Couches, produits d'hygiène... Comment protéger son bébé des substances toxiques ?

Bien-être
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POISON - Les associations de consommateurs avaient sonné l'alerte, l'Agence nationale de sécurité sanitaire le confirme : les couches pour bébé contiennent bien des substances toxiques. Elles viennent donc rejoindre la longue liste des produits en renfermant, nous amenant à nous demander comment les éviter. LCI vous a concocté un petit guide.

Nos bébés sont-ils en danger ? Substances allergisantes, reprotoxiques, cancérigènes… Selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur la composition des couches jetables publié ce mercredi, toutes les références testées présentent un dépassement des seuils sanitaires pour au moins une substance chimique. Les couches dites écologiques ne sont pas épargnées. En 2016, l’autorité avait déjà alerté sur la présence de substances toxiques dans les produits alimentaires destinés aux tout-petits, tandis que dans son dernier numéro, 60 millions de consommateurs a également pointé du doigt la composition des produits de toilettes pour bébé.


Rien, finalement, dans l’environnement des bambins, ne semble épargné par le danger d’une potentielle pollution. Une réalité inquiétante lorsque l'on sait que les plus petits sont les plus fragiles face à ces substances. Comment, alors, protéger ses enfants de ces métaux lourds, perturbateurs endocriniens, substances allergisantes et cancérigènes ? Malgré la difficulté de la tâche, LCI vous donne quelques pistes.

Bien choisir la peinture de la chambre

Lorsque l'on apprend l'heureuse nouvelle, la première case de la "to do list" est généralement celle de la préparation d'une chambre douillette. Mais s'il est facile de craquer pour un tas de "mignoneries", il est important de veiller à ce qu'elles ne contiennent pas trop de substances polluantes. A commencer par la peinture, qui peut contenir nombre de substances toxiques et allergisantes.


Lorsque vous vous trouvez dans les rayons de votre magasin de bricolage préféré, tournez-vous vers les pots de peinture à l'eau comportant la mention A+. Malgré tout, ces peintures ne sont pas exemplaires puiqu'elles peuvent émettre jusqu'à 10 µg/m3 de formaldéhyde et 1 000 µg/m3 de composés organiques volatils (COV), rapporte l'UFC-Que Choisir. Quand aux peintures dépolluantes, elles ne seraient, toujours selon le magazine, que peu efficaces, voire contre-productives. Reste les peintures naturelles que proposent par exemple les marques Natura Tassili, Auro, Keim, ou les peintures à la chaux. Pour rappel, les femmes enceintes ne doivent pas participer à la rénovation et si possible rester hors de la pièce pendant les travaux. 

Meubler avec des matériaux naturels

D'après un rapport de l'Anses datant de 2015, notre mobilier pourrait diffuser pas moins de 31 substances dangereuses dans l'air de notre domicile. "Ces substances sont classées cancérogènes, mutagènes et/ou reprotoxiques", souligne l'autorité. Dans ce contexte, bien choisir ses meubles apparaît comme une priorité, non seulement pour vous, mais aussi pour votre enfant. Le mieux est ainsi de privilégier les pièces en bois massif certifié, les bois agglomérés et les contreplaqués étant de véritables diffuseurs de COV, potentiellement irritants pour les muqueuses et allergènes. Selon l'étude d'une équipe de chercheurs de l’Inserm, ces substances pourraient également entraîner des retards de croissance chez les fœtus, mais aussi engendrer, après la naissance, des retards intellectuels et moteurs.


Plutôt que d'être en matières synthétiques, le matelas, lui, doit de préférence être rembourré avec des matières naturelles comme des fibres de coco, du latex naturel ou de la laine et être enveloppé dans du coton, de la laine, des fibres de bambou ou du tensel. Évitez aussi d'acheter une literie antiacariens. Ces textiles sont souvent traités au Triclosan, une substance antibactérienne classée parmi les perturbateurs endocriniens.


Limitez d'autre par le plus possible les moquettes et tapis, des nids à poussières, et donc à composés organiques volatils. Quant aux textiles, qu'il s'agisse des rideaux ou des draps, choisissez les de préférence bio. Ils ont effectivement tendance à subir des traitements imperméables, antitache, ignifuges, etc.

Se mettre au ménage responsable

Le ménage doit être fait régulièrement pour éliminer au maximum ces composés volatils qui naviguent dans les pièces de la maison. Plus les produits seront naturels, mieux ce sera pour votre bébé.  Pensez-donc aux bonnes vieilles recettes de nos grand-mères, qui plaçaient le vinaigre et le bicarbonate de soude au cœur de l'hygiène domestique.

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Évitez d'autre part l'utilisation de produits parfumants (bougies, sprays...) ou assainissants, qui, bien souvent, polluent plus l'air intérieur qu'ils ne le débarrassent de ses substances toxiques. Les "produits parfumants peuvent conduire à des dépassements de valeurs sanitaires pour certains polluants" (benzène, toluène, éthylbenzène, styrène, formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine, ainsi que des hydrocarbures alipathiques polycycliques), expliquait l'Ademe à propos de l'encens en 2017. Les bougies, qui diffusent de nombreuses particules fines, ne s'en sortent pas mieux. 60 millions de consommateurs a d'autre part révélé en 2017 jusqu’à 23 ingrédients indésirables dans deux sprays aux huiles essentielles, Puressentiel (spray aérien, 41 huiles essentielles) et Baccide (spray assainissant aux huiles essentielles).


La meilleure façon de rafraîchir votre air intérieur est encore d'aérer quotidiennement les pièces de la maison, et en particulier la chambre du bambin. Car, bougies parfumées ou pas, l'air intérieur est bien plus souvent pollué que l'extérieur.

Habiller son enfant sainement

Vous pensiez épargner votre enfant en achetant des couches écologiques ? D'après le dernier rapport de l’Anses, cela n'est pas forcément le cas. Que faire alors ? Le plus simple semble de se fier aux tests réguliers effectués par 60 millions de consommateurs. En août 2018, la marque la mieux notée était Joone. Le vent semble vite tourner malgré tout puisque les marques Mots d'enfants (E. Leclerc) et Love & Green, conseillées en 2017, étaient l'année d'après pointées du doigt. Les marques évoquaient un changement de sous-traitants. Reste, autrement, l'option des couches lavables.


Concernant les vêtements, l'achat de fibres naturelles, voire biologiques, est conseillé. Il est d'autre part important de toujours les laver une première fois avant de les porter pour les débarrasser de toute éventuelle substance toxique qui pourrait autrement se retrouver sur la peau de votre enfant, ou être inhalée.

Sélectionner les produits d'hygiène de votre bébé

Comme les produits destinés aux adultes, les savons, shampoings, crèmes et bains moussants élaborés pour les enfants ne sont pas épargnés par les substances indésirables. Toujours selon 60 millions de consommateurs, un produit sur deux en contiendrait, des lingettes aux laits nettoyants en passant par les eaux micellaires. Et inutile de se fier à la mention "hypoallergénique", qui n'est qu'un argument marketing aux contours nullement encadrés. La meilleure chose à faire est d'utiliser les produits les plus simples possibles, comme un simple pain de savon ou du beurre de karité pour hydrater.


Si votre salle-de-bain est déjà remplie à craquer de produits pour bébés, assurez-vous qu'ils ne contiennent pas ces ingrédients listés par l'UFC-Que Choisir : Benzophenone-1 / Benzophenone-3, BHA, BHT, Triclosan, Butylparaben, Potassium Butylparaben, Sodium Butylparaben, Propylparaben, Potassium Propylparaben, Sodium Propylparaben, Ethylhexyl Methoxycinnamate, Cyclopentasiloxane, Cyclotetrasiloxane, Cyclomethicone. Des applications, comme QuelCosmetic (élaborée par UFC-Que Choisir), Yuka ou Clean Beauty peuvent également vous aider à faire le tri et à vous diriger vers des produits plus sains.

Opter pour une alimentation "fait maison"

Pour votre santé et celle de votre enfant, préférez en premier lieu la consommation de fruits et légumes biologiques. Vous devriez ainsi éviter d'ingurgiter toutes sortes de substances indésirables. Consommez d'autre part le moins possible d’aliments transformés, comme les plats préparés. En 2016, l'Anses avait révélé la présence de neuf polluants, dont des métaux lourds et des PCB, dans des aliments destinés aux tout petits comme le lait en poudre, les petits pots et les biscuits. En bref, lorsque c'est possible, le mieux est de se mettre aux fourneaux pour une alimentation "fait maison".


Du côté des contenants, évitez absolument de faire chauffer vos aliments dans du plastique, qui peut relâcher des substances toxiques. Les boîtes de conservation en plastique ne doivent servir qu'à contenir des aliments froids au réfrigérateur.

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