Diabète, obésité… Bientôt un vaccin contre les maladies inflammatoires ?

Diabète, obésité… Bientôt un vaccin contre les maladies inflammatoires ?
Bien-être

RECHERCHE - Pourrez-vous bientôt vous faire vacciner contre l'obésité ou le diabète ? Une équipe de l'Institut Cochin, à Paris, vient de découvrir une stratégie vaccinale qui fonctionne sur les souris…

C'est une recherche qui donne de l'espoir. Des scientifiques français viennent de mettre au point une forme de vaccin pour lutter contre les maladies comme le diabète ou l'obésité. Les premiers résultats de leurs recherches menées sur des souris sont prometteurs. Ce procédé pourrait, à terme, être utilisé pour les humains. Explications.

Pour parvenir à cette découverte, les chercheurs sont d'abord partis d'un constat scientifique : la couche de mucus qui recouvre la paroi intestinale permet de protéger le tube digestif contre les bactéries. Or, chez les patients atteints de la maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique, des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, cette couche de mucus est pénétrée "par un excès de bactéries exprimant une protéine appelée flagelline, qui favorise leur mobilité", explique l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Le vaccin permet de protéger contre les inflammations intestinales

"Des précédents travaux avaient déjà montré qu'au sein de cette couche de mucus, on trouve naturellement des anticorps, dont certains dirigés contre la flagelline. Cela signifie que l'organisme développe spontanément une protection immunitaire contre la flagelline", conclut l'Inserm. Les chercheurs ont donc décidé de "stimuler cette production d'anticorps anti-flagelline" pour réduire la présence des bactéries au sein de l'intestin et ainsi "diminuer le risque d'inflammation chronique".

C'est ce qu'ils ont  réalisé sur des souris, en leur injectant de la flagelline. Les scientifiques leur ont par la suite "appliqué un protocole visant à induire une inflammation intestinale chronique". Résultat ? Contrairement aux souris non vaccinées, celles ayant subi une injection n'avaient pas de bactéries dans leur muqueuse intestinale. Les chercheurs en ont donc conclu qu'une "immunisation contre la flagelline permet de protéger significativement les animaux contre l'inflammation intestinale".

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Une protection similaire contre le diabète et l'obésité

Et pour le diabète et l'obésité, alors ? Ces pathologies, qui touchent plusieurs millions de Français, sont directement concernées par la présence de flagelline au sein de l'intestin. En effet, "l'excès de flagelline dans le microbiote intestinal est associé à des désordres métaboliques, notamment au diabète et à l'obésité", précise l'Inserm. Les chercheurs ont alors de nouveau réalisé une expérience sur des souris, en vaccinant certaines d'entre elles. Après leur avoir donné un régime riche en graisse, ils se sont aperçus que les animaux vaccinés ne développaient pas d'obésité, contrairement aux souris non-vaccinées.

"Cette stratégie vaccinale est envisageable chez l'homme, puisque de telles anomalies de microbiote ont été observées chez les patients atteints de maladies inflammatoires et métaboliques", note Benoît Chassaing, le chercheur de l'Inserm ayant mené l'étude. "Pour cela, nous travaillons actuellement sur un moyen d'administrer localement la flagelline au niveau de la muqueuse intestinale". Cette recherche, prometteuse, est réalisée de manière préventive, avant l'apparition des maladies. Les chercheurs vont désormais procéder à cette vaccination sur des animaux déjà atteints de maladies inflammatoires chroniques, afin de déterminer son bon fonctionnement lors d'un usage curatif.

Bientôt des essais sur l'homme ?

Interrogé par LCI, Benoît Chassaing confirme qu'à long terme, les hommes pourraient bien se faire vacciner contre des maladies comme le diabète ou l'obésité. "Il nous reste encore beaucoup de travail, notamment afin d'identifier les meilleures cibles bactériennes à utiliser pour le protocole d'immunisation. La flagelline, telle qu'utilisée dans cette étude, n'est certainement pas la seule molécule à cibler. Il faut aussi identifier les personnes susceptibles de bénéficier d'une telle vaccination". De quoi envisager prochainement des essais sur l'homme ? "Ils ne se feront que dans un second temps", répond le chercheur, "une fois que nous aurons déterminé les meilleures cibles bactériennes et les populations d'intérêt".

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