Des chercheurs découvrent pourquoi nous oublions nos rêves au réveil

Bien-être

RECHERCHE - Durant le sommeil, le cerveau fait le tri. Au réveil, beaucoup d'informations de la veille, mais aussi nos rêves, ont disparu de notre mémoire. Si ce phénomène connu restait jusque-là inexpliqué, des chercheurs américains et japonais affirment que ce phénomène serait lié à un groupe de neurones situés dans l'hypothalamus.

Vous vous demandez pourquoi vous ne vous souvenez jamais de vos rêves ? Des scientifiques américains et japonais pensent avoir trouvé la réponse. En étudiant des souris de laboratoire, ils se sont aperçu que l’action d’un groupe de neurones pendant le sommeil paradoxal permettait de déterminer si le cerveau doit se souvenir, au réveil, de nouvelles informations accumulées.

Si beaucoup de chercheurs avaient supposé que le sommeil aidait non seulement à stocker de nouveaux souvenirs, mais aussi à en éliminer, personne n’avait jusque-là démontré quel mécanisme était derrière ce phénomène.

"Comprendre le rôle du sommeil dans l’oubli peut aider les chercheurs à mieux comprendre un large éventail de maladies liées à la mémoire, telles que le syndrome de stress post-traumatique et la maladie d’Alzheimer", se réjouit dans un communiqué Janet He, de l’Institut des troubles neurologiques et des AVC (NINDS). L'étude a été publiée le 20 septembre dans le journal Science.

Un circuit découvert entre l'hypothalamus et l'hippocampe

Les chercheurs à l’origine de l’étude travaillent depuis plusieurs années sur le trouble de la narcolepsie, qui provoque une somnolence excessive pendant la journée et perturbe parfois le sommeil paradoxal. C’est dans ce cadre qu’ils se sont penchés sur les neurones qui produisent l’hormone concentrant la mélanine (HCM), impliquée dans le contrôle du sommeil et de l’appétit. D'après leurs observations, une majorité (53%) d'entre eux s’activait dans l’hypothalamus (région du cerveau impliqué dans les systèmes endocrinien et nerveux) lorsque les souris étaient plongées dans un sommeil paradoxal.

Grâce à des enregistrements électriques, ils ont ensuite découvert que de nombreux neurones HCM envoyaient des messages inhibiteurs à l’hippocampe, le centre de mémoire du cerveau. "D'après des études antérieures effectuées dans d'autres laboratoires, nous savions déjà que les neurones HCM étaient actifs pendant le sommeil paradoxal. Mais la découverte de ce nouveau circuit nous a amenés à penser que ces cellules pourraient aider le cerveau à stocker des souvenirs", explique, toujours dans le communiqué, Thomas Kilduff, directeur du centre de neurosciences au SRI International, un institut de recherche non-lucratif en Californie, et auteur principal de l'étude.

Un phénomène uniquement actif lors du sommeil paradoxal

Mais, surprise : en testant l’activation et la désactivation de ces cellules dans l’hippocampe des souris, ils se sont aperçu que leur activation altérait leur mémoire, tandis que leur désactivation l’améliorait. Soit tout l'inverse de ce qui était attendu. En revanche, cela n’avait d’effets que lors du sommeil paradoxal. "Ces résultats suggèrent que les neurones HCM aident activement le cerveau à oublier de nouvelles informations, probablement sans importance" indique Thomas Kilduff. "Puisque les rêves se produisent principalement lors de la phase de sommeil paradoxal, la phase lors de laquelle les neurones HCM sont actifs, ce phénomène pourrait empêcher un rêve d’être mémorisé par l’hippocampe." 

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Le sommeil paradoxal intervient environ toutes les quatre-vingt-dix minutes après l’endormissement. Il est caractérisé par des mouvements oculaires rapides, une fréquence cardiaque élevée, une paralysie des membres, ainsi que la survenue de rêves.

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