De l'huile pour étouffer une tique : attention à cette fausse bonne idée qui circule sur internet

Bien-être
PARASITE - À l'approche des beaux jours, il est une menace qui se fait de plus en plus pesante : la tique. Cet acarien, qui pullule dans les espaces verts, est responsable de la transmission de la maladie de Lyme, une infection encore mal diagnostiquée et mal soignée. Pour ôter le parasite au plus vite, certains conseillent d'utiliser de l'huile de cuisine. Une très mauvaise idée !

En forêt, dans les jardins, mais aussi en ville... En France, les tiques sont de plus en plus nombreuses et représentent une menace grandissante pour notre santé. Selon le ministère de la Santé, qui s'est exprimé mercredi 3 juillet, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués de maladie de Lyme, transmise par le parasite, a connu une "augmentation significative" en 2018. Elle a atteint 104 cas pour 100.000 habitants (soit plus de 67.000 cas), contre 69 pour 100.000 en 2017 (environ 45.000 cas).


Pour limiter la transmission de la maladie, il est essentiel d'adopter les bonnes mesures de protection, mais aussi, en cas de piqûre, d'ôter au plus vite la tique. Pour cela, chacun y va un peu de sa méthode. Éther, alcool à 70°, savon... et huile de cuisine. Depuis mi-mai, deux publications partagées plus de 40.000 fois sur Facebook conseillent de "mettre une goutte d’huile de cuisine (...) pour étouffer une tique". Mais, tout comme le savon, l'alcool ou encore l'éther, cette méthode est contre-productive, indiquent des experts interviewés par l'AFP.

N'utiliser aucune molécule extérieure

"Il ne faut utiliser aucune molécule extérieure car cela va stresser la tique et augmenter ainsi le risque qu’elle rejette les agents infectieux dans le corps de la personne ou de l’animal piqué", explique à l'agence de presse Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et responsable du programme de recherche collaboratif CiTique. Ces méthodes facilitent en effet le processus de régurgitation. Jean-François Cosson, directeur de recherche en écologie des maladies infectieuses à l’Inra également interviewé par l'AFP, assure de son côté qu'espérer étouffer une tique est un leurre. "Une tique est capable de résister très longtemps et d’injecter des pathogènes dangereux pour l’homme", souligne-t-il.


Pour Pascale Frey-Klett, la meilleure façon de minimiser les chances d'être contaminé est de "retirer la tique au plus vite, même maladroitement", dès que la piqûre est constatée. Les agents infectieux, souligne la scientifique, se situent dans la partie extérieure de la tique, soit celle qui n’est pas encore entrée dans la peau.

Ôter précautionneusement la tique et surveiller l'apparition d'éventuels signes inhabituels

Lors de promenades dans les zones à risques, il est important, pour se prémunir de toute piqûre, de se couvrir les bras et les jambes avec des vêtements longs et élastiqués aux extrémités. Le pantalon peut par exemple être rentré dans les chaussettes... et tant pis pour le style ! Il est aussi conseillé d'utiliser des répulsifs contre les insectes et d'éviter de marcher dans les herbes hautes. En revenant d'excursion, il faut inspecter soigneusement son corps et en cas de piqûre, utiliser une pince ou un tire-tique pour retirer l'acarien. Ces-derniers sont vendus en pharmacie.


Quel que soit l'outil utilisé, Jean-François Cosson conseille d'enlever la tique "en tournant légèrement [...], dans n’importe quel sens, à la base du rostre [la partie de l’acarien qui est plantée dans la peau, ndlr] jusqu’à ce que la tique se décroche toute seule", puis de désinfecter la zone. Si une plaque rouge et ronde apparaît ou s’il existe des signes inhabituels (fatigue, paralysie, etc.), il faut consulter sans tarder un médecin, indique de son côté Santé Publique France

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