De plus en plus d'enfants intoxiqués : les autorités sanitaires lancent une nouvelle alerte sur les dangers du "slime"

De plus en plus d'enfants intoxiqués : les autorités sanitaires lancent une nouvelle alerte sur les dangers du "slime"
Bien-être

TOXIQUE - Les pâtes colorées, pailletées et gluantes que malaxent inlassablement vos enfants peuvent menacer leur santé. Sept mois après avoir alerté sur ses dangers, les autorités sanitaires publient un rapport recensant tous les incidents rapportés dans les centres antipoison, dus à ce matériau.

Enième alerte sur les dangers des pâtes "slime", ou "pâtes à prout". Alors que les listes adressées au père Noël doivent pour beaucoup, cette année encore, réclamer ces pâtes gluantes que malaxent les enfants, un rapport des autorités sanitaires pourrait bien dissuader les parents de les mettre au pied du sapin.

Sept mois après avoir lancé l’alerte, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) publie un dossier détaillé sur les incidents signalés aux centres antipoison. Des vomissements aux éruptions cutanées, les pâtes "slimes" ont en tout fait l’objet de 87 déclarations entre janvier et mai 2018, contre 91 enregistrées sur toute l’année 2017. Une augmentation conséquente de cas, qui résultent pour la plupart d’une exposition orale ou buccale. Le reste concerne des réactions par voie cutanée, oculaire ou par inhalation.

Des produits toxiques dans la recette de la pâte "slime"

Mais alors que le magazine UFC-Que Choisir s’était penché en septembre dernier sur la composition des pâtes "slimes" vendues dans le commerce, qui, pour certaines, comportaient des taux de bore largement supérieurs aux normes en vigueur, l’Anses s’inquiète cette fois des pâtes à fabriquer soi-même. De nombreux tutoriels fleurissent en effet sur les réseaux sociaux à destination des enfants et préconisent d’utiliser des produits loin d’être inoffensifs. L’utilisation de bore sous forme d’acide borique ou de borax, de colles, de colorants ou encore de mousse à raser est ainsi pointée par les autorités sanitaires. 

"Ces produits contiennent des substances toxiques pour la santé, à commencer par l’acide borique. Il s’agit d’une substance classée reprotoxique [...] Des effets sur la fertilité ainsi que des effets sur le développement embryofœtal ont été observés chez l’animal pour cette substance, après exposition par voie orale. Concernant les colles et les colorants, [...] ces produits peuvent contenir des conservateurs [...] principalement d’isothiazolinones qui sont des substances allergisantes par voie cutanée. Enfin, dans le cas particulier de la mousse à raser, [...] ce produit est défini comme un produit rincé. Il n’est pas destiné à rester en contact prolongé avec la peau (par opposition à un produit non rincé comme les crèmes par exemple)", développe l’Anses.

Une identification encore tardive des responsabilités de la pâte "slime"

Le problème est d'autant plus embêtant que le phénomène étant récent et ce mode d’exposition encore peu connu des médecins, il reste parfois difficile de désigner la "pâte à prout" comme responsable des problèmes de santé qui peuvent être diagnostiqués chez les enfants. Une petite fille a ainsi souffert durant un an d'une dermatite, avant que la pâte "slime" avec laquelle elle jouait ne soit nommée comme étant la cause des lésions observées. Une autre enfant de dix ans souffrait pour sa part depuis un an et demi de papules et de plaques eczématiformes avec prurit au niveau des doigts, sans qu'aucun traitement ne parvienne à la soigner. Elle préparait en fait de la pâte à la maison pour son usage personnel, mais aussi pour la vendre dans son école.

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Des précautions à prendre

Face à ces signalements, l'Anses tient à alerter "les consommateurs sur les dangers de la préparation "maison" et de la manipulation répétée et prolongée de Slime. Et si les formules toute prêtes vendues dans le commerce semblent plus sûres, l'agence et la Direction générale de la concurrence, de la consommation et des fraudes (DGCCRF) rappellent aux utilisateurs de bien utiliser les spatules et autres dispositifs mis à disposition dans les coffrets pour malaxer les ingrédients afin de limiter le contact cutané avec les produits chimiques. Car sur quinze prélèvements analysés lors d'une enquête en 2018, la DGCCRF a mis en évidence sept références qui contenaient une teneur en bore supérieure à la limite autorisée. Ces produits ont été retirés du marché, mais selon l'UFC-Que Choisir, plusieurs autres références mériteraient le même sort.

L'Agence s'inquiète également des "dérives de la manipulation du Slime telles que la formation de bulles géantes de Slime avec une paille, ou encore le Slime bath visant à préparer du Slime dans une baignoire". Ce genre de pratique ne fait en effet qu'augmenter les risques d'irritations et d'allergies cutanées, de pénétration cutanée des substances chimiques, ainsi que le risque neurotoxique des solvants et d’ingestion de pâte.

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