Dry January : quels sont les bienfaits d'un mois sans alcool ?

Dry January : quels sont les bienfaits d'un mois sans alcool ?
Bien-être

ALCOOLISME - La première édition du "Dry january", le défi du mois sans alcool, a démarré en ce début janvier, sans l'aval des pouvoirs publics. Quels bienfaits un mois d’abstinence à l’alcool peut-il apporter ? Combien de Français cette initiative inspirée de l'étranger pourrait-elle mobiliser ? LCI a posé ces questions à Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération Addiction, l’une des associations à l’initiative du projet.

Après le mois sans tabac, voici le mois sans alcool. "Une campagne mobilisatrice et pas du tout moralisatrice", assure Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération Addiction, l’une des nombreuses associations au cœur de cette campagne. Ce projet, dont la première édition a démarré le 1er janvier et se déroulera tout au long du mois, consiste à ne plus toucher au moindre verre d’alcool pendant 31 jours. Le but ? "Se questionner individuellement et collectivement sur notre rapport à l’alcool", explique Nathalie Latour. Mais quels bienfaits ce défi peut-il apporter à la santé des participants ?

Pour le savoir, rien de plus simple, il suffit de regarder les effets de ce type d’initiative chez nos voisins. Quatorze pays ont en effet déjà lancé leur "Dry january", parmi lesquels l’Angleterre, la Belgique et même la Finlande, pionnière en 2004. Des bénéfices sur la santé des participants ont alors été visibles. Selon les "données issues de la campagne anglaise, il y a 6 bénéfices à court terme qui ont été constatés", note Nathalie Latour. S’abstenir de la moindre goutte d’alcool pendant un mois permet de "mieux dormir, faire des économies, se sentir mieux, retrouver de l’énergie, perdre du poids et gagner en concentration", liste-t-elle.

Mais ce n’est pas tout. D’autres effets, à moyen et long terme, ont également été remarqués. La pause "a un impact sur la capacité des participants à contrôler et réguler leur consommation d’alcool", explique la déléguée générale de la Fédération Addiction. "Pour faire simple, ce que l’on constate en Belgique et en Angleterre, c’est qu’après avoir fait la pause, les participants ont un jour de moins de consommation d’alcool dans la semaine, et prennent un verre en moins à chaque occasion de boire", se félicite-t-elle. "Ils disent aussi qu’après avoir fait la campagne, ils ont moins recours à l’alcool pour se détendre".

Lire aussi

À qui cette campagne s’adresse-t-elle ?

Pour participer à cette opération qui débarque en France, pas besoin d’être dépendant à l’alcool. "Le public visé, c’est un peu tout le monde", assure Nathalie Latour. "Nous proposons simplement de faire une pause par rapport à toutes les sollicitations à boire que nous pouvons avoir" tout au long de l’année, poursuit-elle. "Elle s’adresse plutôt à une cible générale et à ceux en consommation un peu excessive". Mais "tous ceux qui se sentent visés peuvent participer", n’oublie pas de préciser la déléguée générale.

Cependant, elle conseille de participer à cette opération à plusieurs. "Il sera plus facile de tenir le challenge accompagné", prévient Nathalie Latour. "Ce qui peut être intéressant, c’est de motiver sa conjointe ou son conjoint, sa famille, ses amis et ses collègues à le faire".

En vidéo

Alcool : faut-il appliquer les mêmes méthodes que pour le tabac ?

Comment y participer ?

Et pour y participer, rien de très compliqué : il suffit de se tenir éloigné de tout verre d’alcool jusqu’au 31 janvier. Mais selon la Fédération Addiction, le défi est plus facile "lorsque nous sommes inscrits dans la communauté". Pour cela, elle propose différents supports, comme le site internet de la campagne dryjanuary.fr, "sur lequel il y a des conseils et où les personnes peuvent s’inscrire de façon totalement anonyme". "Tout au long du mois, nous allons envoyer des mails rigolos avec les conseils du jour et des cocktails sans alcool", avance Nathalie Latour. Il est aussi possible de suivre la page Facebook et le compte Twitter "qui peuvent aider, avec des partages d’astuces et des témoignages".

Lire aussi

Combien de Français ce défi pourrait-il mobiliser ?

Sans le soutien du gouvernement, qui a annulé sa participation à l’opération en novembre dernier alors qu’elle devait initialement être pilotée par le ministère des Solidarités et de la Santé, il est plus difficile pour les associations de mobiliser. "Comme nous avons été lâchés par les pouvoirs publics au dernier moment, nous avons fait un partenariat avec les Anglais pour réadapter tous leurs supports dans le contexte français", indique Nathalie Latour.

"Quand les Anglais ont commencé l’opération en 2013, ils étaient 4.000 à la faire. Aujourd’hui, ils sont 4 millions", rappelle la déléguée générale de la Fédération Addiction. "Si nous arrivons à mobiliser entre 4.000 et 5.000 Français sur nos réseaux sociaux, pour une première édition officielle, faite par la société civile, sans moyens, ce serait une bonne indication", espère-t-elle. "Nous voulons faire la démonstration que cette campagne a sa place dans le contexte français, qu’elle n’est pas prohibitionniste mais plutôt ludique et moderne, et que nous pouvons équilibrer les enjeux économiques autour de l’alcool et les enjeux de santé".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent