Si vous êtes enceinte, attention à ne pas lécher la cuillère ou la tétine d'un bébé

Si vous êtes enceinte, attention à ne pas lécher la cuillère ou la tétine d'un bébé
Bien-être

PRÉVENTION - Si mignons soient-ils, les enfants peuvent être de véritables viviers à virus. Dans un communiqué publié lundi, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) avertit sur l'un d'entre eux : le cytomégalovirus (CMV). Très répandu et généralement bénin, il peut cependant représenter un risque non négligeable pour le fœtus.

"Goûter dans l'assiette du bébé", "embrasser un bébé ou un enfant qui pleure sur les joues", "sucer la tétine du bébé", "toucher un pyjama mouillé avec les mains"... Autant de gestes courants chez les jeunes parents mais qui devraient être évités chez les femmes enceintes. Ceux-ci exposent en effet à une une contamination par le cytomégalovirus (CMV), un virus très répandu mais parfois dangereux pour le fœtus, avertit dans un communiqué le Haut Conseil de la santé publique (HCSP).

En France, environ la moitié de la population est porteuse de ce virus, qui se transmet par la salive, les urines, les larmes et les secrétions génitales. Les infections par le CMV surviennent à tout âge, mais particulièrement lors de la petite enfance. Une fois le virus installé chez la personne infectée, il peut être réactivé tout au long de la vie. 3.500 infections mère-enfant ont lieu chaque année, dont 50 laisseront des séquelles graves au bébé. Parmi elles : déficience intellectuelle, troubles moteurs, surdité, cécité, etc. Cette infection "constitue à l'heure actuelle la plus fréquente des infections virales materno-fœtales responsables de handicap ou de décès néo-natals", précise le HCSP.

Des recommandations valables pour toute la population

Face à cela, le Haut Conseil de la santé publique "demande de multiplier et de diversifier les modalités d'information des femmes". Il insiste d'autre part, étant donné l'absence de vaccin et de traitement contre ce virus, sur la nécessité, pour les femmes enceintes mais aussi pour l'ensemble de la population, de prendre les précautions qui sont de "ne pas sucer la cuillère ou la tétine", "ne pas goûter ou finir le repas des enfants de moins de 3 ans", "ne pas partager les affaires de toilette (gant de toilette, serviette) avec des enfants de moins de 3 ans", "ne pas embrasser sur la bouche ou les larmes des enfants de moins de 3 ans et "limiter le contact buccal avec les larmes et/ou la salive des enfants de moins de 3 ans". En cas de contact, il  conseille de se laver soigneusement les mains à l'eau et au savon. "On a montré que les primo-infections étaient diminuées de moitié quand on mettait en place ces mesures d'hygiène", souligne auprès de l'AFP Agathe Billette de Villemeur, médecin de santé publique qui a piloté le groupe de travail du HCSP.

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L'instance pointe d'autre part du doigt la "méconnaissance des professionnels de la périnatalité sur l’infection au CMV et ses risques". Seuls 46% des médecins et 35% des sages-femmes connaissent ainsi le CMV, et leurs connaissances sont, rapporte le HCSP, "incomplètes et très hétérogènes". Près de 70% d’entre eux ne donnent donc pas d’information sur le CMV aux femmes durant leur grossesse. Si le dépistage hors recommandation est pratiqué chez 25% des femmes enceintes, le Haut Conseil estime  qu'il n'y a pas lieu de le mettre en place de façon systématique chez les femmes enceintes et les nouveaux-nés, étant donné qu'aucun traitement curatif ou préventif n'est encore commercialisé.

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