Des tiques "géantes" capables de courir après leur proie repérées en Europe (et dans le sud de France)

Bien-être
PARASITES - Amateurs de balades en forêt, tremblez. Depuis quelques années, de plus en plus de tiques "géantes", ou Hyalomma marginatum, sont retrouvées en Europe du Nord, et notamment dans le sud de la France. Capables de courir après leurs proies, elles peuvent véhiculer la fièvre hémorragique de Crimée-Congo. Aucun cas de maladie n'a cependant été détecté jusqu'à présent.

Comme si la menace des tiques ne nous faisait pas encore assez frémir, une version géante de ce parasite est actuellement en train de se propager en Europe. Appelée Hyalomma marginatum, elle est deux fois plus grande que sa congénère Ixodes ricinus. Le 13 juillet dernier, un spécimen a été découvert dans le village d’Odoorn, au nord des Pays-Bas. La semaine précédente, un autre avait été repéré à 150 kilomètres de là, dans la région de l’Achterhoek, rapporte Ouest France, qui cite le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM).


Surtout présent en Afrique du Nord, dans le sud de l'Europe ou encore en Asie, cet animal reconnaissable à sa grande taille et à ses pattes rayées a cependant été localisé, ces dernières années, en Finlande, au Royaume-Uni, ou encore dans une partie des côtes méditerranéennes françaises. En tout, une cinquantaine de spécimens ont été recensés sur ces territoires depuis 2012.

Des tiques capables de courir après leur proie pendant plus de 10 minutes

Relativement peu mobiles en raison de leur petite taille, ces parasites peuvent cependant parcourir de longues distances grâce à des hôtes vertébrés, comme des oiseaux migrateurs. Elles peuvent rester accrochées à eux pendant 30 jours, tout en se nourrissant. Une étude sur les oiseaux migrateurs entrant au Royaume-Uni, rapportée par le CEPM, a ainsi montré que 21% des tiques qu'ils transportaient étaient des Hyalomma marginatum. Les volatiles les plus infestés se sont révélés être les traquets motteux et les fauvettes grisettes, de la famille des passereaux. Copulant sur leur proie, les femelles, une fois pleines, se laissent tomber au sol où elles peuvent pondre jusqu'à 7.000 œufs avant de mourir.


Contrairement à leurs congénères Ixodes ricinus, ces tiques traquent leur proie, de préférence de gros animaux, au lieu de les attendre patiemment. Ainsi, dès qu'elles détectent des vibrations, un dégagement de dioxyde de carbone ou encore la chaleur corporelle d'un être vivant, les petites bêtes courent à lui pour s'y installer. Cette course-poursuite peut parfois durer plus de dix minutes, sur une distance de 100 mètres environ.

Des parasites vecteurs de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo

Déjà peu enthousiasmants, ces parasites le sont encore moins étant donné le danger qu'ils représentent. Ceux-ci peuvent en effet être porteurs de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, qui provoque des flambées de fièvre hémorragique virale sévère. Lors de celles-ci, le taux de mortalité peut s'élever à 40%, rapporte l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Il n'existe à l'heure actuelle aucun vaccin, ni pour l'Homme, ni pour l'animal. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM) cependant, la maladie n'a pour l'instant jamais été détectée sur la cinquantaine de "tiques géantes" trouvées en Europe du nord depuis 2012.


Pour s'en protéger, il est conseillé d'opter pour les mêmes méthodes que pour leurs congénères : porter des vêtements longs et si possible élastiqués aux extrémités, ou encore s'asperger de répulsif anti-moustiques, aussi valables contre les tiques. Cependant, précise le CEPCM, ces produits sont moins efficaces contre les Hyalomma marginatum que contre les Ixodes ricinus.

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