Fumer du cannabis pourrait "reprogrammer" le sperme et créer des spermatozoïdes mutants

Bien-être

INFLUENCE - La science avait déjà démontré une baisse du nombre de spermatozoïdes due à la consommation de cannabis. Mais selon une étude publiée dans la revue Epigenetics, elle pourrait aussi "reprogrammer" le sperme en modifiant la manière dont s'expriment les gènes du fluide.

Des spermatozoïdes mutants. C’est ce qu’engendrerait la consommation de cannabis selon une étude publiée le 18 décembre dans la revue Epigenetics. En étudiant les effets de cette drogue sur des rats puis sur vingt-quatre hommes de 18 à 40 ans, une équipe de scientifiques de Duke University, en Caroline du Nord (Etats-Unis), a constaté une altération du sperme avec une "reprogrammation" des gènes de son ADN.

Pour leurs travaux, les chercheurs ont comparé le sperme de deux groupes de rats : l'un s'étant fait administrer du tetrahydrocannabinol (THC), la molécule active du cannabis, et l'autre non. Ils ont ensuite comparé le sperme d'un groupe d'hommes qui fumaient de la marijuana de façon hebdomadaire à un autre qui n'en avait pas fumé plus de dix fois au cours de leurs vies et pas du tout les six derniers mois. Chez les rats comme chez les humains, il s'est avéré que la marijuana avait changé la façon de fonctionner des gènes dans les cellules du sperme.

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Cette modification est en fait de nature épigénétique. Autrement dit, ce ne sont pas les gènes eux-mêmes qui ont changé, mais leur façon de s'exprimer. Ils sont "reprogrammés". Et l'un des changements d'expression concerne, indique l'étude, la lutte contre les tumeurs cancéreuses. Cela ne signifie pas pour autant qu’un enfant né de ce sperme sera plus vulnérable au cancer, précise The Verge qui relaye l'étude

Susan Kay Murphy, professeure de gynécologie à Duke University et co-auteur de l’étude, insiste sur le fait que ces travaux, qui visaient seulement à voir si le cannabis avait de quelconques effets sur le sperme, ont été menés sur un faible échantillon de volontaires pour lesquels la concentration inhalée de THC, molécule active du cannabis, n’a pas été mesurée. Ils devront  désormais être approfondis. Les scientifiques ont seulement noté une augmentation des effets corrélée avec un taux plus fort de THC relevé dans les urines des participants. "Je veux être très prudente sur le fait que les résultats obtenus ne soient pas interprétés autrement que la façon dont ils doivent l’être", souligne la chercheuse auprès de The Verge. "Cela n’a pas pour but d’effrayer les gens. Notre objectif global est d’apprendre davantage sur la biologie et les effets que la consommation de cannabis pourrait avoir."

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