XXIè siècle", selon l’Institut Pasteur. Il a causé "plus de 8.000 cas et près de 800 morts" en 2003, au niveau mondial. Mais l’épidémie avait fini par être endiguée grâce à trois éléments, explique à LCI Etienne Decroly. "Pour le Sras, il a été supposé que les animaux vendus sur les marchés locaux en Chine auraient transmis la maladie à l’homme. Lorsque les marchés ont été fermés, cela a supprimé les transmissions de l’animal à l’homme, donc cela a diminué l’alimentation de l’épidémie", assure-t-il.

Mais cela ne suffisait pas, car à l’instar du Covid-19, le Sras se propageait lui aussi d’homme à homme. "Même si l’épidémie se traduisait par un syndrome respiratoire très sévère comme actuellement, il semble que la contagiosité était moindre", explique le directeur de recherche au CNRS. "D’autre part, il y avait moins de personnes infectées qui transmettaient le virus avant d’être malades", contrairement au Covid-19 où le virus peut être transmis avant même que le patient ne développe les symptômes. "Lors du Sras, la transmission n'était possible qu'au moment où les patients était malades, et donc déjà confinés. Cela a permis d’arrêter la chaîne de transmission."

Dernier aspect, similaire à d’autres virus respiratoires : l’effet saisonnier. "Le plus gros de l’épidémie était hivernal et s’est arrêté au début du printemps", se souvient Etienne Decroly.

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Pour le Mers, une contagion faible

Le Mers, appelé également syndrome respiratoire du Moyen-Orient, est un coronavirus détecté en 2012 dans plusieurs pays du Moyen-Orient, ayant impacté plus de 2.500 personnes dont 2 en France. "Il touche le tractus respiratoire et est responsable de fièvre et de toux", écrit l’Institut Pasteur. Mais selon Etienne Decroly, "la transmission du virus d’homme à homme était moins efficace" que l’épisode actuel.

"Il existe encore des cas sporadiques de Mers, dus systématiquement à une transmission du chameau vers l’homme", explique le chercheur. "La contagiosité du virus est faible, donc la chaîne de transmission est très courte et s’arrête."

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Pour Ebola, l'intervention de la médecine a été efficace

"Responsable de fortes fièvres et d’hémorragies souvent mortelles pour l’homme", l’épidémie du virus Ebola a causé "plus de 11.000 décès officiels et a fait 25 fois plus de victimes que les précédents épisodes observés depuis 40 ans", relaie l’Institut Pasteur. Pourtant, cette épidémie a elle aussi pu être endiguée. "Pour Ebola, c’est beaucoup plus ‘facile’ car la transmission ne se fait que par contact humain, et non par aérosol comme le Covid-19", explique Etienne Decroly. "Si des mesures drastiques sont prises pour empêcher qu'un malade ne touche les autres personnes, il est possible d’arrêter la chaîne de transmission. C’est exactement ce qu’il s’est passé."

Mais ces mesures restrictives n’ont pas été les seules. "Il y a eu une injection d’un anticorps qui lutte contre le virus", note le directeur de recherche, mais également "des antiviraux pour les personnes au contact des patients contaminés." "Cela a été très efficace pour lutter contre l’épidémie, car il n’est pas toujours possible d’empêcher qu’il y ait un contact direct."

Pour la grippe H1N1, un vaccin contesté mais efficace

La grippe H1N1 est apparue en France en 2009 et a causé la mort de quelques centaines de milliers de personnes dans le monde. Comme pour les précédents virus, l’épidémie a elle aussi pu être endiguée. "Pour cette grippe H1N1, il y a eu un vaccin, certes très critiqué, mais qui a joué un rôle probablement assez important", explique Etienne Decroly. "De plus, c’était un virus saisonnier, dont l’activité diminue fortement au printemps." 

Enfin, "troisième aspect, plus inattendu : il y avait un peu d’immunité parmi les populations. Certaines personnes avaient déjà rencontré soit l’épitope H1, soit N1, et n’attrapaient donc pas la maladie. Cela a été un vecteur important dans le fait que la transmission de la maladie perturbe moins longtemps que prévu", selon le chercheur.

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La grippe saisonnière, une immunité au fil du temps

Plus connue que les précédents virus, la grippe saisonnière affecte chaque année l’ensemble de la France. Cette année encore, aucune région n’a été épargnée. À ce jour, seule l’Île-de-France est d’ailleurs sortie de la phase épidémique. Si ce virus a peu ou prou les mêmes symptômes que le Covid-19, il disparaît peu à peu avec l’arrivée des beaux jours. "C’est un virus saisonnier, donc lorsque le temps est sec et qu’il fait chaud, son activité diminue."

De plus, à force de revenir chaque hiver, les individus s’immunisent contre le virus. "100% de la population n’est pas susceptible de contracter la grippe", rappelle Etienne Decroly. "Chaque année, il n’y a qu’une petite proportion qui ne va pas être capable d’endiguer l’infection. Comme nous l’avons déjà rencontré, nous avons des anticorps et des cellules capables de lutter contre le virus." Reste désormais à savoir comment le Covid-19 pourrait lui aussi peu à peu disparaître...

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