Deuxième avis, la plateforme qui vous permet d'obtenir un nouvel avis médical en moins de 7 jours

Bien-être
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C'EST SÛR ? - Pour confirmer un lourd diagnostic, il est conseillé de se tourner vers un autre médecin pour obtenir un second avis médical. Une démarche qui n'est pas toujours évidente. Pour la faciliter et réduire les inégalités, une plateforme en ligne permet de contacter un médecin expert et d'obtenir une réponse sous une semaine.

À l'annonce d'une maladie grave ou de la nécessité d'une opération, obtenir un second avis médical est souvent une nécessité. Non seulement pour confirmer le diagnostic, mais aussi pour s'assurer que le traitement préconisé est bien le meilleur. Or, pour de nombreuses personnes, trouver, puis rencontrer un nouveau spécialiste n'est pas une affaire aisée. Soit parce qu'elles habitent dans une zone géographique où les médecins se font rares, soit parce qu'elles ont des difficultés (financières ou de santé) à se déplacer ou tout simplement parce que leur praticien n'a personne d'autre à conseiller.


Pour mettre fin à ces "inégalités d'accès à l'expertise médicale", Pauline d'Orgeval, Catherine Franc et Prune Nercy ont co-fondé en 2016 la plateforme en ligne "Deuxième avis". Elle permet de mettre en contact les patients et les spécialistes. Ces derniers s'engagent à donner leur réponse dans un délai de sept jours maximum. Depuis la création du site, plus d'un millier d'avis ont déjà été demandés.

Un service qui répond à un besoin déjà présent

"Nous venons toutes trois de secteurs professionnels différents, mais nous avons toutes été confrontées à des problèmes de santé sérieux. De mon côté, le déclic est venu lorsque mon fils, suivi pour une scoliose à l'hôpital Necker, allait probablement devoir se faire opérer", raconte à LCI Pauline d'Orgeval. "Le médecin nous a conseillé d'avoir un second avis médical. Mais il n'avait personne à nous conseiller. Nous avons mis dix jours à trouver un nouveau spécialiste et quatre mois à obtenir le rendez-vous." Mais une fois arrivé sur place, son fils, qui est aussi atteint de troubles du spectre autistique, n'a pas pu entrer dans l'hôpital car trop angoissé. Elle consulte donc seule le spécialiste, qui lui affirme alors que tant que le dossier médical est complet, il est tout à fait en mesure de donner son avis. "Pourquoi avoir dû attendre quatre mois, nous déplacer et nous absenter du travail alors que nous aurions finalement pu avoir un avis sur dossier ?", questionne-t-elle.

 

Avant de se lancer, les trois co-fondatrices consultent des médecins experts dans leur spécialité pour savoir si leur idée tient la route, sachant que le second avis médical est déjà systématique dans le cas de maladies graves dans certains pays comme la Suède, la Suisse ou l'Allemagne. "Ils nous ont répondu que c'était un service pertinent dans la mesure où l'activité était déjà presque existante. Beaucoup de patients les contactaient par mail dans l'idée d'obtenir un nouvel avis. Sauf que ce n’était ni sécurisé, ni réalisé dans un cadre légal et que les dossiers médicaux envoyés étaient rarement complets." Selon Pauline d'Orgeval, 80% des consultations des médecins interrogés consistaient d'ailleurs à donner un deuxième avis sur un diagnostic déjà posé.

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Médecins spécialistes : plusieurs mois pour un rendez-vous

Des médecins recrutés selon des critères stricts

Pour assurer le sérieux de leur service, Pauline d'Orgeval, Catherine Franc et Prune Nercy ont constitué un conseil scientifique constitué de sept médecins experts, parmi lesquels le vice-président de l'Institut Pasteur Laurent Degos, le spécialiste du cancer du sein et ancien directeur du département d'oncologie médicale de l'Institut Curie Laurent Mignot ou encore la gynécologue et endocrinologue Claire Bricaire. 


Ceux-ci ont établi, ensemble, un assemblage de critères auxquels doivent répondre les spécialistes recrutés par Deuxième avis, qui sont tous inscrits au Conseil national de l'Ordre des médecins. "Ils doivent non seulement être reconnus par leurs pairs au niveau international et international, avoir publié dans des revues scientifiques réputées, travailler dans des centres d'excellence, mais aussi consulter dans leur domaine de spécialité", énumère Pauline d'Orgeval. "Nous ne voulons pas que des chercheurs." Actuellement, 120 médecins experts collaborent avec Deuxième avis, dont des oncologues, des orthopédistes, des spécialistes de l'infertilité ou des maladies cardiovasculaires.

Un service qui se veut accessible à tous (ou presque)

Depuis janvier 2016, les patients utilisant cette plateforme peuvent remplir leur dossier médical en ligne et renseigner le premier avis de leur médecin. Pour les personnes moins à l'aise avec la technologie, il est aussi possible de compléter ce questionnaire par téléphone et d'envoyer leurs documents d'imagerie médicale par courrier. "Nous les numérisons nous-même et nous les renvoyons par recommandé. Il est vraiment important pour nous que ce service soit accessible à tous", affirme Pauline d'Orgeval. L'avis supplémentaire rendu par le médecin expert arrive donc ensuite dans un délai imparti de sept jours.


A son lancement, le service était facturé 295 euros , ce qui était fortement critiqué. Il a désormais changé pour ne plus accepter aucun versement de la part des patients grâce à des partenariats passés avec plusieurs complémentaires santé. Les adhérents de ces dernières n'ont donc plus rien à débourser. Pour les autres, il va falloir s'armer d'un peu de patience. "Nous couvrons aujourd'hui 13 millions de bénéficiaires qui peuvent avoir accès gratuitement au service", se targue la co-fondatrice. "Mais notre objectif est de couvrir 100% des assurés d'ici trois ans. Nous espérons aussi qu'à terme, la sécurité sociale prenne en charge notre service." A noter : les patients étrangers qui souhaitent obtenir l'avis d'un médecin français doivent tout de même débourser 360 euros.

Contactée par LCI dans le but d'obtenir son avis sur le dispositif, l'Académie nationale de médecine nous informe que "cette réflexion sera portée devant un groupe de travail".

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