Enfants brûlés par des feuilles de figuier en Charente-Maritime : de quelles plantes faut-il se méfier l'été ?

Bien-être
ATTENTION DANGER - En Charente-Maritime, plusieurs enfants en classe verte ont été brûlés au deuxième degré après avoir joué avec des feuilles de figuier. L'arbre a la particularité de contenir des substances photosensibilisantes, tout comme de nombreuses autres que nous vous présentons ici.

Leur jeu s’est terminé à l’hôpital. Fin mai, des élèves de CP-CE1 originaires de Tonnay-Charente, près de Rochefort, ont été victimes de brûlures au deuxième degré lors d’une classe verte à l’île d’Aix, en Charente-Maritime, a rapporté Sud-Ouest ce lundi. Apparues à leur retour de voyage, elles ont valu à sept enfants une visite aux urgences. En examinant leurs mains et leurs avant-bras rougis, enflés et recouverts de cloques, l’équipe médicale a rapidement fait le lien avec l’une des activités des enfants en classe verte : ils avaient joué pendant plusieurs jours à la dînette avec des feuilles de figuier pressées.


La sève du figuier est en effet phototoxique. En raison des  furocoumarines (substances photosensibilisantes) qu’elle contient, elle peut provoquer des phytophotodermatoses, autrement dit, des réactions cutanées sous l’effet des UV et de l’humidité (eau, sueur, etc.). Selon Sud Ouest, l’Agence régionale de santé réfléchit désormais à éditer une plaquette d’information sur la dangerosité de certaines plantes, suite à cet accident. Car la sève de figuier n’est pas la seule à pouvoir provoquer ces phytophotodermatoses.

Carottes, persil, fenouil... Des végétaux à manier avec précaution

En tout, quatre familles de plantes sont connues pour provoquer des réactions photo-sensibilisantes : les moracées, les apiacées, les rutacées et les fabacées. La première famille compte les espèces de ficus, dont le Ficus carica L., ou figuier, dont les effets ont été précédemment décrits.


La deuxième comporte près d’une quarantaine de variétés végétales différentes, dont le céleri, le fenouil, le panais, le persil et la carotte sauvage. En raison des furocoumarines que ces plantes contiennent, elles sont susceptibles d'entraîner une dermite des prés d’Oppenheim, soit l’apparition de bulles et de rougeurs sur la peau. Mais, à moins de manipulations répétées comme celles des enfants jouant avec les feuilles de figuier, ces réactions sont la plupart du temps observées chez les maraîchers ou jardiniers en contact avec ces plantes au quotidien. Attention également à la berce spondyle, très répandue en bordure des routes. "Il a été rapporté de nombreux incidents sans gravité majeure avec la berce spondyle. Notamment chez des personnes, qui, après avoir utilisé un coupe-bordure, ont présenté des réactions érythémateuses au niveau de la peau exposée la lumière", rapportait en 2011 dans sa thèse sur le sujet Marion Robin, candidate au diplôme d’état de docteur en pharmacie. 

Ce type de réactions peut aussi se produire chez les personnes qui s’allongent dans l’herbe après une baignade. Plusieurs plantes s’y trouvant peuvent là encore être photo-sensibilisantes, provoquant ce qui est alors appelé la "dermite des baigneurs". On retrouve par exemple l’angélique vraie, aussi appelée herbe du Saint-Esprit, une plante aromatique et médicinale, ou encore la berce du Caucase, ou berce géante, dont le suc peut provoquer d’importantes lésions cutanées.

Les agrumes aussi concernés

La famille des rutacées, qui contient 900 espèces, compte elle aussi des plantes photo-sensibilisantes pouvant entraîner des réactions cutanées. Le citronnier, le clémentinier, le mandarinier, le pomelo ou encore le lime en font partie. Dans sa thèse, Marion Robin cite le cas d’un garçon de 6 ans "s'étant présenté, avec un érythème et un œdème douloureux des deux mains se développant rapidement en bulles spectaculaires et couvrant toute la face dorsale des mains". "L'histoire a révélé que ses mains ont été baignées dans du jus de lime pendant une période prolongée, pour la préparation de limonade", indique-t-elle.

Le trèfle bitumeux, une plante qui brûle

La famille des fabacées, enfin, se compose, dans nos régions du moins, de plantes herbacées. Le trèfle bitumeux, ou Psoralée à odeur de bitume, est l'une des plus courantes. Dégageant, comme son nom l'indique, une forte odeur de goudron, il pousse dans les terrains vagues, bords de chemin et dans lieux arides du Midi et du Sud-Ouest.  Il contient lui aussi des furocoumarines.

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