"Dry January" : comment savoir si l'on est dépendant à l'alcool ?

"Dry January" : comment savoir si l'on est dépendant à l'alcool ?

ADDICTION - Depuis le 1er janvier, vous faites peut-être partie des Français relevant le défi du "Dry January", le mois sans alcool, dont la consommation a augmenté en 2020 avec les confinements. Mais comment savoir si vous y êtes dépendant ? Amine Benyamina, président de la Fédération française d'addictologie, vous donne les clés.

Vous buvez une bière en rentrant du bureau chaque soir ? Vous ne prenez qu'un verre de vin le week-end ? Vous ne consommez de l'alcool qu'une fois par semaine, mais à très forte dose ? Qu'importe votre fréquence de consommation, il est impossible de déterminer si vous êtes dépendant à l'alcool ou non. "La dépendance à l'alcool ne se définit pas par la quantité consommée", explique à LCI Amine Benyamina, président de la Fédération française d'addictologie (FFA).

Pourtant, parmi les 16 millions de consommateurs, "2 à 3 millions de Français" auraient selon lui "un problème avec l'alcool". Mais comment reconnaître les accros ? La dépendance "se définit par le rapport qu'une personne a avec l'alcool dans un environnement précis", explique l'addictologue. Concrètement, un individu qui consomme un verre chaque soir ne sera considéré comme dépendant que s'il ne peut pas s'en passer. "On pourra alors considérer qu'il a une dépendance à l'égard de ce verre", précise Amine Benyamina.

L'alcool, "une quête" pour les dépendants

Si cet individu ne prend pas son verre, il ressentira alors un manque, qui pourra causer "des stigmates physiques ou sociaux". "L'individu est à la recherche du produit pour éviter les signes de manque, il hiérarchise en mettant en haut de la pile la quête de la consommation d'alcool. Tout cela contribue à la définition de la dépendance", indique le psychiatre.

Il est d'ailleurs impossible de définir un profil type de personnes dépendantes à l'alcool, même si Amine Benyamina entrevoit des caractéristiques communes chez certaines d'entre elles. "Il y a un profil psychologique lié aux addictions, décrit par les psychologues comme les 'chercheurs de sensations'", explique-t-il. "Ce sont des personnes plutôt timides, réservées qui, par la prise d'alcool, vont pouvoir sortir un peu de leur effacement social."

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Les maladies ne sont pas liées à la dépendance

La dépendance peut-elle alors favoriser l'apparition des maladies liées à l'alcool ? Pour Amine Benyamina, pas forcément. "Des personnes peuvent développer des maladies sans être dépendantes, par exemple avoir des problèmes au niveau du foie, mais être capables d'arrêter leur consommation d'alcool. À l'inverse, il y a des personnes qui n'ont aucun problème de santé physique mais qui sont incapables de s'arrêter", prévient-il.

Pour autant, pour prévenir les problèmes de santé, la consommation d'alcool reste à modérer. "Nous savons que les dommages peuvent se déclencher dès que nous consommons un premier verre", rappelle le président de la FFA. "Il y a des seuils recommandés pour limiter leurs apparitions : pas plus de deux verres par jour sur une période d'une semaine avec une fenêtre de deux jours dans la semaine sans consommer. Mais il est absolument possible d'être dépendant même en respectant ces recommandations nationales."

Pas d'alcool qui rende plus dépendant qu'un autre

Autre point soulevé par l'addictologue : aucun alcool ne rend plus dépendant qu'un autre. Ainsi, il n'y a pas plus de risques d'entrer en dépendance en consommant de la bière, du vin ou du whisky. "Ce ne sont pas les alcools qui sont à l'origine de la dépendance, mais la concentration en alcool pur. 25 centilitres de bière correspondent à une dose de whisky, une dose de pastis, une dose de champagne..." Pour sortir de la dépendance, changer de type d'alcool n'est donc pas la solution.

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