"Des démangeaisons au point de s'évanouir": Rémi, 22 ans, raconte l'enfer du psoriasis et les préjugés autour de la maladie

Bien-être

TÉMOIGNAGE - Plus de deux millions de personnes en France sont atteintes de psoriasis. Rémi Gérard, 22 ans, en fait partie. Bénévole au sein de l'association France Psoriasis, il nous raconte son quotidien, face aux préjugés.

Le psoriasis touche aujourd'hui plus de 2,3 millions de personnes en France. Cette maladie inflammatoire chronique, qui entraîne la formation de plaques rouges recouvertes de squames sur le corps est souvent difficile à vivre pour les patients, tant par l'aspect esthétique des éruptions cutanées et les démangeaisons qui en découlent, que par les préjugés qui entourent encore cette maladie. Bien qu'elle ait été reconnue en 2014 par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme "maladie non transmissible chronique, douloureuse, inesthétique, invalidante et incurable", 78% des 15-30 ans pensent encore qu'elle est liée à une mauvaise hygiène, 72% qu'elle est contagieuse et 50% d'origine psychologique, rapporte ce mardi une enquête menée par France Psoriasis.

Rémi Gérard, atteint de psoriasis depuis ses 18 ans et bénévole au sein de l'association, nous raconte son quotidien avec cette maladie chronique, dont les symptômes vont et viennent au gré des mois.

Le psoriasis est là, il existe et je fais avec.- Rémi Gérard, patient de 22 ans atteint de psoriasis

"Cela fait maintenant quatre ans que je suis atteint de cette maladie. J’ai développé un psoriasis inversé, c'est-à-dire un psoriasis des plis. Cela s'est manifesté dans le pli de l'aine et au niveau des fesses", explique-t-il. Alors qu'il est danseur professionnel, ces plaques rouges deviennent rapidement handicapantes en raison des démangeaisons et des tiraillements de la peau que les éruptions provoquent. "Les premiers mois, c'était compliqué pour moi de gérer ces démangeaisons parce qu'on sait que dans le psoriasis, gratter ces plaques rouges, c'est relancer le processus inflammatoire et c'est finalement repartir sur plusieurs semaines de gêne et d'enfer." Pour y faire face, le jeune homme use de toute sa force mentale. "Mais j'ai entendu des amis, eux aussi atteints de psoriasis, qui parlaient de démangeaisons au point de s'évanouir", témoigne-t-il.

Sa grand-mère étant déjà touchée par le psoriasis, Rémi Gérard identifie néanmoins rapidement les plaques apparues sur son corps et consulte un dermatologue, qui confirmera son diagnostic. Si la maladie ne se guérit pas, il parvient malgré tout à maîtriser l'apparition de ses éruptions cutanée grâce à une crème obtenue sur prescription, qu'il utilise encore aujourd'hui. Depuis plusieurs mois, le bénévole ne souffre plus de plaques rouges. Mais il reste réaliste. "J'ai toujours cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je sais qu'il peut revenir. Ça fait partie de moi, de mon identité. Le psoriasis est là, il existe et je fais avec", raconte-t-il. 

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Régulièrement, j'entends des histoires terribles sur des personnes qui en viennent à détester leur corps.- Rémi Gérard, patient de 22 ans atteint de psoriasis

Engagé au sein de l'association France Psoriasis, Rémi Gérard s'est attribué une mission : celle de briser les préjugés au sujet de la maladie. "Le problème de l'hygiène est souvent associé au psoriasis, ce qui est une idée complètement fausse... Ou encore le problème de la maladie contagieuse. Le psoriasis n'est pas contagieux. Il est aussi régulièrement associé à des problèmes psychologiques, ce qui n'est pas mon cas...", affirme-t-il avec un sourire narquois.

S'il a la chance de souffrir d'un psoriasis qui n'est pas visible au quotidien et n'est donc pas confronté au regard des autres, ces idées reçues font pour autant souffrir de nombreuses personnes. "J'ai des anecdotes de personnes qui ont du psoriasis sur les mains et à qui on refuse de serrer la main. Ça paraît anodin, mais c'est extrêmement violent au quotidien", assure-t-il. "Régulièrement, j'entends des histoires terribles sur des personnes qui en viennent à détester leur corps. Tout simplement, terriblement..." Pour lui, le seul moyen de démonter ces préjugés est d'oser parler de sa maladie. Non seulement pour permettre "l'acceptation de soi", mais aussi "l'acceptation par son conjoint, par ses amis."

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