Déficience auditive : l'OMS appelle les fabricants de smartphones et MP3 à mieux protéger nos oreilles

Déficience auditive : l'OMS appelle les fabricants de smartphones et MP3 à mieux protéger nos oreilles
Bien-être
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PRÉVENTION - Pour protéger l'audition de la population, l'OMS a établi mardi une nouvelle norme destinée aux fabricants de smartphones et de lecteurs audio. Elle recommande l'instauration de systèmes permettant à l'usager d'évaluer les risques liés au volume sonore de son écoute.

"C'est comme si vous conduisiez sur une autoroute, mais sans compteur de vitesse dans votre voiture ni limite de vitesse", a expliqué lors d'un point presse  Shelly Chadha. En citant cet exemple, la médecin de l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) fait allusion à l'absence totale d'information concernant les risques d'une exposition prolongée et excessive à des sons forts sur les smartphones et MP3. Alors que, selon l'organisation, environ 50% des jeunes de 12 à 35 ans - soit 1,1 milliard de personnes - risquent à terme de souffrir de pertes auditives liées à ces volumes excessifs, elle a décidé d'agir en publiant, le 12 février, une nouvelle norme internationale pour la fabrication et l’utilisation de ces appareils afin de sécuriser l'écoute.


Celle-ci, élaborée en partenariat avec l'Union internationale des télécommunications, une autre agence de l'ONU, recommande aux fabricants de smartphones et de lecteurs audio d'inclure des systèmes permettant d'évaluer les risques liés au volume sonore. Ils permettraient d'informer l'usager sur le niveau sonore et sur la durée d'écoute et de les alerter en cas de danger. Car si le seuil de douleur se situe à l'atteinte de 120 décibels (dB), l’oreille peut subir des dommages dès 85 dB, en cas d'exposition prolongée.

Près de 10% des 25-34 atteints de surdité en France

En France, le nombre de cas de surdité ne cesse de progresser avec l’âge. Elle touche 6% des 15-24 ans, 9% des 25-34 ans, 18% des 35-44 ans et plus de 65% des plus de 65 ans, rapporte l'Inserm. "Du fait que nous avons le savoir-faire technique pour éviter la déficience auditive, on ne devrait pas voir tant de jeunes continuer de détériorer leur audition en écoutant de la musique", observe dans un communiqué le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS. "Ils doivent comprendre que s’ils perdent l’audition, elle ne reviendra plus."

Cette nouvelle norme, qui pourrait notamment permettre la mise en place de profils d'écoute individualisés ou la mise en place d'un contrôle parental, est cependant recommandée aux gouvernements et aux fabricants  sur la base du volontariat. "La société civile, en particulier les associations professionnelles et ceux qui promeuvent les soins de l’audition, a aussi un rôle à jouer pour défendre la norme et sensibiliser le grand public à l’importance des pratiques d’écoute sans risque, pour que les consommateurs exigent des produits les protégeant contre la déficience auditive", insiste l'OMS. 

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