Des chercheurs affirment pouvoir retarder la ménopause de 20 ans : utopie ou vrai espoir ?

Bien-être
RÉVOLUTION - Des médecins britanniques pensent avoir trouvé une solution miracle pour soulager des millions de femmes. Grâce à une simple opération, ils affirment pouvoir repousser l'arrivée de la ménopause de 20 ans. Un rêve qui ne semble cependant pas réaliste aux yeux des spécialistes.

Bouffées de chaleur, insomnies, irritabilité... Tourner le dos à tous ces symptômes, parmi les plus courants lors de la ménopause, ainsi qu'à l'ostéoporose et aux risques cardiovasculaires, a de quoi faire rêver beaucoup de femmes. Des médecins britanniques auraient trouvé une solution pour exaucer ce fantasme. Dans un article publié dans le Guardian, ils assurent qu'elle pourrait améliorer la vie de millions de femmes.


Cette solution prend la forme d'une opération chirurgicale. Il s'agit, dans un premier temps, de prélever chez de jeunes femmes du tissu ovarien, ensuite congelé. Il sera réimplanté des années plus tard lors des prémices de la ménopause. Cela permettrait de restaurer le niveau d'hormones, en chute libre, et donc d'enrayer la ménopause. "Cela peut avoir des bénéfices importants pour n'importe quelle femme qui voudrait retarder la ménopause pour une quelconque raison", explique dans le journal britanniques Simon Fishel, spécialiste de la reproduction et fondateur de la société ProFam, spécialisée dans la cryoconservation de tissus ovariens.

Neuf femmes déjà opérées

La procédure, qui coûte de 7.500 à 12.000 euros, est proposée par ProFam aux femmes de moins de 40 ans. Neuf femmes, âgées de 22 à 36 ans, se sont déjà fait prélever du tissu ovarien dans le but de se le faire réimplanter plus tard. "Il s'agit du premier projet au monde qui offre aux femmes en bonne santé une cryoconservation de leur tissu ovarien dans le simple but de retarder la ménopause", se réjouit auprès du Times le responsable médical de la société, Yousri Afifi.


Au-delà des bénéfices espérés pour la santé et le bien-être de ces femmes, les médecins pensent aussi que cette méthode pourrait faire économiser des sommes astronomiques grâce à la réduction de la prescription de traitements pour la ménopause et des soins liés aux maladies cardiovasculaires ou à l'ostéoporose.

Repousser la ménopause 20 ans plus tard, une utopie ?

Interviewé par les journalistes de l'émission Allodocteurs.fr diffusée sur France 5, le professeur Michael Grynberg, gynécologue-obstétricien et médecin spécialiste de la reproduction à l'hôpital Antoine Béclère (AP-HP), émet cependant des réserves. Pour lui, les médecins britanniques "s'emballent sûrement beaucoup" en prétendant pouvoir reculer de 20 ans la ménopause. "On n'a aucun recul, ils n'en savent rien ! La moyenne est plutôt aux alentours d’un an et demi, bien loin des 20 ans promis.... Il y a quelques cas de femmes qui ont encore des cycles après sept ou huit ans mais c’est exceptionnel."


La durée de vie des fragments de tissus ovariens greffés serait d'autre part encore incertaine. "On ne maîtrise pas encore tous les paramètres qui font que la greffe prend ou pas et pendant combien de temps", fait-il ainsi remarquer en ajoutant que la reprise de la fonction hormonale de ceux-ci dépend de plusieurs facteurs, et notamment de l'âge auquel a été effectué le prélèvement.  Se pose aussi la question de la fertilité retrouvée de ces femmes de plus de 50 ans, qui pourrait donner lieu à des grossesses tardives "particulièrement à risques".

Jusqu'alors, cette procédure était seulement utilisée pour préserver la fertilité des femmes atteintes d'un cancer. Avant de commencer le traitement, les médecins retirent une partie du tissu ovarien et le congèlent afin d'éventuellement le réimplanter plus tard, dans le cas d'un désir d'enfant. 

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