Un taux élevé d’œstrogènes pendant la grossesse favoriserait l'autisme

Bien-être

AVANCÉE - Alors que les causes des troubles du spectre autistique (TSA), qui touchent 700.000 personnes en France, restent encore largement inconnues, une étude britano-danoise vient de lever une piste. Selon les chercheurs, qui publient leurs travaux dans le journal Molecular Psychiatry, cet handicap pourrait être lié à un taux élevé d’œstrogènes lors de la grossesse.

En France, environ 700.000 personnes sont touchées par des troubles du spectre autistique (TSA). Pour l'heure cependant, les causes exactes de ce qui est reconnu comme un handicap depuis 1996 n'ont toujours pas été clairement élucidées. Une découverte vient pourtant ajouter une lanterne supplémentaire sur le chemin de la recherche. Dans une étude publiée ce lundi dans le journal Molecular Psychiatry, des chercheurs de l'Université de Cambridge (Royaume-Uni) et du State Serum Institute (Danemark) ont annoncé avoir trouvé un lien entre l'exposition à des taux élevés d’œstrogènes pendant la grossesse et le risque de développer un TSA.

En 2015, ces mêmes scientifiques avaient déjà montré que les androgènes - des hormones stéroïdiennes qui favorisent le développement sexuel des mâles - présentes dans le liquide amniotique favorisaient par la suite le développement d'un TSA chez les foetus masculins. En s'appuyant sur ces découvertes antérieures, ils se sont cette fois intéressés à un autre groupe d'hormones stéroïdes sexuelles prénatales : les œstrogènes, des hormones naturellement sécrétées par les ovaires.

L’œstrogène prénatal, une hormone influente sur la croissance cérébrale

Pour effectuer leurs recherches, les scientifiques ont analysé le liquide amniotique de 98 femmes enceintes, dont l'enfant à naître était autiste. Ils ont comparé leurs données à celles de 177 autres grossesses pour lesquelles les enfants à naître ne présentaient pas ce handicap. Résultat : comparés aux embryons s'étant normalement développés, les fœtus touchés par un TSA comportaient, dans le liquide amniotique qui les entourait, des taux élevés d’œstrogènes.

Ceux-ci se sont même révélés, pour les chercheurs, plus prédictifs de la probabilité de développer un trouble du spectre autistique que les taux d'androgènes prénatals précédemment étudiés. Car, contrairement à la croyance populaire qui associe l'œstrogène à la féminisation, l'œstrogène prénatal a des effets sur la croissance cérébrale et sur le cerveau masculin chez de nombreux mammifères, soulignent les chercheurs dans un communiqué. Jusque-là encore très peu étudiés, ils pourraient bien être l'une des causes potentielles de ce handicap.

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Pour l'heure, les scientifiques n'ont cependant pas réussi à déterminer d'où provenaient ces quantités importantes d’œstrogènes. "Ces taux élevés d'hormones pourraient venir de la mère, du bébé ou du placenta", explique dans ce même communiqué Alex Tsompanidis, l'un des auteurs de l'étude. La prochaine étape sera donc, pour les scientifiques, de lever le mystère.

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